Qatar : un cheikh «refuse» de saluer deux arbitres féminines ? «Des mensonges» selon la Fifa

Lors de la remise des trophées après la finale de la Coupe du monde des clubs au Qatar jeudi, deux arbitres féminines n’ont pas salué le frère de l’Emir sur le podium. Un geste volontaire ou imposé ?

 Sur le podium, le cheikh Joaan bin Hamad Al Thani, membre de la famille royale du Qatar, a salué du poing certains joueurs et arbitres lors de la finale.
Sur le podium, le cheikh Joaan bin Hamad Al Thani, membre de la famille royale du Qatar, a salué du poing certains joueurs et arbitres lors de la finale. REUTERS/Mohammed Dabbous

Jeudi 11 février, Education City Stadium à Al Rayyan, deuxième ville du Qatar à moins de dix kilomètres de la capitale Doha. Benjamin Pavard, le défenseur des Bleus, a offert la victoire (1-0) au Bayern Munich (Allemagne) contre les Tigres de Monterrey (Mexique) lors de la finale de la Coupe du monde des clubs. La répétition générale du Mondial au Qatar dans moins de deux ans (21 novembre - 18 décembre 2022) touche à sa fin. Place à la cérémonie de la remise des trophées… Elle va déboucher sur une polémique sous la forme d'une vidéo.

Sur le podium, le cheikh Joaan bin Hamad Al Thani, membre de la famille royale, frère de l'Emir et président du Comité olympique du Qatar, salue d'abord du poing, Covid-19 oblige, des arbitres masculins, puis semble ignorer les deux arbitres féminines, Edina Alves Batista et Neuza Back, qui passent devant lui après avoir reçu leur médaille des mains du président de la Fédération internationale (Fifa), Gianni Infantino.

La scène a choqué. Les interprétations ont fleuri sur les réseaux sociaux jusqu'à insinuer que le président de la Fifa aurait incité les deux jeunes femmes à ne pas avoir de contact avec le cheikh. Surprenant d'autant que Gianni Infantino avait fait la promotion de l'arbitrage féminin au cours de cette Coupe du monde des clubs.

« Compte tenu des mensonges qui ont été diffusés, je voudrais apporter une clarification, a réagi Gianni Infantino dans un communiqué ce lundi après-midi. J'ai profité de l'occasion pour les féliciter pour l'excellent travail qu'elles ont accompli tout au long de la compétition. C'était un jalon pour la Fifa. La première fois que des officiels féminins ont été nommés et ont exercé lors d'une compétition masculine senior de la Fifa. Je suis un ardent défenseur des droits des femmes et de l'égalité de traitement de chaque être humain, indépendamment du sexe, de la race, de l'origine ethnique, de l'orientation sexuelle, de la religion ou de la capacité physique. Ceux qui ont répandu de fausses rumeurs devraient avoir honte de leurs actes. »

Une version confirmée ensuite par les deux arbitres féminines, Edina Alves Batista et Neuza Back, par des tweets en commentaires de l'intervention de Gianni Infantino.

Un «malentendu»

Une source présente sur place apporte également un autre éclairage. Les deux femmes ont eu la même attitude vis-à-vis de Karl-Heinz Rummenigge, le président du Bayern, posté trois mètres plus loin, Neuza Back adressant le même signe de tête aux deux hommes comme on le voit sur les images, et un arbitre masculin juste derrière elles serait également passé sans un geste pour eux sur le podium. Des comportements volontaires et individuels liés aux gestes barrière ?

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« Il y a eu un petit malentendu, indique un communiqué publié par le comité d'organisation local du Qatar. Pour limiter le risque de propagation du virus Covid-19, des protocoles stricts étaient en place et il était fortement conseillé à toutes les personnes impliquées dans le tournoi d'éviter tout contact physique. Trois des officiels de match n'ont pas voulu faire le coup de poing habituel avec son Excellence le cheikh Joaan bin Hamad Al Thani, ce qui était bien sûr leur droit. Il est clair d'après les images vues dans leur intégralité qu'il s'agissait d'un simple malentendu et qu'il n'y avait aucune intention d'offenser. »