PSG-OM : entre Tuchel et Villas-Boas, un duel de fortes têtes

Les deux entraîneurs du PSG et de l’OM comptent parmi les noms les plus ronflants du football mondial. Opposition entre deux coachs aux inspirations différentes.

 Thomas Tuchel et André Villas-Boas sont les deux entraîneurs les mieux rémunérés de Ligue 1.
Thomas Tuchel et André Villas-Boas sont les deux entraîneurs les mieux rémunérés de Ligue 1. LP/Arnaud Journois/Frédéric Dugit

Ils sont les deux entraîneurs les mieux rémunérés de Ligue 1, deux des stars du banc en Europe. Thomas Tuchel côté PSG et André Villas-Boas côté OM se retrouvent ce dimanche soir. Face-à-face entre deux fortes personnalités dont l'approche du métier diffère grandement.

Tuchel, le foot est son obsession

Sa vie, sa carrière. Personnage secret, Thomas Tuchel entretient volontiers le mystère sur sa vie privée. Sur Sissi, ex-employée d'une maison d'édition, sur ses deux filles, ainsi que sur son existence hors du terrain. A l'image de son diplôme en administration des affaires, de son expérience de barman dans un bar hip-hop de Stuttgart, de sa passion pour Montaigne et la lecture, le natif de Krumbach, petite ville de Bavière, est un personnage pluriel. Cultivé, il aime le théâtre. Il est d'ailleurs représenté, non pas par un agent sportif mais par un manager de chanteurs et vedettes de télévision. Véritable ascète, il ne boit pas, ne fume pas et a la réputation d'être végétarien. Amateur de sport, il joue régulièrement au tennis et se déplace parfois en… skate-board.

Son rapport aux autres. Là encore, Tuchel est un individu à double face. Charmeur devant les caméras depuis son arrivée en France, c'est avec la réputation de génie détestable, d'anticonformiste intransigeant que Tuchel a quitté l'Allemagne. Parti fâché et avant la fin de son contrat de Mayence comme de Dortmund, certains de ses anciens dirigeants ou joueurs stigmatisent son caractère volcanique. Au camp des Loges, on décrit pourtant un homme souriant, jamais avare d'un petit geste courtois à l'endroit du personnel. Exigeant avec son staff, il s'est pourtant assoupli. Après quelques accrocs célèbres notamment avec Kylian Mbappé, il a eu l'intelligence d'accepter certains écarts de son groupe pour en tirer le meilleur.

Sa vision du foot. Ce n'est pas un hasard si Thomas Tuchel est adepte de Bob Wilson, metteur en scène de la scène avant-gardiste new-yorkaise. Comme lui, l'Allemand a pour ambition de révolutionner sa discipline. S'il n'a pas la cote de popularité de Jürgen Klopp, il a la réputation de jouir d'une palette tactique plus étoffée. Obsédé du ballon, il est un chercheur, mû par le souci de bonifier ses séances, son approche tactique et l'efficacité de ses troupes. Une raison pour laquelle il a notamment établi des règles strictes au niveau diététique, bannissant le sucre et le gras. Disciple de Guardiola, l'homme et sa méthode ont été adoubés par le Catalan qui a écrit dans un livre que « si l'Allemagne se convertit un jour au jeu de position, ce sera à mettre au crédit de Tuchel ».

Villas-Boas aura plusieurs vies

Sa vie, sa carrière. Luís André de Pina Cabral e Villas-Boas. Voilà le nom complet de l'entraîneur marseillais, dont les origines bourgeoises ne sont pas un secret. Descendant d'aristocrates, l'homme de 42 ans a bénéficié d'une enfance privilégiée avant de tout miser sur le football. Avant ses 18 ans, une rencontre avec Sir Bobby Robson, ancien coach de Porto et du Barça, pour qui il a écrit des rapports, lui met le pied à l'étrier. Derrière, il démarre une expérience en tant que sélectionneur… des îles Vierges britanniques à 22 ans (en cachant son âge au départ). Globe-trotter, Villas-Boas apprend aux côtés de José Mourinho, avec qui la relation s'est distendue au fil des années, avant de s'émanciper. Marié et père de trois enfants, Villas-Boas apprécie s'aérer l'esprit loin des pelouses, grâce aux voyages ou à l'art, qu'il aime découvrir dans les musées.

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See you soon little angels 😊❤️

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Son rapport aux autres. Quand les choses lui déplaisent, André Villas-Boas le fait savoir, en utilisant notamment les médias, avec qui les rapports sont sympathiques. Les oreilles du président Jacques-Henri Eyraud ont sifflé lors du départ du directeur sportif de l'OM Andoni Zubizarreta. Polyglotte accompli (portugais, anglais, espagnol, italien, français), Villas-Boas délivre ses messages franchement en interne comme en externe. A l'OM, « il a tout le soutien du vestiaire », a rappelé Dimitri Payet. « Il est très à l'écoute, s'intéresse aux autres, confie Secretario, entraîneur de Créteil (National), qui a connu Villas-Boas à Porto. Tout le monde considère que c'est un top coach, à la fois proche et très direct. »

Sa vision du foot. Villas-Boas ne s'imagine pas dans le monde du foot très longtemps. Avant son cinquantième anniversaire, il aura changé d'horizon : « J'ai toujours dit que je voulais faire quinze ans dans le foot. J'en suis à dix. Après, j'ai d'autres ambitions dans la vie ». Passionné par les sports automobiles, Villas-Boas s'est déjà exercé sur le mythique Paris-Dakar en 2018. Ambassadeur de la Fondation Laureus, il met à profit sa notoriété pour des combats caritatifs qui lui tiennent à cœur. Ses derniers challenges dans le foot ? Villas-Boas a toujours rêvé de participer à une Coupe du monde comme sélectionneur. Il n'écarte pas non plus un avenir en tant que dirigeant au FC Porto, son club de toujours.