PSG : «Rafinha n’est jamais devenu indispensable», constate Omar Da Fonseca

Le consultant de BeIN Sports revient sur les difficultés du milieu brésilien à s’imposer à Barcelone, comme au PSG aujourd’hui.

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 «Il manque à Rafinha un côté percutant et pétillant», estime le consultant de BeIN Sports, Omar Da Fonseca.
«Il manque à Rafinha un côté percutant et pétillant», estime le consultant de BeIN Sports, Omar Da Fonseca. LP/Fred Dugit
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Depuis plus de huit ans, Omar Da Fonseca commente le championnat d'Espagne pour BeIN Sports. L'Argentin détaille le style Rafinha. Le milieu brésilien peine à s'imposer dans l'entre-jeu parisien.

Qu'aimez-vous chez Rafinha ?

OMAR DA FONSECA. Il appartient à ces joueurs amis avec la balle. Il a été formé comme meneur de jeu. C'est un numéro 10 typique : il a la passe, le dribble, le jeu long, une patte gauche fine et subtile, une cadence de toucher assez rapprochée - ce n'est pas un pousseur. Son contact avec le ballon est très pur. Cette habileté et cette élégance corporelle ne s'accompagnent pas de statistiques. Il est beau à voir mais son influence n'est pas bonne. En Espagne, on dit que c'est un joueur dont les fruits n'ont pas dépassé la valeur des fleurs. Les fleurs sont toujours magnifiques, mais le fruit n'a pas beaucoup de goût.

Est-ce ce qui explique sa difficulté à s'imposer comme titulaire dans sa carrière ?

C'est le type de joueur qui vient en complément, un second couteau. Ce genre de mec ne va jamais faire la première page, n'a pas de crise d'ego ou de fierté. Un peu comme Pedro, Lucas Vásquez, Jesus Navas ou Isco. Quand ils sont jeunes, tout le monde parle d'eux. A la Masia (le centre de formation du Barça), Rafinha cassait tout, il sortait du lot. Puis, ses qualités sont devenues trop généralistes. On l'a utilisé partout et il n'est jamais devenu indiscutable, indispensable. Il est beau, élégant, il joue bien mais il ne peut pas être le premier violon ni le tambour, alors on le met où il y a un manque. Moi, j'aurais aimé qu'il joue plus.

Où peut-il s'insérer dans le 4-2-3-1 de Pochettino ?

L'idéal, c'est en numéro 10 derrière l'attaquant. Mais il n'est pas un joueur qui aime recevoir le ballon dos au but, dans le sens contraire. Là où il sera le mieux, c'est face au jeu au milieu dans un 4-3-3. Il lui manque un côté percutant et pétillant.

N'aurait-il pas eu sa place contre Monaco (défaite 2-0) au milieu, au lieu du trio Parades-Gueye-Herrera si peu inventif ?

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Mille fois! Thomas Tuchel faisait la même chose. Paredes ne va jamais dans les 30 derniers mètres. Peut-être deux fois dans sa vie mais pas plus. Herrera ne se lie jamais avec le danger. Gueye, c'est pareil. Ils sont plus dans l'application que l'inspiration. Ils ne prennent pas de risques. Moi, je n'en veux plus de ce genre de joueurs! On me dit qu'ils jouent propre mais moi je veux qu'ils jouent sale, qu'ils laissent des miettes. Quand on a déjà Paredes et Gueye, il faut mettre un Rafinha avec eux pour jouer et faire le lien avec l'attaque, se rapprocher d'Icardi. Parades et Gueye, s'ils sont dans la surface, ils ont des vertiges, ils vomissent!

Est-ce possible qu'un joueur n'entre jamais dans les plans d'un entraîneur, comme cela semble être le cas pour lui ?

Oui, je l'ai vécu comme joueur et je l'ai entendu avec beaucoup d'entraîneurs à propos de certains joueurs. Ou l'inverse. Je ne comprends pas pourquoi Herrera jouait autant avec Tuchel. Je n'ai rien contre lui, mais c'est un complément. Il est moyen-bon en tout.