PSG-Monaco : le plan de Kovac pour battre Paris décrypté

Philippe Montanier, ancien coach de Rennes et de Lens, analyse pour nous les aspects tactiques de la défaite (0-2) du PSG face à Monaco dimanche soir au Parc des Princes. Il explique notamment pourquoi Paris manquait de mouvement dans son jeu.

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 Les Parisiens, malgré l’entrée en jeu de Marco Verratti, n’ont pas su répondre au défi physique et tactique des Monégasques.
Les Parisiens, malgré l’entrée en jeu de Marco Verratti, n’ont pas su répondre au défi physique et tactique des Monégasques. LP/Frédéric Dugit
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La victoire de Monaco au Parc des Princes, dimanche soir, a impressionné les techniciens. Pas tant sur l'aspect offensif puisque l'ASM ne s'est procuré que trois véritables occasions pour deux buts marqués. Mais le plan de jeu imaginé par Niko Kovac, l'entraîneur croate, a impressionné Philippe Montanier l'ancien entraîneur de Valenciennes, Rennes, Lens ou la Real Sociedad. « L'organisation de Monaco a été quasi parfaite puisqu'ils sont arrivés à réduire les espaces et à fermer l'axe et les côtés. Dans ces conditions, il ne restait plus beaucoup de marge de manœuvre pour Paris », explique le technicien récemment remercié par le Standard de Liège.

Un système défensif hybride

Alors qu'un débat a existé sur le nombre de défenseurs alignés par le staff monégasque, Montanier livre son analyse. « L'ASM a fonctionné avec une défense à quatre mais Aguilar avait un rôle particulier, décrypte celui qui a débuté sur le banc de Boulogne. Il évoluait comme milieu excentré, mais lorsque le jeu se rapprochait des 16,50 m et que Kurzawa était très haut, il redescendait et Disasi prenait Mbappé. C'est un système assez hybride, mais Monaco est habitué cette saison à moduler son système en fonction des transitions. »

Mbappé isolé et limité

Kylian Mbappé a été muselé par les défenseurs monégasques très disciplinés./LP/Frédéric Dugit
Kylian Mbappé a été muselé par les défenseurs monégasques très disciplinés./LP/Frédéric Dugit  

La capacité de l'équipe du Rocher à réduire les espaces et à isoler Mbappé ont été des facteurs déterminants de la défaite parisienne. « Mbappé isolé, avec moins d'espaces, et surtout avec des prises à deux, cela limite tout de suite son champ d'action, estime l'ancien coach lensois. A Barcelone, il y avait plus d'espaces, et on sait combien l'espace est important pour faire la différence. Quand il y a moins d'espaces, vous êtes tributaires de vos talents individuels qui sont capables de faire la différence face à une défense renforcée, explique Philippe Montanier. Et avec un milieu de terrain composé de Gueye, Paredes et Herrera, Paris a manqué de créativité face à un bloc compact. On peut regretter les absences de Neymar et Di Maria sur ce match-là. Quand Verrratti est rentré, on a de toute de suite noté sa capacité à fixer, éliminer, et distribuer le jeu. C'est moins la qualité de Herrera, qui est plus un joueur box to box apte à se projeter vers l'avant. »

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Monaco en surnombre en attaque

En difficulté défensive sur les renversements de jeu des Monégasques, Paris a eu du mal à appréhender ces situations de jeu. « Avec son système, Monaco arrivait à attaquer à 3 dans l'axe (Ben Yedder, Diop et Volland), plus ses latéraux qui se projetaient très vite vers l'avant. Les centres d'Aguilar pouvaient ainsi être réceptionnés par Caio Henrique. L'ASM pouvait donc se retrouver avec cinq joueurs face à la défense à quatre du PSG », détaille Montanier.

Dans ces cas-là, les six joueurs à vocation défensive du PSG doivent glisser parfaitement sur les renversements à l'extérieur, ce que fait bien Liverpool avec ses 4 défenseurs et ses milieux de terrain. Les Reds maîtrisent bien la largeur, et ce sont les milieux défensifs qui arrivent pour défendre sur les côtés. Mais c'est dur de changer d'animation, car Paris normalement impose son rythme et son style. »

Un manque de mouvements et d'appels pour Paris

En tout état de cause, pour l'ancien gardien de but, ce n'est pas aux attaquants de couloir de réaliser ce travail de repli. « Ils sont capables de le faire. Kean l'a fait par moment, rappelle-t-il. Mais ils doivent garder de l'énergie pour attaquer. Même si certaines équipes font faire beaucoup d'efforts à leurs attaquants sur ce type de situations, et ça marche aussi. Mais Paris avait joué aussi dans la semaine (NDLR : face au Barça, 1-4). Non, ce qu'il a manqué au PSG face à ce type de défense, c'est plus de mouvement et de jeux d'appels. »