Handball : privées de compétition, les joueuses écrivent à leur fédération

Suite à la suspension des championnats considérés comme amateurs, les joueuses ont exprimé leur mécontentement à leur instance fédérale.

 Contrairement aux clubs professionnels (notre photo), les handballeuses évoluant dans les divisions inférieures ont été contraintes d’arrêter la compétition.
Contrairement aux clubs professionnels (notre photo), les handballeuses évoluant dans les divisions inférieures ont été contraintes d’arrêter la compétition.  LP/Icon Sport/Pierre Costabadie

Leur réaction ne s'est pas fait attendre. Mardi dernier, la fédération de handball (FFHB) annonçait la suspension des championnats de D2 féminine et de N1 masculine, non considérés comme professionnels, suivant ainsi les exemples du football et du rugby. Suite à cela, l'ensemble des joueuses de 2 e Division, soit seize clubs, a adressé une lettre ouverte à sa fédération, en exprimant son incompréhension et sa déception. Dans la foulée, l'instance a tenu à apporter des éclaircissements sur ce choix controversé.

L'intégralité de la lettre

Lettre Ouverte FFHB by David Charpentier on Scribd

« Nous sommes déçues et nous ne comprenons pas cette décision, raconte Léa Constantin, la demi-centre de la Stella Saint-Maur, qui a signé la lettre pour son équipe. Nous espérions avoir la dérogation et donc reprendre la compétition, en nous disant que la porte n'était pas entièrement fermée tant qu'il y avait encore des discussions. Nous sommes déçues et un peu énervées. Le plus dur pour nous est que nous avons uniquement cette décision mais pas les raisons, qui sont sûrement valables… »

« C'est une décision pragmatique et absolument pas prise de gaieté de cœur, répond Pascal Baude, le président de la COC (Commission d'organisation des compétitions). Je comprends la déception des joueuses mais les raisons sont très factuelles. Nous avons consulté les clubs et il était impossible de trouver un consensus sur les conditions que connaissent les professionnels, à savoir jouer à huis clos, le respect d'un protocole sanitaire renforcé avec notamment la présence obligatoire d'un médecin les jours de match, et la perte du chômage partiel. »

Concrètement, les matchs concernaient les 5 e et 6 e journées du championnat, juste avant la trêve internationale qui verra l'équipe de France disputer le Championnat d'Europe (du 3 au 20 décembre en Norvège et au Danemark). « Nous avons proposé aux clubs de les rattraper après la trêve, précise Pascal Baude. Dix ont dit non à cause du manque d'entraînement, certains gymnases étant fermés. Le championnat ne s'arrête pas. Les matchs se joueront, peut-être dans des meilleures conditions sanitaires… Comme ailleurs, le virus circule dans le handball et nous n'avons pas intérêt à ce qu'il circule encore. »

« Le but de cette lettre était de montrer que nous sommes là et que nous existons, conclut Léa Constantin. Il n'y a aucune animosité de notre part. Nous ne cherchons pas de coupable. Ce que nous voulons aussi, c'est faire avancer les choses pour arriver à structurer le handball et le sport féminin en général. »