Judo : « Notre sport voulait du changement », estime le nouveau président Stéphane Nomis

Après plus de quinze ans aux manettes de la Fédération française de judo, Jean-Luc Rougé a été largement battu à l’issue d’un scrutin électrique.

 Stéphane Nomis (ici à Paris en 2017) est le nouveau président de la Fédération française de judo.
Stéphane Nomis (ici à Paris en 2017) est le nouveau président de la Fédération française de judo.  Icon Sport/Anthony Dibon

Coup de tonnerre à la Fédération française de judo. Stéphane Nomis, 50 ans, a été élu à la présidence, battant Jean-Luc Rougé qui, à 71 ans, briguait un cinquième mandat. Stéphane Nomis obtient près de 60 % des voix au terme d'une campagne électrique, notamment marquée par une série de révélations de cas de violences sexuelles. La large victoire de Nomis prend des allures de désaveu pour la direction sortante.

Tout opposait les deux hommes : le style, la vision du judo, le mode de communication. Chef d'entreprise, Stéphane Nomis s'est appuyé sur d'anciens sportifs de haut niveau comme Gévrise Emane, Frédérique Jossinet et Frédéric Demontfaucon, quand Jean-Luc Rougé s'entourait de sa garde rapprochée, composée notamment de très haut gradés et de champions de renom comme David Douillet.

C'est une page importante qui se tourne. Jean-Luc Rougé occupait le poste de président depuis seize ans et avait auparavant été directeur technique national et directeur général. Il aura passé plus de quarante ans dans les instances fédérales.

Stéphane Nomis : « Notre victoire c'est celle du judo français »

Le vainqueur a d'abord eu un mot pour le vaincu. « Je tiens à remercier Jean-Luc Rougé pour tout le travail qu'il a effectué durant toutes ces années à la tête de la Fédération, on a fait un beau combat pendant ces semaines de campagne. » Stéphane Nomis qui avait dressé un diagnostic sans concession de l'état de la FFJ a détaillé ensuite ce qui a fait la différence selon lui. « Je suis content pour moi mais surtout pour l'équipe qui m'entoure. Je pense qu'on a suscité beaucoup d'espoirs. Je reçois des centaines de messages, c'est bien que quelque chose ne tournait pas rond. Ça faisait deux mois que nos estimations nous donnaient 60 %, ça n'a pas bougé. Malgré les pressions et les tensions, les électeurs nous ont suivis jusqu'au bout. Ils nous ont fait confiance, je pense qu'ils se sont retrouvés en nous. »

Après un large succès sans contestation possible, Nomis a tout de suite voulu tenir un discours rassembleur. « Notre victoire, c'est celle du judo français. Le judo voulait du changement, je suis arrivé au bon moment. On avait le droit de se présenter, de faire campagne et de se battre pour être élus. Aujourd'hui, on a beaucoup de devoirs. On a suscité des espoirs et des envies, nous allons devoir travailler. » Et de détailler ses premières actions à la tête de la Fédération dont les scandales sexuels qui ont secoué la discipline peu habituée à tant de remous. « Je compte m'atteler dès lundi à deux gros dossiers. Le premier concerne les violences, c'est une urgence car nous devons impérativement éradiquer ce fléau. Nous avons également une urgence sanitaire. Nos clubs actuellement ne font pas de judo, nous devons les soutenir, les aider à mettre en place des solutions. Nous avons répété que la fédération devait être au service des clubs, il faut le mettre en œuvre. »