Ligue 2 : « je vois le Paris FC monter très vite en L1 », assure son ancien président

A la tête du Paris FC de 2003 à 2012, Guy Cotret vient d’être nommé à Niort qui reçoit le club de la capitale, ce samedi, lors de la 5e journée de Ligue 2.

 Guy Cotret, nouveau président de Niort, va retrouver le Paris FC qu’il a dirigé entre 2003 et 2012.
Guy Cotret, nouveau président de Niort, va retrouver le Paris FC qu’il a dirigé entre 2003 et 2012.  Le Parisien

Entre 2003 et 2012, Guy Cotret (70 ans) a dirigé le Paris FC avant de laisser son fauteuil de président à Pierre Ferracci. L'ancien haut dirigeant de la Caisse d'Épargne ou du Crédit Foncier, a ensuite présidé Auxerre pendant quatre ans (2013-2017). Depuis quelques semaines, il est à la tête de Niort, son 3 e club, qui affronte ce samedi (19 heures) le Paris FC pour un match au sommet (1er contre 3e) de la 5 e journée de Ligue 2.

Après le Paris FC et Auxerre, pourquoi avez-vous décidé de revenir dans le football ?

GUY COTRET. Je me sentais orphelin du foot tout simplement. Ce n'est pas que je m'ennuyais dans ma vie, car j'ai de nombreuses occupations. Mais quand on a une passion ancrée en soi comme le foot, ça finit par manquer. Bien sûr, être président d'un club de L2, c'est prenant, usant et stressant. Mais quand on n'a plus cette adrénaline avant un match, qu'on ne respire plus l'odeur des vestiaires, on s'aperçoit qu'il y a un manque. En plus, la manière dont je suis sorti du milieu me chagrinait un peu.

Vous voulez parler de votre départ d'Auxerre en mai 2017 ?

Oui, la fin de mon expérience auxerroise n'a pas été très glorieuse. J'en ai gardé un goût très amer. Après l'arrivée de l'investisseur chinois (James Zhou), il y a des choses qui ne m'ont pas plu du tout. Ma démission était nécessaire, je ne pouvais pas tout admettre.

À l'époque, vous étiez aussi président de l'UCPF (le 2e syndicat des clubs pros), un poste que vous avez dû aussi quitter…

Comme je partais d'Auxerre, je ne pouvais plus rester président de l'UCPF. J'étais aussi au Conseil d'Administration de la Ligue, dans plusieurs instances. Tout s'est arrêté un peu brutalement. Forcément, tout ça, ça manque.

Comment êtes-vous arrivé à Niort ?

Un peu par hasard. Je ne connaissais pas Eytan Hanouna (NDLR : le nouvel actionnaire majoritaire). Il m'a appelé vers le 15 août, on s'est vu un dimanche dans le sud où on se trouvait alors tous les deux sans le savoir, et je devais donner une réponse pour le jeudi. J'ai rencontré une personne posée, réfléchie et intéressante. Honnêtement, j'étais content qu'il pense à moi, ça fait plaisir. En toute humilité, j'espère apporter mon expérience. C'est ce que M. Hanouna m'a demandé. Niort a une vraie histoire, la formation fait partie de son ADN et ça me plaît. Sur un effectif de 29 joueurs en L2, 15 ont été formés au club. C'est une vraie force. J'ai un rôle moins opérationnel qu'à Auxerre. Je gère les relations avec les élus, les partenaires et je vais piloter les dossiers du nouveau stade et du centre de formation. Je suis à Niort environ deux jours par semaine et aussi pour les matchs.

Depuis votre départ d'Auxerre votre nom était associé à de nombreux projets de reprise comme à Orléans, Nancy, ou Troyes. Vous confirmez ?

J'ai effectivement étudié la situation de quelques clubs avec certains investisseurs. Ce n'était pas forcément les mêmes investisseurs à chaque fois. En toute modestie, j'ai eu la chance d'être sollicité par des personnes d'horizons différents. Je n'ai rien à gagner, juste à faire partager mon vécu. C'est le bénéfice de l'âge. À Troyes, c'était bien avancé mais l'investisseur a jugé que les conditions financières demandées étaient trop élevées.

Pierre Ferracci a pris sa place dans le foot français

On a aussi parlé de vous dans des projets en région parisienne comme au Racing ou à l'ACBB. Que pouvez-vous nous en dire ?

On m'a effectivement fait des propositions. Bien sûr, c'était à des niveaux plus modestes. J'étais forcément davantage attiré par la L2, mais il y avait aussi dans ces projets des capacités de développement intéressantes. Le seul écueil, c'était le temps. Mon expérience au Paris FC m'a montré qu'à Paris il faut plus de patience qu'ailleurs. À côté du PSG, c'est compliqué d'exister. Je suis toujours attentivement ce qui se passe au Paris FC. Depuis mon époque, le club a, certes, passé plusieurs caps. Mais malheureusement, il ne déchaîne pas encore les foules, le nombre de spectateurs reste faible.

Est-ce un regret ne pas avoir réussi à être monté en L2 avec le Paris FC ?

Oui, c'est un gros regret. On est monté de CFA (ex-N2) en National mais on a raté la marche supérieure. Il ne nous a parfois pas manqué grand-chose. Mais j'ai beaucoup aimé ce club. Construire, poser les bases du futur, ce n'est jamais simple. Il faut se souvenir où était le Paris FC au début des années 2000, c'était la grosse dégringolade. Noël Le Graët avait déjà contribué à remettre le club sur de bons rails et nous, on a pris la suite. Je pense qu'on a fait un travail correct pendant 9 ans.

Comment jugez-vous la progression du Paris FC depuis votre départ ?

Il a vraiment évolué dans le bon sens. Le club a construit des infrastructures performantes à Orly et arrive aujourd'hui à maturité. Je ne connais pas les détails exacts de l'opération capitalistique avec Bahreïn, mais on sent que le Paris FC a désormais une puissance que la plupart des autres clubs de L2 n'ont pas. Il fait partie des plus gros budgets. Ce n'est pas le classement des budgets qui fait monter, mais sur la durée, ça fait la différence. Je pense que pour le Paris FC, le moment est venu de passer à l'étape au dessus. Moi, je le vois monter très vite en L1. Si ça ne se fait pas cette année, ce sera pour les suivantes.

On se souvient du combat des chefs avec Pierre Ferracci lors de votre départ en juin 2012. Où en sont vos rapports aujourd'hui ?

C'est un non-sujet. On a eu l'occasion de se revoir plusieurs fois dont dernièrement à la Ligue. Il n'y a pas de souci entre nous. Depuis qu'il est devenu président du Paris FC il joue bien son rôle. Il a pris sa place dans le foot français, il est sollicité et écouté.