Hippisme : « Mes plus beaux succès ? Avoir vaincu deux cancers », confie Anders Lindqvist

L’entraîneur suédois a surmonté bien des épreuves. Wild Love pourrait lui donner du baume au cœur ce jeudi à l’occasion du quinté, à Vincennes.

 Anders Lindqvist, l’entraîneur de Wild Love.
Anders Lindqvist, l’entraîneur de Wild Love. Scoopdyga

Quand il a décidé de s'installer en France en 1995, Anders Lindqvist ne savait pas que sa vie s'y inscrirait dans la durée. Vingt et un ans plus tard, le Suédois fait partie des figures emblématiques du célèbre centre d'entraînement de Grosbois, à Boissy-Saint-Léger (Val-de-Marne). Le professionnel de 69 ans parle de ses réussites dans l'Hexagone, des chances de sa pensionnaire, Wild Love (n° 3), dans le quinté ce jeudi à l'hippodrome de Vincennes, mais aussi des graves problèmes de santé qu'il a connus.

Vous présentez Wild Love dans le quinté de jeudi. Pourquoi êtes-vous moins présent dans la colonne des entraîneurs qu'auparavant ?

ANDERS LINDQVIST. J'ai eu un cancer du sang il y a une quinzaine d'années. Les traitements et la chimiothérapie m'ont beaucoup affaibli donc j'ai dû réduire mon activité. J'ai mis du temps à m'en remettre, et lorsque je pensais que c'était derrière moi, on m'a décelé, il y a cinq ans, un cancer de la vessie. Comme je suis toujours surveillé par les médecins, je me contente d'une dizaine de trotteurs à l'entraînement. Après deux cancers, je reviens de loin. Les avoir vaincus, ce sont mes deux plus beaux succès !

Wild Love peut-elle vous en offrir un sur la piste demain ?

J'en suis convaincu ! Comme un cadeau, elle est arrivée à l'écurie à Noël. Elle n'a pas démérité pour sa première course dans un lot plus relevé. Avec un parcours caché, elle devrait lutter pour la victoire. Je vais pouvoir compter sur Franck Nivard pour la mener au mieux.

Pensiez-vous être encore en France aujourd'hui lors de votre arrivée en 1995 ?

Absolument pas! J'ai tenté l'aventure, et les résultats ont été au rendez-vous. Cette année-là, j'ai remporté le Prix du Luxembourg (Gr. III) alors qu'Helen Johanson devenait la première femme à gagner le Prix d'Amérique. C'était un peu l'année des Suédois! Ensuite, les bons résultats ont continué d'être au rendez-vous avec notamment une cinquième place dans le Prix d'Amérique en 2000. Je me suis vite attaché à la France, à sa culture, sa gastronomie, mais aussi à Grosbois, le meilleur centre d'entraînement que je connaisse.

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Justement, vos compatriotes n'hésitent pas à faire appel à vous pour héberger leurs chevaux…

C'est un vrai plaisir! Certains me les confient pour l'entraînement. D'autres, comme Robert Bergh ou la famille Kolgjini, me sollicitent pour les héberger. Ils ne sont pas au soleil durant le meeting d'hiver mais il fait toujours moins froid qu'en Suède (rire)…

Vous êtes également actif sur les réseaux sociaux…

C'est vrai que j'aime beaucoup échanger sur l'actualité des courses. Cela permet aux Français d'avoir des nouvelles sur les courses suédoises et inversement. Comme je suis moins actif que par le passé, ça m'occupe.

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