Supercoupe d’Europe : toujours affamé, le Bayern a croqué Séville

Devant plus de 15000 spectateurs, jeudi soir à Budapest, les Munichois ont eu les ressources pour égaliser puis l’emporter en prolongation, portés par un Manuel Neuer au sommet de son art.

 Manuel Neuer brandit la coupe, entouré par Lewandowski, Tolisso et Müller.
Manuel Neuer brandit la coupe, entouré par Lewandowski, Tolisso et Müller.  AFP/ Laszlo Balogh

« Tous les jours on voit qu'ils veulent s'améliorer et ça c'est agréable pour tous les entraîneurs. » Interrogé sur la victoire de son équipe, jeudi soir, en finale de la SuperCoupe d'Europe, contre Séville (2-1), le coach du Bayern Munich Hansi Flick a salué l'enthousiasme de ses joueurs, leur état d'esprit intact malgré une pandémie toujours omniprésente.

Il a tout de même fallu des prolongations pour que les Bavarois remontent sur le toit de l'Europe du football face à Séville (2-1 a.p.). Ils se sont imposés grâce à l'inattendu Javi Martinez, buteur décisif (104e) alors qu'il est annoncé à l'Atlétic Bilbao… « A chaque fois que je porte le maillot du Bayern, je fais de mon mieux et je l'ai encore montré ce soir », a savouré l'Espagnol sur Sky, évoquant un « rêve devenu réalité ».

Les Munichois accrochent leur 2e Supercoupe d'Europe après 2013, année où ils ont, comme en 2020, signé un triplé Championnat-Coupe nationale-C1. Mais à la différence de leur sacre en Ligue des champions face au PSG, fin août, dans le huis clos du stade de la Luz de Lisbonne, ils ont pu célébrer ce nouveau trophée devant les tribunes partiellement remplies de la Puskas Arena de Budapest. Une première en compétition européenne depuis les multiples restrictions en vigueur mars.

Les Munichois saluent leur supporteurs à la fin de la rencontre/AFP
Les Munichois saluent leur supporteurs à la fin de la rencontre/AFP  

Car cette Supercoupe d'Europe a été le premier événement footballistique européen à rouvrir partiellement ses portes aux fan. Pour l'UEFA, il s'agissait d'un « projet pilote » en vue d'un accueil plus massif du public dans les mois à venir. Ce n'était pas gagné alors que la situation sanitaire est alarmante en Europe et notamment en Hongrie, pays classé en « zone à risque » par l'Allemagne.

L'instance européenne a plutôt réussi son coup. Certes, tout le monde n'a pas gardé le masque, les célébrations d'après-match ont parfois suscité des accolades trop enthousiastes mais les 15.180 spectateurs annoncés ont à peu près respecté la distanciation sociale. « Ce soir, il y avait du bruit dans le stade, c'est de nouveau du football ! », s'est réjoui l'attaquant allemand Thomas Müller.

Une ambiance portée par les spectateurs hongrois, qui composaient plus de 90 % de l'affluence de la soirée, mais aussi par les multiples haut-parleurs disposés au-dessus des tribunes pour distiller un son pré-enregistré à certains moments chauds… Sans oublier les 350 supporters sévillans ayant osé faire le déplacement malgré l'obligation de présenter un test virologique négatif à l'entrée en Hongrie.

Javi Martinez (sur le dos d’un autre Munichois) célébré après son but en prolongation/AFP
Javi Martinez (sur le dos d’un autre Munichois) célébré après son but en prolongation/AFP  

Ils ont pu s'enflammer lorsque l'Argentin Lucas Ocampos, ancien de l'OM, a transformé un penalty provoqué par Ivan Rakitic, fraîchement arrivé du Barça (13e). Le Bayern n'avait plus été mené depuis onze rencontres, toutes compétitions confondues. Mais les Bavarois semblent ne jamais douter. Preuve le but égalisateur somptueux de Leon Goretzka, après une superbe action collective et un bijou de remise dos au but de Robert Lewandowski (34e).

En l'absence de Kingsley Coman, buteur de la finale de C1 contre le Paris SG et absent parce que cas contact placé en quarantaine, le héros de la soirée a été Manuel Neuer. L'insubmersible gardien allemand, 34 ans, a évité la débâcle aux siens en signant deux arrêts exceptionnels devant Youssef En-Nesyri (87e, 102e).

Quelques minutes plus tard, pour son dernier match sous les couleurs bavaroises, Javi Martinez plaçait son coup de tête victorieux. Difficile de mieux terminer son aventure avec ce club toujours aussi avide de titres.