Retard de paiement de Mediapro : la Ligue va emprunter 120 millions d’euros

Le conseil d’administration de la LFP, réuni ce jeudi matin, a validé l’emprunt, d’un montant de 120 millions d’euros, souscrit par l’instance afin de couvrir les versements de droits TV non honorés par le diffuseur Mediapro.

 Entre la LFP et Mediapro, détenteur des droits de la Ligue 1 et Ligue 2, le bras de fer est clairement engagé.
Entre la LFP et Mediapro, détenteur des droits de la Ligue 1 et Ligue 2, le bras de fer est clairement engagé.  LP/Arnaud Journois

Confrontée au refus du détenteur des droits de la Ligue 1 et de la Ligue 2, Mediapro, de s'acquitter de son échéance du 5 octobre (172 millions d'euros), la LFP a décidé de contracter un emprunt estimé à 120 millions. Lors du conseil d'administration de l'instance, qui s'est tenu ce jeudi matin en visioconférence, Vincent Labrune, le nouveau président, a détaillé ce prêt d'urgence.

Pour atteindre les 172 millions d'euros, qui correspondent à la traite non honorée par le diffuseur, la Ligue piochera dans ses fonds propres à hauteur d'une cinquantaine de millions d'euros, selon nos informations qui confirment celles de l'Equipe. Sept banques françaises et étrangères avaient été approchées à cet effet. L'identité de l'établissement financier retenu n'a pas filtré, mais il devrait être connu d'ici à la fin de la semaine. Selon certaines sources, il s'agirait d'une banque anglaise.

L'assemblée générale de la Ligue, programmée lundi prochain, entérinera définitivement cette opération. Celle-ci permettra aux clubs de L1 et de L2, dont les droits TV sont la première source de revenus (36 % pour la L1 en 2018-19 selon la DNCG, gendarme financier du foot français), de s'acquitter des salaires de leurs joueurs. Au printemps, la LFP avait déjà contracté un premier emprunt, un prêt garanti par l'État, d'un montant de 224,5 millions d'euros pour compenser l'arrêt prématuré du championnat et alimenter la trésorerie des clubs.

Mediapro mis en demeure

Mediapro, détenteur de la majeure partie des droits de diffusion TV de la Ligue 1 et de la Ligue 2, a entamé un bras de fer avec les instances du foot français en réclamant de renégocier à la baisse son contrat record de 814 millions d'euros par saison entre 2020 et 204.

Le groupe sino-espagnol dirigé par Jaume Roures s'est engagé auprès du tribunal de commerce de Nanterre dans une procédure de médiation, qui permet aux entreprises de négocier avec leurs créanciers. La LFP a rejeté cette procédure et a mis en demeure Mediapro de régler ses échéances. Faute de quoi, elle n'exclut pas de se tourner vers d'autres diffuseurs.

« Il reste alors deux possibilités, soit une issue favorable est trouvée avec Mediapro, soit ce n'est pas le cas, et il faudra envisager la reprise du contrat par d'autres opérateurs, explique Arnaud Rougier, directeur général exécutif de la Ligue, dans une lettre envoyée aux présidents de clubs. Il précise aussi que l'instance a activé, par ailleurs, « la garantie donnée par la société mère du groupe Mediapro », le fonds chinois Orient Hontai Capital.