Voile : diplômée d’une grande école, autoentrepreneuse… Clarisse Crémer va faire le tour du monde

La skippeuse de Banque Populaire pourrait bien faire parler d’elle lors du prochain Vendée Globe, son premier. En attendant, la Parisienne participe actuellement à sa première course en solitaire.

 Clarisse Crémer en pleine mer à l’occasion de la Vendée-Arctique-Les Sables-d'Olonne.
Clarisse Crémer en pleine mer à l’occasion de la Vendée-Arctique-Les Sables-d'Olonne. DR

Là voilà lancée dans le grand bain. Clarisse Crémer, Parisienne de 30 ans, est engagée depuis samedi sur la Vendée-Arctique-Les Sables-d'Olonne, course dont l'arrivée est prévue aux alentours du 15 juillet, et qui sert de prélude au Vendée Globe, le tour du monde en solitaire maintenu le 8 novembre.

Repérée il y a un peu plus d'un an par le team Banque Populaire - l'un des plus prestigieux de la flotte - la diplômée d'HEC, formée par le dernier vainqueur du Vendée Globe Armel Le Cléac'h, navigue pour la première fois en solitaire. L'intéressée avait hâte de s'y coller, le programme de préparation ayant été bouleversé par le confinement : « On a essayé de rattraper le retard, j'ai fait des nuits en mer en « faux solitaire », avec l'équipe veillant sur moi au cas où, mais j'avais envie de vivre ma première course. »

Plusieurs mois après son recrutement par Banque Populaire, qui avait surpris bon nombre des spécialistes, elle a toujours les yeux qui brillent : « J'avais l'habitude de naviguer sur des plus petits bateaux, de me débrouiller seule, j'ai l'impression d'avoir découvert un autre monde. Mon désir d'apprendre est en revanche le même. Mon objectif est cette fois de faire le tour du monde. »

« Mon espace de respiration, c'était lorsqu'on arrivait ado en vacances au bord de la mer »

Les attentes sont nombreuses autour de celle qui se destinait au métier de consultante. Après le chavirage du Maxi de Le Cléac'h lors de la dernière Route du rhum, Banque populaire a renoué avec le programme Imoca pour garder un pied dans la course au large durant la remise en chantier du bateau. La pétillante Clarisse a tapé dans l'œil du sponsor. La Parisienne de naissance, installée en Bretagne depuis 4 ans par amour pour Tanguy, également marin, est devenue professionnelle : « Il a fallu que je m'adapte à ce nouveau monde, au fil du temps je me suis intégrée à cette machine bien rodée. Je suis désormais sollicitée, ça aussi, c'est une autre forme de défi. »

Diplômée d'une grande école, autoentrepreneuse, débutante sur le Vendée Globe… Clarisse Crémer coche beaucoup de cases. « J'aime Paris, mais je ne me suis jamais considérée comme une Parisienne traditionnelle, j'ai toujours été attirée par les grands espaces et la nature, précise-t-elle. Mon espace de respiration, c'était lorsqu'on arrivait ado en vacances au bord de la mer. Quant à mon statut de débutante, tout le monde débute un jour. Certes, peu de personnes ont la chance comme moi d'arriver aussi rapidement sur le Vendée Globe. Je ne serai pas la première à me présenter sur la ligne de départ sans avoir bourlingué pendant des années. Ce qui est chouette dans la course au large, c'est qu'on se retrouve seule et que le qu'en-dira-t-on a peu d'importance par rapport à notre façon de gérer le bateau et tout ce qui se passe à bord. »