PSG Handball : «Je suis saoulé qu’on ne prenne pas plus soin de nous», déplore Remili

A peine rentré du Mondial en Egypte avec les Bleus, le Parisien retrouve déjà le chemin de la compétition avec le PSG en Ligue des champions et déplore des cadences infernales.

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 Nedim Remili a déjà laissé la tunique de l’équipe de France pour revêtir celle du PSG, quelques heures seulement après le Mondial en Egypte.
Nedim Remili a déjà laissé la tunique de l’équipe de France pour revêtir celle du PSG, quelques heures seulement après le Mondial en Egypte. Icon Sport/Johnny Fidelin

Il est rentré lundi soir en début de soirée du Caire sans médaille autour du cou après le mondial terminé à la quatrième place. Mercredi, Nedim Remili était déjà à l'entraînement avec le PSG pour préparer le match de Ligue des champions ce samedi (20 heures, en direct sur BeIN Sports) en Hongrie face à Szeged. La vie d'un handballeur international offre des cadences démentielles avec un match tous les deux jours dans des compétitions majeures. « On se demande où on va, et dans quel état on va finir », s'interroge le gardien parisien Vincent Gérard, président du syndicat des joueurs. Son coéquipier au PSG Nedim Remili, le déplore aussi et craint le pire.

A force de jouer, n'en avez vous pas marre du handball ?

NEDIM REMILI. Non. Mais c'est même ça qui est chiant car j'aime trop mon sport pour en avoir marre. Pourtant quand je regarde ce qu'on nous fait vivre, c'est horrible. Si je ne suis pas saoulé de jouer au handball, je le suis qu'on ne prenne pas plus soin de nous.

Pourquoi est-ce horrible ?

Notre calendrier est démentiel. On joue tous les deux jours dans des compétitions aussi importantes qu'un Championnat du monde, une Ligue des champions, le Championnat de France avec une obligation de résultat aussi bien avec les Bleus que le PSG. Il n'y a donc aucun moment de répit avec les dangers que cela engendre.

Quels dangers courez-vous ?

Les blessures, parfois graves, qui peuvent briser ou ralentir une carrière. Elles font peur comme le burn-out que risquent aussi certains joueurs. Le handball est un sport de contact parfois violent. Les mecs sautent et il arrive trop souvent qu'ils retombent mal, se font un tendon d'Achille, une cheville ou un genou. A force de trop jouer, nos corps lancent des sonnettes d'alarme mais personne ne les écoute. C'est très triste.

Quel est le pouvoir des joueurs pour ralentir ce calendrier démentiel ?

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On ne peut rien faire. C'est une situation compliquée à gérer et qui est d'ailleurs ingérable pour nous les joueurs car notre voix ne compte pas. On avait mené un combat il y a deux ans pour alléger le calendrier et cela n'avait, hélas, rien donné.

Si vous étiez au pouvoir, que feriez-vous pour changer ça ?

Je peux concevoir que les institutions veuillent jouer chacune leur compétition. C'est important pour des raisons économiques et pour l'attraction de notre sport. Mais si un jour il n'y a plus de joueur, cela va poser des problèmes. Ça va péter parce qu'il va falloir que les joueurs choisissent leur club ou sa sélection. Il n'y a pas d'autre sport à part le nôtre qui agit comme ça. Il faut que tout le monde se mette autour d'une table pour régler ça.

Comment mentalement, faites-vous pour passer d'une compétition à une autre en quelques heures ?

A vrai dire, je ne sais pas par quelle magie on y arrive. Il n'y a juste pas le choix mais c'est dur. On a déjà fait ça au moment des fêtes en passant en quelques heures du Final Four de la Ligue des champions à un match en Serbie avec les Bleus. C'était déjà une étape compliquée et au retour du Mondial, on repart dans la même configuration. Il faut vite se retourner la tête, il n'y a pas d'autre solution.

Avez-vous eu le temps de vous reposer depuis le retour d'Égypte ?

J'ai croisé ma tante mardi qui m'a demandé si j'étais en vacances. Je lui ai répondu « oui, pendant 24 heures ! » Pour nous, une journée de repos, c'est comme un grand week-end et deux jours à la suite, ça ressemble à des grandes vacances.

D'ici les qualifications pour les Jeux en mars à Montpellier, vous allez disputer 10 matchs en club…

Je ne sais pas ce qu'ils veulent de nous. C'est aberrant. C'est un truc de ouf qui nous oblige à nous tuer physiquement et mentalement.

Qu'espérez-vous de la deuxième partie de saison ?

Le moins de blessures possible pour nous à Paris et dans tous les clubs. Pour le PSG, je veux continuer à aller chercher les titres et grandir. Je veux aller chercher la Ligue des champions qu'on convoite depuis si longtemps. On la touche souvent mais maintenant, il faut d'en saisir. Avec les Bleus, je veux nous qualifier pour les Jeux.

Comment se passe la semaine d'isolement imposée par la pandémie aux joueurs de retour du Mondial ?

Je ne sais pas si c'est une chance car finalement, si nous étions restés enfermés, j'aurais pu me reposer. Mais nous avons eu une dérogation spéciale. Nous avons une vie la plus normale possible compte tenu des restrictions imposées à tout le monde. En étant testés tous les deux ou trois jours, on doit évidemment faire attention pour le bien de tous et pour ne pas pénaliser l'équipe. Mais on peut sortir de chez nous et venir nous entraîner normalement.

Que vous reste-t-il du Mondial égyptien ?

Nous ne sommes pas contents car nous n'avons pas réussi à aller chercher cette troisième place qui était importante. Mais il engendre beaucoup d'espoirs pour la suite. Cela a été un Mondial rassurant.