PSG-OM : ce que se sont dit Neymar et Alvaro

Nous avons fait analyser les images du Clasico par un expert en lecture labiale. Elles révèlent qu’il pourrait être difficile pour la commission de discipline de se prononcer.

 Les échanges entre Neymar et Alvaro se résument surtout à des insultes et des menaces, sans grand intérêt et a priori juste condamnables par la morale.
Les échanges entre Neymar et Alvaro se résument surtout à des insultes et des menaces, sans grand intérêt et a priori juste condamnables par la morale. LP/Arnaud Journois

« Quoi? Tu vas me casser les c… Casse-toi fils de p…! » Les mots bleus, ceux qu'on dit avec les yeux, n'étaient pas vraiment de circonstances. Dimanche soir, c'est plutôt en mode trash-talking que Neymar et Alvaro Gonzalez ont traversé le Clasico le plus électrique du XXIe siècle, ponctué par cinq expulsions (Amavi, Benedetto, Paredes, Kurzawa, Neymar) et une énorme polémique.

Exclu dans le temps additionnel et sanctionné mercredi soir par la commission de discipline de deux matchs de suspension (plus un avec sursis) pour un coup de poing asséné à Alvaro, le Brésilien du PSG avait crié au scandale en rejoignant les vestiaires : « C'est un raciste, c'est pour ça que je l'ai frappé », avait-il clamé à l'arbitre assistant. Des accusations que le meneur de jeu a ensuite réitérées sur les réseaux sociaux et qui ont poussé la Ligue de football professionnel (LFP) à placer le dossier de cet incident à l'instruction.

Avant que celle-ci n'étudie et se prononce sur les conséquences de cette affaire, nous avons essayé d'y voir plus clair en disséquant le match dans le match. Aidé par l'Espagnol Francisco Miguel Mendoza Vela, expert en lecture labiale au centre d'attention personnalisée en psychologie et en éducation (Cappe) de Madrid, nous avons visionné les différentes images disponibles des accrochages entre l'attaquant parisien et le défenseur marseillais.

« Si tu veux, on se retrouve à l'intérieur »

Les échanges entre les deux joueurs, davantage inspirés du « lexique de la testostérone illustré », se résument surtout à des insultes et des menaces, sans grand intérêt et a priori juste condamnables par la morale. « Si tu veux on se retrouve à l'intérieur, on va voir ce qui se passe », répond ainsi Neymar au Marseillais qui vient de le traiter de « fils de p… ! » et lui promettre de « lui en coller une tout de suite ! »

« T'es une flippette ! », rétorque le Brésilien à celui qui ne cesse de répéter qu'il (NDLR : Neymar) lui « casse les c… » entre un échange d'injures et quelques invitations à « aller se faire enc… ».

Neymar et Alvaro, au coeur des échauffourées en fin de match. LP/Arnaud Journois
Neymar et Alvaro, au coeur des échauffourées en fin de match. LP/Arnaud Journois  

Mais si les menaces et les provocations se sont multipliées entre les deux hommes, de la première altercation (37e minute) à l'échauffourée des arrêts de jeu, aucune de celle que nous avons pu décrypter ne dévoilait de caractère raciste. Selon notre expert, les mots « mono » (singe) ou « negro », typiques d'un langage raciste et discriminatoire, « auraient été faciles à détecter ». Cela ne signifie pas que Neymar n'a pas été victime d'injures discriminatoires, peut-être juste que celles-ci n'ont pas été captées par l'image ou prononcées dans un angle illisible.

Difficile pour les instances de déceler la vérité

Car tout au long de la rencontre, le Brésilien a en effet « traité » son adversaire de « raciste », devant l'arbitre ou en aparté, sans que celui-ci ne semble s'en offusquer. Un manque de réaction qui, dans le même ordre d'idée, ne suffit pas à incriminer Alvaro Gonzalez.

A défaut de condamner l'un ou l'autre des deux joueurs, l'analyse de ces images prouve qu'il sera surtout difficile pour les instances ou la justice de déceler la vérité. Et de condamner celui des deux qui, ce soir-là, a vraisemblablement menti.