PSG-Basaksehir : pour SOS Racisme et Sportitude France, c’était bien du racisme

Les deux associations se sont émues ce vendredi que l’enquêteur de l’UEFA n’ait pas retenu de connotation de cette nature dans les propos de l’arbitre à l’encontre d’Achille Webo.

 Au lendemain des incidents avec l’arbitre assistant, les joueurs des deux équipes avaient pris la pose, ensemble, pour dénoncer le racisme.
Au lendemain des incidents avec l’arbitre assistant, les joueurs des deux équipes avaient pris la pose, ensemble, pour dénoncer le racisme. LP/Arnaud Journois

SOS Racisme et Sportitude France s'inscrivent en faux contre les conclusions de l'enquêteur disciplinaire de l'UEFA qui concluent à l' absence de connotation raciste dans les propos tenus par un arbitre lors du match de Ligue des champions PSG-Basaksehir au Parc des Princes le 8 décembre. Une rencontre interrompue au bout de 13 minutes à la suite des propos de ce 4 e arbitre à l'encontre d'Achille Webo, le coach adjoint du club turc. Ce dernier avait été meurtri d'être désigné comme « le noir » en roumain (« negru ») par un des arbitres de la rencontre, en l'occurrence l'arbitre assistant, Octavia Sovre.

Les deux associations qui étaient déjà montées au créneau après les incidents au Parc des Princes font valoir leur point de vue dans un communiqué publié ce vendredi, dans lequel elles s'étonnent d'« une décision simpliste qui renvoie à un déni du racisme dans le football », alors que « cet incident et la réaction sans précédent des joueurs ont révélé un problème lancinant et récurrent dans le football ».

«On ne désigne pas un individu par son origine ou sa couleur de peau»

Premier constat selon elles : « Il est important de bien comprendre qu'on ne désigne pas un individu, verbalement ou physiquement, par son origine ou sa couleur de peau. » Les signataires redoutent qu'après l'indignation unanime et mondiale soulevée par l'affaire, on assiste à un enterrement de première classe.

« Pour la première fois, les principaux acteurs du football et notamment les joueurs du Paris Saint-Germain et Basaksehir, dont nous saluons l'acte courageux, ont manifesté une volonté de lutter contre le racisme. SOS Racisme et Sportitude France ne peuvent donc pas envisager que l'UEFA et sa commission de discipline prennent une décision contraire à cet élan. » Et de formuler un espoir : « Nous osons croire que la décision qui sera rendue par la commission de discipline dans les prochains jours sera à la hauteur de la prise de conscience mondiale qu'a généré cette affaire. »

L'UEFA avait ouvert ce mercredi un cas disciplinaire à l'encontre de Sébastian Coltescu, le quatrième arbitre roumain de la rencontre PSG-Istanbul Basaksehir, et de l'arbitre assistant Octavian Sovre.

Pas de racisme, mais des poursuites quand même ?

L'enquêteur disciplinaire de l'UEFA a remis ce jeudi son rapport dans lequel il indique que le 4e arbitre n'aurait pas tenu des propos à connotation raciste. Mais dans le même temps, il enjoint l'instance européenne d'engager des poursuites contre deux des arbitres pour « une violation potentielle » de l'article 11 du règlement de l'instance ayant trait aux « principes généraux de conduite » et qui proscrit les injures.

Dans ses conclusions toutefois, l'enquêteur n'invoque pas l'article 14 qui porte justement sur « les conduites racistes ou discriminatoires ».

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La commission de discipline de l'instance européenne qui tranchera in fine sur la base de ce rapport, pourrait aussi ne pas suivre ses recommandations et estimer que les propos étaient bien à caractère raciste. La décision est attendue dans deux à trois semaines.