Blanc-Mesnil : Thierry Meignen, boulimique de sport

Depuis trois ans, le maire du Blanc-Mesnil, Thierry Meignen, joue de ses réseaux pour attirer des stars du judo ou du tennis. Ce mercredi matin est présenté le projet d'Eric Besson pour booster le foot local.

Créteil, 26 août. Avec l’arrivée d’Eric Besson à la tête du club du Blanc-Mesnil, Thierry Megnien (au centre) et Michel Moulin (ancien conseiller sportif du PSG) ont réussi un joli coup.
Créteil, 26 août. Avec l’arrivée d’Eric Besson à la tête du club du Blanc-Mesnil, Thierry Megnien (au centre) et Michel Moulin (ancien conseiller sportif du PSG) ont réussi un joli coup. LP/ICON SPORT/AUDE ALCOVER

Depuis son élection, Thierry Meignen (60 ans) s'est fait une spécialité : attirer des noms du sport pour muscler les clubs de sa commune. Ce mercredi matin, c'est l'ex-ministre Eric Besson qui présente son projet pour la section football. Récemment, Cyrille Maret, médaillé de bronze aux JO de Rio, a signé au club de judo, emboîtant le pas à d'autres, comme les sœurs Astride et Priscilla Gneto, Pierre Duprat ou encore Vincent Limare (24 ans, Maisons-Alfort), champion de France des - 60 kg en 2013 et 2014, qui a rejoint Le Blanc-Mesnil mardi. Teddy Riner avait même été approché avant d'opter finalement pour le PSG. « Il a dîné à la maison et voulait en savoir plus sur notre club. Trop cher pour nous... pour l'instant », glisse Meignen.

« Le sport est l'un des leviers pour améliorer l'image des villes du 93, enchaîne l'édile (LR). Et ça marche : depuis quelques années, on parle en bien du Blanc-Mesnil. Les habitants sont fiers, sans compter que les jeunes se précipitent pour prendre une licence ! »

Sa recette pour attirer les grands noms ? « Je fais jouer mon réseau perso. Quand vous décrochez une star, d'autres viennent ! » Ce « réseau », il le cajole. « Quand j'avais 20 ans, j'étais fan du PSG et, grâce à ma formation de linguiste, j'ai pu faire des interviews pour le magazine Lucarne, dont celles d'Osvaldo Ardiles et Kees Kist (NDLR : anciens footballeurs du PSG, l'un argentin, l'autre néerlandais ). Je suis aussi resté en contact avec Luis Fernandez. J'active ces contacts au besoin », explique le maire, issu d'une famille blancmesniloise depuis cinq générations.

Le plus grand dojo d'Île-de-France

En fréquentant la corbeille du Parc des Princes, grâce à des amis communs, il a rencontré Eric Besson. « Cela fait longtemps qu'il cherchait à diriger un club. Il a beaucoup de réseau. Son arrivée doit nous permettre de franchir un palier. » L'ex-ministre de Sarkozy, qui devient président, ambitionne de mener le club de National 3 à la porte du professionnalisme. Et veut créer « une école de formation » pour conserver les pépites du département.

« Je dis souvent au maire qu'il aurait dû arriver dix ans plus tôt », confie l'ex-entraîneur Stéphane Morbello, devenu directeur des sports de la ville. A l'époque, avec son ami Philippe Lemaître, il a vécu 8 montées (jusqu'en DH) avant de voir filer ses meilleurs joueurs.

Côté judo, Thierry Meignen met vraiment le paquet. « C'est un sport abordable, avec un état d'esprit top », estime celui qui assistait la semaine dernière aux Mondiaux en Hongrie. Alors il fait construire le plus grand dojo d'Ile-de-France — 1600 m 2, un chantier à 10 millions d'euros, prévu pour fin 2019 — pour attirer les champions. « Nous sommes le meilleur pourvoyeur de l'équipe de France, avec 8 judokas », se félicite l'édile. Effet direct : le club du maire, l'ESBM, étouffe l'autre club de la ville, le BMS. « Notre président s'est présenté aux cantonales en 2015 contre Meignen, qui n'a pas aimé. Résultat : il nous ignore, alors qu'on a des athlètes internationaux et un travail de fond avec les jeunes », regrette un cadre du BMS judo. Mais ce n'est pas tout : le maire a désormais des projets pour le club de tennis, dirigé par Christian Miller, ex-préparateur d'Amélie Mauresmo. On évoque ainsi des touches avec Nicolas Mahut.

Reste une question : avec quel argent sont rétribués tous ces champions ? « La ville finance les infrastructures et l'entretien, indique le maire, dont la sœur, Brigitte, est adjointe en charge des sports. Ce sont les sponsors et les entreprises qui payent les sportifs. » Sur les 900 000 euros de budget du judo, 56 000 euros sont subventionnés par la ville (contre 25 000 euros pour le BMS). Le football, lui, reçoit 250 000 euros au titre des subsides municipaux.

Thierry Meignen s'efforce de réfuter l'idée, souvent formulée par son opposition, que « la municipalité donne tout pour le sport et oublie les autres problèmes des habitants ». « C'est faux, répond, catégorique, l'édile. On a un projet de médiathèque et d'extension de la salle de théâtre ! »