Serie A : l’arrière-petit-fils de Mussolini signe pro à la Lazio Rome

La signature d’un descendant direct de l’ex-leader fasciste italien dans un club où certains Ultras cultivent la nostalgie de cette sombre époque ravive quelques craintes.

 « Je veux seulement être jugé pour la façon dont je joue au football, et pas pour mon nom », a expliqué Romano Floriani Mussolini.
« Je veux seulement être jugé pour la façon dont je joue au football, et pas pour mon nom », a expliqué Romano Floriani Mussolini. Icon Sport/Carlo Lannutti

C'est un jeune latéral droit, au potentiel encore inconnu, mais à l'ascendance sulfureuse qui vient de signer son premier contrat professionnel avec la Lazio Rome, le second club de la capitale italienne. A 18 ans, Romano Floriani Mussolini est le fils d'Alessandra Mussolini, l'ancienne députée européenne et… l'arrière-petit-fils de Benito Mussolini. L'ancien Duce, au pouvoir entre 1922 et 1945, fondateur du mouvement fasciste italien et allié d'Adolf Hitler pendant la Seconde Guerre mondiale…

Ce patronyme sent encore le soufre de l'autre côté des Alpes. Evidemment, le jeune espoir romain refuse le procès de l'hérédité et ne veut parler que de football.

« Moi, je veux seulement être jugé pour la façon dont je joue au football, et pas pour mon nom », a lâché Romano Floriani Mussolini à la radio Radiosei. Du côté de la Lazio, on démine aussi le terrain. « Son nom de famille ? Je n'ai jamais parlé à ses parents, et la seule chose qui compte est de savoir si un joueur mérite de jouer. Rien d'autre », a rétorqué Mauro Bianchessi, manager de l'équipe de jeunes de la Lazio.

Des comportements odieux

Mais le problème va au-delà du jeune Mussolini. Beaucoup craignent que son nom ne réveille des extrémistes. Car la Lazio Rome est un club qui recèle historiquement dans les rangs de ses ultras, une partie liée à l'extrême droite italienne nostalgique du fascisme. En 2005, le capitaine de l'équipe, Paulo Di Canio, qui partage les idées de cette frange extrémiste, avait effectué un salut nazi à leur adresse après un but.

Il y a trois ans, le club avait été condamné à une amende de 50 000 euros pour le comportement odieux de certains ultras avant un derby contre l'AS Rome : ils avaient répandu sur la pelouse du Stade Olympique des autocollants à l'effigie d'Anne Franck, une des plus célèbres victimes de l'Holocauste, revêtue du maillot du rival romain…