Prix de l’Arc de Triomphe. « On voulait marquer l’histoire ensemble et nous l’avons fait », se réjouit Cristian Demuro

Âgé de 28 ans, le jockey italien Cristian Demuro a vécu le plus beau moment de sa carrière ce dimanche à ParisLongchamp en remportant le Qatar Prix de l’Arc de Longchamp avec Sottsass.

 ParisLongchamp, le 4 octobre. Cristian Demuro ne peut cacher sa joie après sa victoire dans le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe avec Sottsass.
ParisLongchamp, le 4 octobre. Cristian Demuro ne peut cacher sa joie après sa victoire dans le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe avec Sottsass. SCOOPDYGA/CHOURAQUI Elliott

Arrivée sur notre sol en 2013 après avoir débuté sa carrière dans son pays d'origine, l'Italie, Cristian Demuro a réalisé son rêve ce dimanche 4 octobre. Le jockey n'avait qu'une aspiration depuis son plus jeune âge : décrocher le Qatar Prix de l'Arc de Triomphe, considérée comme la plus grande course du monde. Il était passé tout près de l'exploit l'année passée, en se classant au troisième rang avec Sottsass, et a atteint son objectif ce dimanche à ParisLongchamp avec le mâle de 4 ans en s'adjugeant ce mythique Groupe I.

Dans quel était d'esprit êtes-vous après votre splendide victoire ?

CRISTIAN DEMURO. Au passage du poteau, je pensais que j'allais faire un malaise, mais cela a été (rires…). Même s'il y avait peu de public dans les tribunes, j'ai gagné l'Arc de Triomphe et l'émotion était quand même très présente. J'ai entendu les 1 000 personnes crier sur l'hippodrome et le retour aux balances a été triomphal. J'ai su que j'avais gagné quand je suis descendu de cheval. J'ai énormément pensé à ma famille. À ma femme, qui est toujours là, ma fille, ma mère et à mon père qui nous a quittés il y a quelques semaines. C'est mon père qui me pousse et me donne de la force. J'ai remporté un Groupe III avec Glycon le jour de son décès (6 septembre) et je gagne aujourd'hui (dimanche) la course qui est, à mes yeux, la plus belle au monde… Je lui offre le plus beau cadeau que je pouvais lui donner.

Comment s'est déroulé votre parcours ?

En partant, cela m'a aidé de venir en bonne place. Je l'ai un peu forcé pour être là rapidement, car je me doutais que la course n'allait pas être rythmée (le temps de 2'39''30 est le plus lent depuis quarante ans). Je me suis mis derrière Persian King. Je l'ai filé et l'ai décalé gentiment. Quand je suis venu, il a parfaitement accéléré.

« Je savais que cela allait être ma journée »

On vous a senti confiant dans notre édition de samedi. Pour quelles raisons ?

Il m'avait vraiment séduit mardi lors de son dernier galop. Je l'ai trouvé transformé. Il est monté au fil de ses sorties. Il avait pris la vie du bon côté et avait besoin d'une vraie course, comme il a eu en Angleterre au mois de septembre. Il était à 100 % aujourd'hui. Je savais que cela allait être ma journée…

Vous avez eu l'occasion de monter de très bons chevaux au cours de votre carrière. Comment situez-vous Sottsass ?

C'est le meilleur que j'ai piloté. C'est vraiment un champion. La Cressonnière tient également une place importante pour moi. C'est dommage que je n'ai pas eu l'occasion de la monter dans le Prix de l'Arc de Triomphe.

Vous formez un duo de choc avec Jean-Claude Rouget, l'entraîneur de Sottsass. Pouvez-nous parler de votre collaboration ?

Je suis vraiment très heureux que nous remportions notre premier Arc. Je le remercie énormément, car c'est lui qui a voulu que je lui sois associé. Il a fait un excellent travail avec Sottsass. C'est un super entraîneur. On voulait marquer l'histoire ensemble et nous l'avons fait. C'est vraiment génial. Je vais fêter ma victoire avec lui ce soir. »