PSG : déjà battu six fois en Ligue 1, Paris peut-il perdre le titre ?

Et si Paris n’était pas champion de France ? Avec six défaites au compteur et du retard sur Lille et Lyon, le club de la capitale étale ses fragilités. Et juste derrière, Monaco, meilleure équipe en 2021, déboule.

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 Parc des Princes, le 21 février. La défaite du PSG contre Monaco (0-2) confirme l’incapacité des Parisiens à aligner les efforts et les résultats.
Parc des Princes, le 21 février. La défaite du PSG contre Monaco (0-2) confirme l’incapacité des Parisiens à aligner les efforts et les résultats. LP/Frédéric Dugit
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Le doute est permis. Au classement, aucun drame ne s'annonce. A quatre points de Lille, à une longueur de Lyon et avec encore deux d'avance sur Monaco, le PSG conserve toutes les chances de se succéder à lui-même pour récolter son dixième titre de champion de France. Il reste 36 points à glaner, largement de quoi rattraper son retard.

Mais il y a la dynamique, le jeu, le calendrier et les statistiques pas franchement en faveur du club parisien. Aucun sacre du PSG sous pavillon qatarien n'est intervenu après six défaites, son total actuel. Monaco s'impose, elle, comme l'équipe qui a pris le plus de points en 2021 (25 sur 27), devant Lille (22), le PSG et Lyon étant ex æquo (19), fermant la marche dans ce match à quatre qui fera un grand perdant, éliminé d'une place en Ligue des champions.

En championnat, Mauricio Pochettino, deux ratés en neuf journées, n'a pas inversé la courbe laissée par son prédécesseur. Thomas Tuchel a été limogé au terme de 17 journées et de quatre défaites. Le rythme semble le même : en gros, tous les quatre-cinq matchs, Paris perd. Dans quatre journées, il va à Lyon et, dans cinq, il reçoit Lille. Bon courage!

Il y a ceux qui ont voulu banaliser les titres de champion de France du PSG ces dernières années en ne retenant qu'une puissance, celle du porte-monnaie plus garni que chez la concurrence. C'est oublié que, bien souvent, les partenaires de Thiago Silva imposaient leur loi grâce à un jeu léché, mêlant esthétique et efficacité. Sur le terrain, Paris impressionnait et ne laissait personne lui mordre les mollets.

Désormais, les roquets attaquent, conscients que ce Paris-là n'a plus rien d'un ogre cette saison. Dimanche soir, Jocelyn Gourvennec, l'ancien entraîneur de Guingamp et Bordeaux, aujourd'hui consultant pour Canal +, a noté que le PSG a « joué sur un faux rythme ». « Les joueurs parisiens ont pensé que le temps allait jouer pour eux mais ils n'ont jamais trouvé le bon tempo, constate l'ancien milieu de terrain. Ils ont tellement peu accéléré le jeu par des passes qu'ils n'ont jamais été en mesure de s'offrir les espaces nécessaires pour attaquer. »

Ce match reflète en quelque sorte sa saison cahotante. Depuis septembre, il n'a jamais été capable de produire l'accélération nécessaire pour mettre ses adversaires à distance et profiter d'un peu de répit en attendant les échéances européennes. A présent, il n'a plus le choix : mener de front le sprint final en Ligue 1 tout en poursuivant son parcours le plus loin possible en Ligue des champions. Paris est décroché et les étapes de montagne arrivent.

OUI. «La couronne de Paris vacille»

Dominique Sévérac, reporter au pôle sports

Comme le dit Marco Verratti, « cela commence à faire beaucoup ». Lapalissade : un champion se détermine par son nombre de victoires. Moins connu : un champion se connaît aussi par son total de défaites. Paris en compte six depuis dimanche soir, son pire bilan de l'ère QSI. Il faut remonter à l'édition 2010-2011 pour trouver trace d'une telle débandade en Ligue 1. Il y a dix ans, c'est le Lille de Rudi Garcia qui a glané le titre, deux menaces qui rôdent toujours dans la galaxie parisienne.

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Lille est en tête et l'entraîneur officie à Lyon, deuxième. C'est d'ailleurs l'un des gros problèmes pour Marquinhos et consorts : le danger vient de partout. La couronne de Paris vacille sous le poids non pas d'un gros concurrent comme Montpellier en 2012 ou Monaco en 2017 mais de plusieurs. Six défaites et il reste douze journées mais bien plus de matchs. Une qualification espérée en Ligue des champions peut conduire à de nouvelles décompressions et de nouvelles désillusions en championnat.

C'est de la spéculation mais il existe aussi le réel. Le PSG n'a pris qu'un point sur douze possibles face aux trois premiers. Et il reste encore deux matchs face à ses concurrents directs avec le déplacement à Lyon le 21 mars et la réception de Lille le 4 avril. Ces quinze jours-là vont déterminer en grande partie le classement final. Et rien n'indique que ce sera plus dur à l'extérieur qu'au Parc : les six revers sont répartis équitablement avec trois à domicile et trois en voyage. Vraiment, cette saison, on ne sait plus sur quel pied danser avec ce PSG, plein de fragilités.

Mauricio Pochettino sur le banc du PSG dimanche au Parc des Princes./LP / Frédéric Dugit
Mauricio Pochettino sur le banc du PSG dimanche au Parc des Princes./LP / Frédéric Dugit  

NON. «Il y a l'orgueil du champion»

Frédéric Gouaillard, reporter au pôle sports

A douze journées de la fin du championnat, et avec 4 points de retard sur le leader lillois, le PSG n'a plus beaucoup de jokers dans son jeu. Voire même aucun. Pour espérer remporter son dixième titre de champion de France, les joueurs de Mauricio Pochettino vont devoir réaliser un sans-faute ou quasi. Ils ont les moyens de se mettre à la hauteur de l'événement, comme ils l'ont prouvé cette saison à Barcelone (4-1), et avant face à Leipzig (1-0) ou Manchester United (3-1). Il leur manque simplement la constance dans l'effort et les résultats.

Pour atteindre leurs objectifs, ils vont pouvoir compter sur les retours prochains à la compétition de Di Maria puis de Neymar. Si leurs absences ne se sont pas faite ressentir au Camp Nou, les deux Sud-Américains n'en restent pas moins des joueurs déterminants surtout face aux défenses resserrées de Ligue 1. Avec eux, Paris gagne en variété, et en qualité. Tout ce qu'il a manqué face à Monaco, et dont Paris aura besoin contre Lyon et Lille entre autres.

Plus les jours passent, plus le discours et la méthode Pochettino vont imprégner ce groupe. On a vu les premiers effets face au Barça, et il n'y a pas de raisons que, sur la durée, les préceptes du nouvel entraîneur argentin ne fonctionnent pas dans le championnat français. Enfin, l'orgueil du champion qui voit son trône vaciller et possiblement la Ligue des champions lui échapper, n'est pas un élément neutre. Surtout quand il s'agit de joueurs de la dimension de Navas, Marquinhos, Neymar ou Mbappé. Ceux-ci ne peuvent se résigner à se voir ôter leur couronne sans sourciller. »