Ligue 2 : Girard, prénom Nicolas

Nicolas Girard est l’adjoint de son père René depuis 2009. Leur complicité se révèle un atout pour le Paris FC en déplacement chez le leader niortais, ce samedi, lors de la 5e journée de L2.

 Nicolas Girard, 42 ans, est l’adjoint de son père René depuis 2009.
Nicolas Girard, 42 ans, est l’adjoint de son père René depuis 2009.  LP/Icon Sport/Baptiste Fernandez

Quand René Girard a signé à Montpellier en 2009, il a seulement exigé de venir avec son fils Nicolas, comme préparateur physique. Au départ, l'idée ne plaisait pas forcément à l'emblématique président Nicollin lequel travaillait pourtant, lui aussi, avec son fils Laurent. « J'avais à peine 31 ans, forcément ça a fait jaser », reconnaît Nicolas Girard, ancien attaquant ou milieu offensif de Beauvais et Cannes (plus de 150 matchs en L2 et National). « Quand on est fils de.., on doit toujours prouver plus que les autres, poursuit-il. Ça n'a pas été toujours facile pour moi. J'en ai parfois souffert quand j'étais joueur. Mon père a eu une carrière remarquable comme joueur puis en qualité d'entraîneur. J'ai choisi la même voie. A moi, donc, d'assumer les commentaires parfois négatifs. J'ai voulu travailler avec lui. J'aurai en conséquence du mal à décoller certaines étiquettes. Mais j'ai pris de l'âge et j'appréhende ça avec plus de recul maintenant. »

Enfant, quand son père s'entraînait avec Bordeaux, il se souvient « jouer au ballon derrière les buts avec les enfants de Giresse, Tigana ou Lacombe ». Il a stoppé sa carrière à 27 ans sur une ultime expérience à Sénart-Moissy, alors en CFA, en raison de blessures récurrentes. « Moissy, ça a fini par m'achever, sourit-il. Je n'avais plus la motivation. J'ai eu l'opportunité de préparer ma reconversion à Clairefontaine auprès de Franck Le Gall (NDLR : le médecin de l'équipe de France) en charge alors des Espoirs. Je me suis toujours intéressé à l'aspect tactique. À l'époque, la préparation physique en était à ses balbutiements et je voulais aller plus loin. J'étais chargé de la réathlétisation des blessés. Quand mon père m'a pris avec lui à Montpellier, je ne venais pas de nulle part. J'avais déjà 4 ans de pratique derrière moi. »

Dans l'Hérault, il a tôt fait de dissiper les doutes. Et « Loulou » Nicollin a rapidement été convaincu par son apport. « Le titre de champion de France en 2012 a légitimé notre travail, avoue le rigoureux Nicolas. C'est pour ça que j'ai passé le stade de me demander si je suis à ma place ou non. À Montpellier et à Lille, on a quand même prouvé des choses. »

Du golf pour s'évader

S'il a eu la « possibilité de travailler avec d'autres entraîneurs », il n'a pas souhaité franchir le pas. « C'est surtout une question de projets qui ne me convenaient pas forcément », confie celui qui au Paris FC, assiste son père dans un 5e club après Montpellier, Lille, Nantes et le WAC Casablanca. « Travailler avec son père, c'est compliqué si on veut se rendre les choses compliquées, estime-t-il. On se connaît par cœur, il sait qu'il peut s'appuyer sur moi et notre complicité permet de nous libérer dans le travail. Mais ça reste du boulot, donc avec la tension des résultats, on s'est engueulé plein de fois depuis qu'on travaille ensemble. Mais ça ne dure jamais très longtemps. Les chiens ne font pas des chats et disons qu'on est un peu sanguins tous les deux… ».

Au fil des années, le fils reconnaît « s'être assagi » sur le banc. IL lui arrive souvent de calmer son père pendant les matchs. « À mes débuts, j'ai pris cher, donc je me suis vacciné, sourit Nicolas. Mon père est toujours très expressif, Gégé (NDLR : Gerard Bernardet, l'autre adjoint) aussi. J'essaye donc de contrebalancer tout ça. » Lors des repas familiaux, le football reste aussi très présent. Papa pourrait parler de foot 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, ça ne le dérangerait pas. Il a du mal à décrocher. Ma mère a l'habitude maintenant. Moi aussi je suis un passionné. Mais le foot, c'est très chronophage. Quand il y a ma sœur, on arrive à parler d'autres choses. J'ai aussi ma famille pour m'évader. » Arrivé au départ seul, il a été rejoint par sa femme et ses enfants âgés de 11 et 8 ans dans son appartement du XIVe arrondissement. « On est à fond dans le projet du Paris FC, c'est passionnant. Le seul moment où j'arrive à ne penser à rien et à m'évader, c'est quand je joue au golf », conclut-il.