JO 2024 : le domaine de Grosbois tente sa chance

Le plus grand centre d’entraînement de trotteurs en Europe a adressé mardi un dossier de candidature aux instances du Comité des JO 2024. Grosbois se positionne en tant que site alternatif pour accueillir les épreuves d’équitation.

 Le domaine de Grosbois se lance dans une course folle avec sa candidature en tant que site dans les Jeux olympiques 2024.
Le domaine de Grosbois se lance dans une course folle avec sa candidature en tant que site dans les Jeux olympiques 2024. Scoopdyga

C'est le pari le plus fou. Le domaine de Grosbois, situé sur la commune de Boissy-Saint-Léger (Val-de-Marne), s'est positionné en tant que site alternatif pour les épreuves équestres qui se disputeront lors des JO 2024. Le dossier de candidature, déposé mardi auprès du COJO, a été signé par les hautes instances de LeTrot (société française organisatrice de courses de Trot), notamment son Président, Jean-Pierre Barjon, solidaire de cette requête au côté de Christophe Walazyc, régisseur du centre d'entraînement de chevaux de course du domaine.

Le site royal du château de Versailles (Yvelines) a pourtant été officiellement désigné, en juin 2018, pour accueillir l'organisation des épreuves équestres lors des Jeux de Paris 2024. Alors pourquoi cette déclaration tardive? « Nous avons beaucoup à gagner et peu à perdre », répond Christophe Walazyc.

La genèse du projet

« L'idée a germé dans nos esprits il y a trois ans, lorsque nous avons accueilli une délégation composée de plusieurs représentants de la FFE », explique-t-il. Le régisseur se prend alors à rêver d'une belle mise en lumière de ce lieu qu'il connaît dans ses moindres recoins pour en être le responsable depuis 19 ans. « Mais, poursuit-il, notre gouvernance de l'époque ne s'est pas montrée intéressée. Puis le Covid est passé par là. Ce qui a poussé les décideurs des JO à revoir leur organisation. » Pour autant, la révision des projets ne concerne pas la discipline équestre. « Nous avons appris que la FFE avait relancé le site de Lamotte-Beuvron (Loir-et-Cher), un postulant de la première heure, tout comme Chantilly (Oise) et Fontainebleau (Seine-et-Marne). Alors nous nous sommes dit, pourquoi pas nous? » Et cette fois-ci, c'est avec l'aval du nouveau Président du Trot, Jean-Pierre Barjon, en poste depuis décembre 2019, « un homme qui aime relever les challenges les plus improbables », souligne Christophe Walazyc, que le souhait initial a pris forme.

De beaux atouts à faire valoir

Car des ressources, le domaine de Grosbois n'en manque pas. « Nous sommes proches de Paris et moins cher que Versailles, argumente-t-il d'emblée. Nous disposons d'une superficie de 412 ha totalement clos et, en tant que plus grand centre d'entraînement de trotteurs au niveau européen, nous détenons déjà de belles infrastructures avec quatre pistes d'entraînement, des boxes et une clinique vétérinaire de pointe dirigée par le docteur Rossignol. » Et l'ouverture d'un tronçon de la RN 19, en novembre prochain, arrive à point. « Ce sera un accès direct depuis la Capitale », se réjouit le responsable.

Côté prestige, ce site historique a aussi des atouts à faire valoir. « En plus de notre château, certes plus modeste que Versailles, Grosbois hérite depuis l'époque de l'Empire, d'un riche patrimoine dans l'histoire du cheval » complète-t-il.

Bien que déclaré « Terre de Jeux » par le Sénat, un label créé par le COJO pour profiter de la dynamique de la grande aventure mondiale, le Val-de-Marne n'a hérité d'aucun site de compétition. « Notre participation contribuerait à un rééquilibrage », avance Christophe Walazyc sans perdre de vue que « personne n'a remis en cause, jusqu'à présent, la candidature de Versailles ».

Une assurance pour l'avenir

Participer aux JO 2024 serait pourtant une belle aubaine pour le centre d'entraînement. Car, malgré l'activité hippique qui s'y déroule tous les hivers durant le meeting de Vincennes, il peine à joindre les deux bouts. « Nous devons faire vivre Grosbois plus qu'il ne le fait actuellement. Jeux ou pas jeux, nous ne pouvons plus être qu'un lieu de préparation pour les trotteurs. Nous devons optimiser un taux de remplissage plus constant tout au long de l'année », confie son responsable.

D'ailleurs, le fief équin a déjà commencé à se tourner vers la compétition équestre. Il organisera son premier concours complet le 11 octobre prochain. « Un événement qui sera suivi d'autres dates l'an prochain », confirme Christophe Walazyc.

Bien que conscientes d'endosser le rôle de grand outsider dans cette course aux JO, les équipes qui travaillent depuis le mois de juin sur le dossier veulent croire à un aboutissement positif. Il en va peut-être de la survie de ce domaine aussi prestigieux sportivement qu'historiquement.