D1 Féminine : Au Paris FC, les filles vivent en colocation

Pour faciliter l’intégration de ses recrues étrangères et la cohésion du groupe, le Paris FC, en déplacement ce samedi à Montpellier (14h30) lors de la 4e journée leur propose de partager une colocation.

 Kaleigh RIEHL, Natascha HONEGGER, Evelyne VIENS et Claire SAVIN partagent le même appartement à cinq minutes du centre d’entraînement d’Orly.
Kaleigh RIEHL, Natascha HONEGGER, Evelyne VIENS et Claire SAVIN partagent le même appartement à cinq minutes du centre d’entraînement d’Orly.  LP/Sandra Ruhaut/Icon Sport

C'est un peu l'auberge espagnole, la trilogie à succès de Cédric Klapisch, à la mode du Paris FC. A cinq minutes du centre d'entraînement, quatre joueuses du club parisien partagent un duplex avec 4 chambres et 2 salles de bain au 6e étage d'un immeuble d'Orly : Claire Savin, la franco-Allemande, Natascha Honegger détentrice de la double nationalité suisse et brésilienne, Evelyne Viens la Québécoise et Kaleigh Riehl l'Américaine. Afin de faciliter l'intégration de ses recrues étrangères, le Paris FC leur a proposé cette formule de colocation. Savin 27 ans et Honegger de 4 ans sa cadette y vivaient déjà la saison dernière avec la défenseure allemande Marith Muller-Priessen qui a, depuis, quitté le club.

« C'était la première fois que je quittais ma famille pour vivre dans un nouveau pays, Claire et Marith m'ont vraiment aidé. Leur présence a été très importante », explique dans un français quasi-parfait (elle parle désormais 5 langues) la gardienne Natascha Honegger, internationale brésilienne depuis mars. Voici quelques semaines, l'attaquante Evelyne Viens et la défenseure Kaleigh Riehl, toutes les deux âgées de 23 ans et prêtées par le club américain de Sky Blue FC, ont aussi posé leurs valises dans cet appartement. « C'est vraiment super, s'exclame Riehl. Pour moi, c'est plus facile pour m'adapter que si j'étais seule ou à l'hôtel. En plus, ce sont des personnes vraiment sympas. »

« Je pensais débarquer à Paris, mais je suis à Orly, plaisante Viens. J'ai vécu en Floride. Il s'agissait d'un autre style de vie et d'un autre environnement. En Europe, tout est différent. C'est mieux de vivre avec des coéquipières, elles m'aident pour les questions de la vie quotidienne. Grâce à elles, mon intégration est plus rapide. Aux Etats-Unis, c'est très courant de vivre en colocation. Donc pour moi, c'est normal. » De père français et de mère allemande, Claire Savin n'avait, elle, jamais vécu en France avant son arrivée au Paris FC. Mais sa maîtrise du français - « au début je faisais des fautes et je n'avais pas trop de vocabulaire » -, lui confère, un peu, le rôle de grande sœur. « Je les laisse vivre et elle savent se débrouiller, sourit la diplômée en management international de l'innovation. Mais j'aime bien aider. Au club et à l'appartement, je suis toujours là si on a besoin de moi. On a toutes bon caractère donc en s'entend bien. » « Moi, je suis agréable et souriante, je suis facile à vivre, rigole Honegger. Je m'occupe des plantes. On partage beaucoup de choses mais comme on a chacune nos chambres, on peut aussi s'isoler. »

Depuis son arrivée, Riehl prend des cours de français. Dans le coquet appartement, on jongle entre Anglais, Allemand et Français. « Quand on est toutes les 4, c'est Anglais et avec Natascha, le plus naturel c'est l'Allemand », explique Savin. « Avec Evelyne, c'est du « Franglais », poursuit Honegger. On commence en Français et on finit souvent en Anglais. Car désolé, parfois je ne comprends rien à ce qu'elle me dit. Elle a des expressions trop bizarres… » « Ce n'est pas bizarre, c'est que ça n'a pas le même sens », assure la Québécoise. L'échange se termine dans un grand éclat de rire. La preuve d'une belle ambiance entre les quatre filles.

Kaleigh RIEHL, Claire SAVIN, Natascha HONEGGER, Evelyne VIENSLP/Sandra Ruhaut/Icon Sport
Kaleigh RIEHL, Claire SAVIN, Natascha HONEGGER, Evelyne VIENSLP/Sandra Ruhaut/Icon Sport  

« C'est très enrichissant de partager d'autres cultures et de découvrir d'autres modes de vie et mentalités, estime Evelyne Viens. Je vois comment le Canada est perçu dans d'autres pays, j'essaye de comprendre la politique en France. » « C'est une richesse, on apprend plein de choses, ce mélange nous fait toutes grandir ensemble, reconnaît Claire Savin. Moi en Allemagne, j'ai toujours eu plein d'amis d'horizons différents. Ici, c'est difficile de sortir de la bulle du foot. Mais ce qui est bien, c'est qu'on arrive à parler de plein d'autres sujets. » « On a tissé des liens qui vont au-delà du foot », reconnaît Natascha Honegger.

Elles partagent la même table mais pas forcément le même plat. « Chacune a un peu gardé ses habitudes culinaires, reconnaît Savin. Mais quand je fais une soupe, elles en prennent souvent avec moi. » L'appartement d'Orly est aussi devenu un point de ralliement pour le reste de l'équipe. « Comme c'est le plus grand et que beaucoup vivent seules, on se retrouve ici, poursuit la franco-Allemande. On aime bien jouer à un jeu de société, les Colons de Katäne. » « On est devenus proches et ça ne peut qu'aider l'équipe, ça renforce notre cohésion », conclut Evelyne Viens.

D1 Féminine : Au Paris FC, les filles vivent en colocation