PSG : les ultras dans le flou après le départ de leur président Romain Mabille

Le Collectif Ultras Paris est actuellement absent des tribunes en raison du coronavirus mais vit une période agitée. Ce mercredi, Romain Mabille, président depuis sa création, a annoncé son départ surprise.

 Romain Mabille était à la tête du groupe Collectif Ultras Paris depuis 2016.
Romain Mabille était à la tête du groupe Collectif Ultras Paris depuis 2016. LP / Arnaud Journois

Le Collectif Ultras Paris et ses 3 000 membres n'ont plus de président depuis ce mercredi. Romain Mabille, nommé peu après la création du groupe au printemps 2016, a annoncé sa décision dans un message publié sur son compte Instagram. Le leader était l'interlocuteur privilégié du PSG depuis le retour des ultras au Parc des Princes, ce qui pose des questions pour la suite. Celles-ci portent sur les relations entre le CUP et le club, mais aussi sur la gestion interne de l'association qui agrège plusieurs groupes aux tendances différentes (LPA, K-Soce Team, Nautecia, Parias, Ultras Paname…).

« Je mets fin à ma présidence du CUP et à mes activités au sein de l'association, explique Romain Mabille dans son message. Depuis quelques semaines, j'avais déjà pris du recul. Je communiquerai plus tard sur les raisons de mon choix ainsi que sur ses conséquences. […] Il y a beaucoup de choses que je ne partage plus au sein du CUP et du PSG. Ma franchise et mes valeurs me poussent à faire ce choix. […] Je quitte la présidence la tête haute, en pouvant me regarder dans la glace, fier de mon bilan. »

Edinson Cavani, source de crispations

Romain Mabille n'a pas répondu à nos sollicitations. Des sources proches évoquent sa lassitude et l'impact du coronavirus qui a éloigné les ultras du stade, distendu les liens et rendu plus difficiles les échanges entre les groupes. Son entourage assure fermement que sa décision n'a rien à voir avec le récent procès en appel pour une bagarre entre ultras, début 2016, peu avant sa prise de fonction officielle à la tête du groupe. Le délibéré doit être rendu dans le courant de la semaine prochaine et Mabille qui plaide son innocence espère toujours être relaxé. Le PSG avait jusqu'ici continué de travailler normalement avec lui et la direction le considérait comme un interlocuteur de qualité.

Ce sont plutôt des divergences internes au CUP qui ont poussé le leader de la K-Soce Team à claquer la porte. L'épisode des banderoles déployées dans la capitale autour du Clasico a suscité des tensions. Contrairement aux usages de fonctionnement interne, elles n'avaient pas été débattues et validées collectivement par les ultras. La K-Soce Team n'a pas participé à cette action, qui a notamment suscité l'indignation de la ministre déléguée aux Sports. Au-delà des conséquences qu'il devait assumer, le leader était selon des échos internes surtout remonté contre le soutien apporté à Edinson Cavani. Le CUP était très divisé sur la question du Matador, idole du virage parti sans adieux. La décision unilatérale d'un groupe de lui tresser des louanges devant les Invalides aurait été la goutte d'eau de trop.

Un leader respecté

La plupart des leaders du CUP ont appris seulement ce mercredi le départ de Romain Mabille, tout comme le PSG, qui n'a pas souhaité faire de commentaire. La question de la succession se pose, sans qu'un successeur naturel ne saute aux yeux. A l'aise dans la communication, Mabille défendait publiquement un mouvement non-violent et compatible avec les engagements du club, tout en étant respecté au sein du groupe, même si des conflits avaient conduit au départ de plusieurs groupes. La privation de tribunes pour cause de Covid laisse au Virage Auteuil le temps de s'organiser.

Le bureau du CUP, qui rassemble ses leaders, devrait se réunir très rapidement, peut-être dès ce jeudi, pour désigner un nouveau président. Certains acteurs du mouvement espèrent que le nouveau leader sera intérimaire et que Romain Mabille reviendra sur sa décision d'ici à quelques mois.

Quoi qu'il en soit, l'identité du nouvel élu sera importante pour maintenir l'unité du CUP. Elle sera aussi cruciale lorsque les portes du stade se rouvriront pour rassurer le PSG et les pouvoirs publics sur le maintien d'une ligne de conduite toujours particulièrement surveillée, 10 ans après la guerre des tribunes qui avait conduit au plan Leproux.