PSG : pour Neymar c’est «au minimum du minimum 3 semaines de soins», avertit un médecin

William Vanbiervliet, spécialiste de la réadaptation, explique pourquoi, même si c’est possible, il sera malgré tout difficile à Neymar d’être de retour en forme pour le match retour contre Barcelone, le 10 mars.

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 Neymar va connaître trois semaines intenses ponctuées de séances de soins.
Neymar va connaître trois semaines intenses ponctuées de séances de soins. LP/Olivier Corsan

Médecin physique et réadaptateur mais aussi médecin du sport, à Marseille et Aix-en-Provence, William Vanbiervliet côtoie le sport de haut niveau avec le groupe élite de water-polo du Cercle des nageurs de Marseille dont il a la charge. Il évoque les enjeux du protocole de remise en forme de Neymar, victime d'une lésion du long adducteur gauche mercredi soir à Caen et pour lequel le PSG prévoit une indisponibilité « d'environ 4 semaines selon l'évolution ».

Comment analysez-vous les images de la blessure de Neymar ?

WILLIAM VANBIERVLIET. Je vois un traumatisme plutôt anodin mais qui survient à un moment (NDLR : 57e minute) où la fatigue doit déjà jouer. C'est vrai que c'est un geste qu'il doit faire 18 000 fois par match. Ce qui me frappe plus c'est que le bassin chute un tout petit peu et du coup ne fait pas son office de stabilisation. Avec un tronc qui n'a peut-être pas la tonicité nécessaire à ce moment-là. Et, là, c'est l'adducteur qui a pris.

Comment vont s'organiser les soins ?

Souvent dans ce genre de situation on a quatre phases de rééducation, avec une évaluation clinique et échographique, quasi quotidienne qui conditionne ensuite l'évolution du travail rééducatif et permet de passer d'une phase à une autre.

Dans quelle mesure peut-on jouer sur le délai de retour à la compétition ?

Ça dépend du bilan initial, de la gravité de l'hématome. Donc c'est toujours difficile de parler de période de soins incompressible. Je ne peux pas répondre à ce cas précis. Mais dans une lésion c'est au minimum du minimum trois semaines pour bien faire les choses. Ou alors si en 15 jours il est sur les terrains, c'est qu'on était sur quelque chose de moins grave que prévu.

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Les sportifs de haut niveau peuvent-ils guérir plus vite ?

Non. Je leur dis toujours qu'ils ne sont pas différents d'un quidam. Ce qui les différencie quant à leur capacité de récupération c'est qu'il y a du monde autour d'eux et qu'ils bénéficient d'une surveillance que personne d'autre n'a. Mais après, pour les fibres musculaires, on peut faire tout ce qu'on veut, il y aura quand même un délai. Pareil pour un tendon ou un ligament.

Peut-il, malgré tout, espérer pouvoir jouer pour le match retour le 10 mars ?

C'est sûr que l'enjeu est de taille. Oui c'est possible. Il faut optimiser ça avec lui, le prendre en charge à tous les niveaux. Mais, après, se posera la question : est-ce qu'il ne faut pas mettre un mec avec des qualités intrinsèques un peu moins bonnes mais à 100 %, ou un mec comme lui à 60 % de ses capacités ? En dehors du fait qu'il pourrait se refaire mal…

Quels seraient les risques d'un retour prématuré ?

La récidive, en numéro un. Ça peut aussi se transformer en un cycle chronique de douleurs qui l'empêcheraient de retrouver ses sensations et de se lâcher.

Sachant qu'il a déjà eu des blessures de ce type, ne faudrait-il pas justement redoubler de prudence ?

Je dirais qu'il faut surtout faire un travail préventif. Le délai pour revenir là, c'est une chose mais, après, il ne faudra pas le lâcher. Il faut lui proposer un travail spécifique, et puis faire un bilan à tête reposée pour comprendre pourquoi ce garçon subit tout ça. Avec lui il faut du long cours.