PSG : critiques contre Tuchel, analyses percutantes... Rabesandratana, l’opposant amoureux

L’ancien capitaine du PSG commente les matchs de son ancienne équipe avec passion sur France Bleu Paris. Il s’agace de plus en plus des choix sportifs de Thomas Tuchel, qu’il remet en cause.

 « C’est toujours l’amoureux du PSG qui parle », assure Eric Rabesandratana, consultant pour France Bleu Paris.
« C’est toujours l’amoureux du PSG qui parle », assure Eric Rabesandratana, consultant pour France Bleu Paris.  LP/Frédéric Dugit

Les supporters du PSG adorent le rendez-vous. Les soirs de matchs, ils allument France Bleu Paris, où ils retrouvent les analyses percutantes d'Eric Rabesandratana, consultant pour la maison depuis cinq ans. L'ancien milieu et parfois défenseur de Mons et Châteauroux a débuté sur les ondes dans le même rôle sur France Bleu Sud Lorraine à commenter les sorties de son premier club pro, Nancy. « Il y a un lien plus fort avec le PSG. Sa place dans mon cœur est importante. Je suis d'ici au départ », confie le natif d'Epinay-sur-Seine. 48 ans plus tard, il vit toujours en région parisienne, qu'il quitte parfois pour retrouver son fils de trois ans et demi à Nancy.

Dans le poste, il crie, il s'emballe, il s'enflamme ou l'angoisse l'étreint si la rencontre tourne au vinaigre. Le 6 mars 2019, alors que Paris reçoit Manchester United en 8e de finale retour de la Ligue des champions, il s'enfonce petit à petit sur son siège de consultant au Parc des Princes, jusqu'à disparaître de l'antenne.

« Je me sentais mal tellement je suis dedans », assure-t-il devant les locaux de la radio, masqué et en doudoune ouverte sur un tee-shirt, décontracté dans son pantalon camouflage. « C'est toujours l'amoureux du PSG qui parle, égrène-t-il. Je suis un vrai supporter du club, plus exigeant encore qu'un vrai supporter au stade parce que j'ai porté le maillot. Je suis tellement passionné que parfois j'ai du mal à prendre du recul. »

Eric Rabesandratana a porté les couleurs du PSG de 1997 à 2001 et a même porté le brassard./LP/Olivier Lejeune
Eric Rabesandratana a porté les couleurs du PSG de 1997 à 2001 et a même porté le brassard./LP/Olivier Lejeune  

Sur les réseaux sociaux, les fans parisiens approuvent le personnage, qui n'en est pas un. Rabesandratana ne joue aucun rôle. Il laisse fuiter ses émotions en même temps qu'il s'attache à contextualiser les performances de chacun. « Je suis assez franc et honnête, souffle-t-il Je ne suis pas là pour plaire à tout le monde mais pour essayer d'être le plus juste possible. »

«Est-ce qu'on continue encore longtemps avec Tuchel ?»

Depuis plus d'un mois, ses foucades à l'encontre de Thomas Tuchel lui valent une sympathie supplémentaire alors que l'entraîneur allemand lasse une partie de la galaxie PSG. « Je suis énervé parce que je ne comprends pas ses décisions, concède-t-il en élevant le niveau sonore. Il n'y a aucune logique sportive. Il a perdu Thilo Kehrer pour plusieurs mois lors de PSG-Rennes (le 7 novembre). Il nous dit qu'il était obligé de l'aligner. Ce n'est pas vrai. Il y avait Colin Dagba sur le banc et Alessandro Florenzi aurait pu reculer alors qu'il avait été titularisé devant. C'est une faute de l'entraîneur! Ce n'est pas possible dans une gestion de groupe de mettre Danilo Pereira en défense et Marquinhos au milieu! Je lui en veux parce que je suis du côté du club, pour qu'il gagne. Je n'ai rien contre Tuchel, que je ne connais pas mais ça m'agace qu'il traite le club comme ça. »

Sur Twitter, ses diatribes peuvent monter de volume, « Rabe », son surnom, n'hésitant pas à se lâcher. « Ce mec rigole de nous », écrit-il après Rennes et l'analyse de Tuchel sur le positionnement de Kurzawa arrière droit. Quelques jours plus tôt, il avait lancé en l'air cette question : « Est-ce qu'on continue encore longtemps avec Tuchel ? C'est juste une question ! »

En 2018 aux côtés de Bernard Mendy, son ancien coéquipier./Icon Sport
En 2018 aux côtés de Bernard Mendy, son ancien coéquipier./Icon Sport  

Il a sa réponse. « Je ne suis pas catégorique, il peut encore changer même si en deux ans, il n'y a eu aucune évolution de l'équipe. Son coaching, avec des remplacements à la 80e, est souvent catastrophique. L'identité de jeu n'existe pas. C'est un entraîneur qui s'adapte à ses deux stars, Neymar et Mbappé, trois avec Di Maria, sans avoir trouvé de collectif autour. La finale de la Ligue des champions? On a vu des valeurs collectives lors du Final 8 de Lisbonne. Mais est-ce Tuchel qui les a mises en place ou les joueurs, soudés dans leur bulle pendant quinze jours au Portugal, sans possibilité de s'éparpiller? Je me pose la question. » Sous le masque, Eric Rabesandratana affiche le visage de l'amoureux insoumis.