Saint-Etienne : pourquoi Claude Puel n’est pas menacé

L’AS Saint-Etienne vient de perdre cinq matchs de suite en Ligue 1 sans que l’entraîneur forézien ne soit sur un siège éjectable ou même fragilisé, pour le moment. Explications.

 Claude Puel, arrivé il y a un an sur le banc des Verts, connaît une période mouvementée avec le club stéphanois.
Claude Puel, arrivé il y a un an sur le banc des Verts, connaît une période mouvementée avec le club stéphanois. AFP/Philippe Desmazes

Contre Montpellier, dimanche, Saint-Etienne a essuyé un 5e revers consécutif (1-0). Pire, les Verts restent sur deux matches d'affilée sans cadrer la moindre frappe en Ligue 1, leur pire série dans l'élite depuis qu'Opta analyse le championnat en 2006-2007. Autre statistique édifiante : selon Stats Foot, Claude Puel affiche 51,7 % de défaites sur le banc des Verts depuis son arrivée au club en octobre 2019. Mais le coach stéphanois n'est nullement menacé. On vous explique pourquoi.

Il est la pierre angulaire du nouveau projet

Claude Puel a été choisi par les propriétaires du club pour porter le nouveau projet stéphanois. C'était l'homme idoine. Il avait déjà été approché, notamment par Roland Romeyer, par le passé. « C'est toujours l'homme de la situation, nous souffle une source proche de la direction. Claude est apprécié. C'est un homme droit, intègre, avec de vraies idées. Oui, actuellement, on a quelques difficultés. Mais tout le monde passe par de mauvaises périodes. On va relever la tête ».

Puel a un projet clair, qui plaît en interne, avec notamment l'utilisation en nombre de jeunes du centre de formation ou de jeunes recrues en post-formation. « C'est normal que ça prenne du temps », ajoute cette source. A l'ASSE, Puel est plus qu'un simple entraîneur. C'est un vrai manager, qui est aussi au directoire du club (le décisionnaire au quotidien), comme l'un de ses proches, Xavier Thuilot, directeur général de l'ASSE. Il a toujours la confiance de ses dirigeants, il est toujours vu comme l'homme de la situation, et notamment par Roland Romeyer et de Bernard Caïazzo.

Le club n'a pas vraiment les moyens de s'en séparer

En pleine crise du coronavirus, avec les pertes que cela engendre notamment en matière de billetterie, en pleine incertitude autour des droits TV, l'ASSE n'a pas franchement les moyens de se séparer d'un entraîneur sous contrat jusqu'en juin 2022. Surtout avec les incertitudes qu'entraînerait un nouveau changement d'entraîneur en cours de saison. Certes, les Verts ont réussi à vendre très cher Wesley Fofana pour 35 millions d'euros cet été (à Leicester) mais le club avait anticipé la hausse des droits TV. La volonté, clairement, est de continuer et de relever la tête avec Puel. Il n'y a pas de plan B de toute façon.

Il a une vision à moyen terme

Derrière cette (évidente) mauvaise passe, Puel est toujours aussi combatif. Et cela aussi, c'est apprécié en interne. « A Lille (NDLR : quand Puel entraînait le LOSC), on n'avait pas gagné pendant 12 matches. On a ensuite joué la Ligue des champions et battu Manchester United et l'AC Milan. A Nice, on avait perdu 7 matches de suite en L1 mais on termine quatrième du championnat », a rappelé Puel dimanche. « Il y a un décalage entre une mauvaise série et la qualité intrinsèque d'un groupe. Les choses ne disparaissent pas comme ça », martèle le technicien, persuadé de suivre la bonne voie, lui qui a considérablement rajeuni son effectif depuis son arrivée. Alors oui, il cherche encore la bonne formule - il a changé trois fois de système en trois matchs – la mise à l'écart de certains joueurs peut interpeller, mais il conserve aussi la confiance d'une bonne partie de son vestiaire.