Prix de l’Arc de Triomphe : les Marseillais sur le chemin de la gloire

Parmi les quinze champions qui prendront le départ du Prix de l’Arc de Triomphe, ce dimanche à Longchamp, figurent deux pur-sang entraînés en Provence. Preuve de la compétitivité grandissante du site d’entraînement de galopeurs de Calas.

 Royal Julius sera l'un des deux espoirs marseillais au départ du Prix de l'Arc de Triomphe.
Royal Julius sera l'un des deux espoirs marseillais au départ du Prix de l'Arc de Triomphe. Scoopdyga

«C'est la première fois que nous allons être autant représentés. Quelle fierté!» Elu l'an passé à la présidence de la Société des courses de Marseille (Bouches-du-Rhône), Jacques Rossi ne boude pas son plaisir. « Chachnak » et « Royal Julius » seront, dimanche, les deux porte-drapeaux de la plus vieille ville de France dans le Prix de l'Arc de Triomphe. « Mais pas uniquement, rectifie aussitôt l'ancien entraîneur. De jeunes chevaux entraînés chez nous participent également à deux autres courses de Groupe 1 (niveau le plus élevé) lors de cette journée. »

Animé de l'espoir de créer un centre d'entraînement pour trotteurs, Jacques Rossi, qui a été champion de France des amateurs au trot, se concentre sur les galopeurs au cœur de l'actualité. Et vante les mérites du site de Calas, où les champions répètent leurs gammes et peaufinent leur condition. «Profitons de ce que nous avons, un centre d'entraînement qui est devenu très compétitif. Il est à l'origine de notre réussite. »

« Cela n'aurait pas été envisageable il y a trente ans »

Le centre créé et implanté sur la commune de Cabriès, à 20 kilomètres au nord de la cité phocéenne, profite de l'engouement, croissant au rythme de leurs ressources financières, des propriétaires locaux. « Un tel plateau marseillais à Paris n'aurait pas été envisageable il y a trente ans, explique celui qui en a été résident durant 38 ans. A l'époque, très peu de Marseillais achetaient des yearlings lors des vente de Deauville (Calvados). Cela n'est plus vrai aujourd'hui avec la nouvelle génération de propriétaires, qui n'hésitent pas à mettre les moyens financiers. Ils sont la base de notre économie. »

Une évolution à laquelle s'ajoutent les améliorations notables qu'a connues, depuis sept ans, le site provençal. « C'est simple, nous n'avons conservé que la carcasse, explique l'enfant du pays de 63 ans. Les écuries, les boxes, les granges ont été refaits. Surtout, nous avons porté une attention toute particulière à nos pistes, qui sont notre joyau. » Conscient que ce dimanche pourrait n'être qu'une étape dans la montée en puissance de Calas, Jacques Rossi a d'autres axes d'amélioration à l'esprit. Un nouvel arrosage automatique de la piste en herbe arrivera très prochainement.

Le centre d'entraînement, victime de son succès ?

Ce confort de travail porte ses fruits auprès des professionnels, satisfaits de l'outil mis à leur disposition. En témoigne le taux de remplissage des boxes. « Nous atteignons les 95 % avec vingt-six entraîneurs et 584 chevaux à ce jour. » Et la notoriété de Calas a même dépassé les frontières de la Provence. «Les demandes en provenance de la France, mais aussi de l'étranger, pour s'installer sur notre site ne cessent d'augmenter. Nous ne pouvons pas satisfaire tout le monde, d'autant que la priorité est donnée aux locaux », répond le Marseillais.

Faudra-t-il pousser les murs pour satisfaire un maximum de personnes ? « Nous avons, en effet un projet d'agrandissement. Mais comme toute entreprise, nous attendons de savoir comment va se comporter notre filière dans l'avenir. D'ici à deux ans, nous souhaiterions toutefois pouvoir accueillir 700 chevaux. » Avec une victoire dans le Prix de l'Arc de Triomphe comme slogan publicitaire ?