Handball : Gille, dix mois pour enfin voir ses Bleus

Nommé sélectionneur en janvier, Guillaume Gille, ancien adjoint de Didier Dinart, a fini par retrouver ses joueurs en stage cette semaine. Une drôle de première.

 « Quand tu es nommé chef d’un projet en janvier et que tu ne vois tes joueurs que le 2 novembre, c’est loin d’être ce que tu avais imaginé », reconnaît Guillaume GIlle.
« Quand tu es nommé chef d’un projet en janvier et que tu ne vois tes joueurs que le 2 novembre, c’est loin d’être ce que tu avais imaginé », reconnaît Guillaume GIlle.  FFHB/Julian Schlosser

Une éternité pour Guillaume Gille. Depuis sa nomination au poste de sélectionneur de l'équipe de France de handball en janvier après un Euro raté, le remplaçant de Didier Dinart n'avait jamais pu convoquer ses joueurs en raison de la crise sanitaire. Le stage qui a débuté ce lundi 2 novembre, à la Maison du handball à Créteil (Val-de-Marne), offre l'occasion parfaite de se retrouver, même si plusieurs membres − Ludovic Fabregas, Yanis Lenne, Kentin Mahé, Wesley Pardin et Valentin Porte − ont dû décliner le rassemblement ayant été testés positifs au Covid-19, et que les matchs de qualifications pour l'Euro 2022 face à la Belgique (prévu jeudi) et la Grèce (dimanche) ont été reportés.

Quel est l'objectif de ce stage ?

GUILLAUME GILLE. Tout d'abord, de se retrouver. On ne s'était pas vus depuis janvier, l'attente a été très longue. La première grande satisfaction hier (lundi) a été pour tous de voir des maillots bleus sur un terrain et des ballons qui circulent. Avec le staff, nous avons très vite ressenti une très bonne énergie dans ce groupe.

Avec les restrictions liées à la crise sanitaire, on imagine que rassembler tout le monde n'a pas dû être aisé ?

Rien que le fait d'avoir démarré ce stage est déjà une réussite ! Il a fallu beaucoup de temps et d'énergie pour créer une bulle sanitaire. Nous avons eu des contraintes terribles, très strictes et contraignantes. Certains n'ont pas pu venir, par conséquent l'effectif ressemble beaucoup moins à ce qu'on envisageait au départ. Aujourd'hui, nous sommes tous ensemble. C'est comme un marathon qui se termine bien, même si nos deux matchs prévus se joueront plus tard.

Qu'avez-vous ressenti en apprenant leur report ?

Un peu de déception. Nous sommes des sportifs de haut niveau, la compétition est le carburant qui nous donne le rythme et nous fait avancer. Ce fait n'a rien remis en cause. Nous avons très rapidement basculé dans un mode de travail différent. Comme avec les cas positifs de dernière minute, il a fallu s'adapter.

Sur le plan personnel, avez-vous également partagé cette déception ?

Il y a forcément un peu de frustration, mais aussi de l'acceptation. Le contexte est quand même hyperparticulier. Quand tu es nommé chef d'un projet en janvier et que tu ne vois tes joueurs que le 2 novembre, c'est loin d'être ce que tu avais imaginé sur le moment… J'en ai profité pour réfléchir à la meilleure façon de faire pour relancer la dynamique de cette équipe, afin qu'elle soit intacte pour les prochaines échéances.

Justement, quel sera l'objectif des prochains Championnats du monde en Egypte à la mi-janvier ?

Au-delà du bilan chiffré, je souhaite que l'équipe de France montre un autre visage, une autre attitude que la précédente. Elle doit incarner un nouvel élan. Nous sommes tous dans l'envie de se mettre au niveau des meilleurs. Ce n'est pas de la prétention de dire que c'est là où on nous attend, et que c'est là où nous voulons aller.

Ce sera néanmoins sans Nikola Karabatic…

Oui, c'est une bien triste nouvelle. Avec ce qui nous attend, son absence est forcément une immense perte, de par son aura sur le terrain et en dehors. Sa grave blessure va lui demander beaucoup de courage et de chance.

Pour conclure, êtes-vous un homme heureux ?

Oui, très. Malgré les circonstances, je m'éclate dans ce que je fais avec tous ceux qui m'entourent. J'espère que nous pourrons vite retrouver la compétition. Ces moments où l'équipe de France se retrouve face à un adversaire sont rares.