PSG-Angers : «On peut toujours avoir une idée en tête», confie Stéphane Bahoken

Au sein d’une formation angevine en déplacement au Parc des Princes ce vendredi soir, l’attaquant international camerounais représentera la principale menace offensive pour les Parisiens.

 Stéphane Bahoken ne se fait pas une montagne du déplacement au Parc des Princes.
Stéphane Bahoken ne se fait pas une montagne du déplacement au Parc des Princes. Icon Sport/Alexandre Dimou

Tournant le dos à un précédent exercice perturbé par les blessures, Stéphane Bahoken déborde d'envie en ce début de saison. Déjà auteur de deux buts, le puissant attaquant angevin de 28 ans, souvent à son avantage face aux grosses écuries, ne s'émeut guère du déplacement à Paris, ce vendredi soir (21 heures). Il évoque cette actualité, explicite ses ambitions, mais pas seulement.

Ça vous ôte de la pression de vous déplacer au Parc des Princes en possédant, déjà, 9 points en 3 matchs ?

STÉPHANE BAHOKEN. On connaît l'importance des points pris en début de saison. Cette entame plutôt positive apporte de la confiance au groupe. On aborde ce match à Paris avec davantage de sérénité. On est, je pense, plus libérés.

Les succès de Lens et de Marseille face au PSG vous donnent-ils des idées ?

En ce moment, Paris paraît un peu moins effrayant, mais ses victoires à Nice et Reims sont là pour tempérer cette impression. On peut toujours avoir une idée en tête et se persuader qu'il y a quelque chose à faire. Le foot a ceci de génial qu'il peut se produire des choses inattendues.

Icardi a longtemps été en panne de réalisme avant son doublé à Reims. Quel regard portez-vous sur lui ?

Il a un registre particulier. Ses buts semblent faciles, mais ils réclament, au préalable, un vrai travail préparatoire. Il est souvent très bien placé. C'est inné chez lui, même s'il vient, comme beaucoup d'autres buteurs avant lui, de connaître de longues semaines de disette. Il me rappelle un peu Pippo Inzaghi

Il a succédé à Edinson Cavani, l'un de vos modèles…

C'était le joueur que j'admirais le plus en Ligue 1. A Paris, ça n'a jamais été facile pour lui : chaque année, il devait prouver alors qu'on savait tous que c'était un grand attaquant. Il reste tout le temps droit, il se livre à fond et c'est quelque chose qu'il faut admirer. Beaucoup de joueurs baisseraient les bras. Mais lui, malgré la pression médiatique, il donne toujours le meilleur de lui-même. Il demeure un exemple pour nous tous.

A titre personnel qu'attendez-vous de cette saison ?

J'espère, déjà, être épargné par les blessures afin de pouvoir enchaîner les rencontres, comme lors de la première saison à Angers et me montrer décisif. Si je suis venu ici, c'est pour être le leader de l'attaque. Je veux aider l'équipe à se maintenir, c'est l'objectif principal. J'ai une marge de progression certaine pour devenir davantage tueur devant le but. Je me procure, souvent, deux ou trois occasions par match. Je travaille aux entraînements pour réduire mon déchet dans la finition.

En quoi la modification de vos habitudes alimentaires, voici près d'un an, a-t-elle influé sur vos performances ?

En novembre 2019, quand j'étais blessé à l'ischio-jambier gauche, j'ai regardé « The Game Changers », un documentaire produit entre autres par Jackie Chan et Arnold Schwarzenegger, orienté mais saisissant, qui raconte comment améliorer ses performances avec des repas plus verts et moins riches en protéines animales. Et j'ai eu le déclic. Avec le temps, je me rends compte que je n'ai pas besoin de manger de la viande, ou alors une à deux fois par mois. Et que même sans, je me sens bien dans mon corps. Je finis mon repas rassasié mais léger. Je me sens moins ballonné. Après les rencontres, j'ai une meilleure capacité de récupération.

Et dans votre jeu ?

Sur le terrain, je me sens plus affûté, plus rapide et plus vif.

Stephane Bahoken a déjà trouvé le chemin des filets à deux reprises cette saison en Ligue 1./Icon Sport
Stephane Bahoken a déjà trouvé le chemin des filets à deux reprises cette saison en Ligue 1./Icon Sport  

Stéphane Moulin est l'entraîneur avec la plus grande longévité dans les 5 grands championnats. Comment l'expliquez-vous ?

Ça ne me surprend pas. Avec lui, le club progresse année après année. Dans le jeu déjà. En Ligue 1, ensuite, depuis 3 ans notre classement s'améliore chaque saison. Son travail est reconnu, apprécié. Il connaît, en plus, ce club comme sa poche. Il y a été formé avant d'y jouer, puis d'y entraîner la réserve. Pour les nouveaux arrivants, sa présence rassure. Quand j'étais en discussion pour rejoindre Angers, son discours a fini de me convaincre.

Angers a été agité par de nombreux soubresauts internes ces derniers mois. Le groupe a-t-il été fragilisé ?

Quand le club a été secoué par ces problèmes extra-sportifs, des joueurs ont pu s'interroger. On est des êtres humains. On s'est posé des questions, mais on a essayé de rester professionnels. Le coach est d'ailleurs venu dans le vestiaire pour nous parler et nous demander de nous focaliser sur le groupe et le terrain.

Votre père, Paul, ancien joueur professionnel a beaucoup compté dans votre carrière. Continue-t-il à vous conseiller ?

Bien sûr. Il a toujours guidé mes pas. Aujourd'hui, encore, il analyse tous mes matchs avant de m'appeler. Il ne me ménage pas et se montre cash et franc dans ses analyses. Quand j'étais plus jeune et que je fréquentais le groupe pro à Nice, il m'a appris à ne pas être impatient. Avec son vécu, il savait que je devais grandir et apprendre auprès des autres avant d'espérer avoir ma chance. Lorsqu'il m'arrive de traverser des périodes de doute, où je ne marque pas, mon père sait trouver les mots justes pour m'encourager et me motiver en actionnant les bons ressorts. Quand tout va bien, il m'en demande encore plus.

Vous n'avez pas été retenu par Toni Conceiçao, le sélectionneur du Cameroun, pour le match amical face au Japon le 9 octobre. Vous comprenez cette décision ?

Pas trop. Mais ce sont les choix du sélectionneur. Je joue, je me prépare bien et je suis décisif. Je dois maintenant l'être encore plus avec Angers pour figurer dans la prochaine liste. La seule réponse que je peux lui donner, ce sera sur le terrain. Je n'ai plus été appelé depuis la fin de la CAN 2019 (NDLR : il compte 10 sélections et 3 buts). Je vais continuer à tout donner pour l'équipe et peut-être qu'il me donnera ma chance à l'avenir.

Quelle peut être la place des sportifs dans le combat contre le racisme porté, cet été aux Etats Unis, par le mouvement Black Lives Matter ?

On doit s'unir, se lever et utiliser notre notoriété pour dénoncer toutes les formes de discrimination. Pas seulement le racisme contre les noirs. Il ne faut pas hésiter, non plus, à se servir des réseaux sociaux pour véhiculer notre message et sensibiliser le plus de monde à cette cause.

Avez-vous été déjà personnellement victime du racisme sur le terrain ou en dehors ?

Non franchement jamais.