OM-PSG : les fans olympiens toujours en colère, le dispositif de sécurité renforcé

Une semaine après leur irruption au centre d’entraînement, les supporters phocéens sont placés sous haute surveillance avant le clasico, ce dimanche.

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 Habitués des démonstrations de force (comme ici face à l’OL en 2019), les ultras marseillais doivent faire face, cette fois, à la contrainte du couvre-feu.
Habitués des démonstrations de force (comme ici face à l’OL en 2019), les ultras marseillais doivent faire face, cette fois, à la contrainte du couvre-feu. AFP/Sylvain Thomas
Ligue 1 Uber Eats

Cette fois-ci, ils étaient les bienvenus à la Commanderie. Une semaine après une violente intrusion, et à la veille du clasico OM-PSG de Ligue 1, ce dimanche soir (21 heures, Canal +), les groupes de supporters de l'Olympique de Marseille ont été officiellement reçus ce samedi dans un centre d'entraînement gardé par de très nombreux policiers. La veille, la direction du club phocéen avait écrit aux groupes pour renouer le dialogue.

Les fans ont répondu qu'ils ne voulaient parler qu'aux joueurs. Ces derniers « ont accepté sans hésiter », relate une source proche du vestiaire, qui assure que « la rencontre s'est très bien passée, dans une logique d'apaisement. » D'autres sources évoquent, tout de même, des discussions viriles et de sévères reproches, notamment envers Florian Thauvin, Dimitri Payet ou Dario Benedetto. Cette réunion suffira-t-elle à éviter tout débordement, ce dimanche soir, autour du clasico? « Logiquement, tu ne t'en prends pas à des mecs avec qui tu as discuté la veille », espère-t-on à l'OM. Chez les South Winners, on confirme : « On reste en colère contre la direction, mais on soutient les joueurs avant un match aussi important. »

Les autres groupes seront-ils sur la même ligne? Le Commando Ultra 84 a refusé de participer à cette rencontre, « téléguidée » par la direction, selon l'un d'eux. Le groupe ne digère pas les derniers propos de Jacques-Henri Eyraud, qui a notamment fustigé « l'OM des magouilles » (et, sous-entendu, de Bernard Tapie). Après les débordements à la Commanderie, les Ultras craignent « un plan Leproux à la marseillaise. » Samedi dernier, la préfète de police a assuré qu'elle n'hésiterait pas à dissoudre certains groupes. Lundi, la justice a été sévère avec les 14 supporters interpellés à la Commanderie : huit d'entre eux ont été placés en détention provisoire, malgré des casiers judiciaires minces ou inexistants. Jeudi, les locaux des Ultras, comme ceux des Winners, ont été perquisitionnés par la police, qui se demande qui sont les instigateurs du coup de force de samedi dernier. « Le sentiment des Ultras, c'est le dégoût », commente un bon connaisseur du groupe. les téléphones ont chauffé ce week-end, et certains membres évoquent une nouvelle action.

«L'horaire du match, bien après le couvre-feu, permet d'espérer qu'il ne se passera rien»

Les forces de l'ordre espèrent que cette menace qui plane au-dessus des supporters les dissuadera de manifester en nombre ce dimanche. « Ça doit les faire réfléchir, ironise une source policière. Il y aura de toute façon un très gros dispositif de sécurité et l'horaire du match, bien après le couvre-feu, permet d'espérer qu'il ne se passera rien. » Environ 400 policiers seront mobilisés, cinq fois plus que pour OM-Nîmes, par exemple.

Les bus des deux équipes seront « lourdement escortés », indique la préfecture de police : « L'objectif sera de fluidifier le parcours pour éviter que les bus ne s'arrêtent, ce qui est le plus gros risque. » Des policiers seront aussi en patrouille pour « détecter et disperser » d'éventuels rassemblements.

Comme toujours, les itinéraires pourront être modifiés à la dernière minute, ce qui n'avait pas empêché les caillassages des bus lyonnais en 2019 ou du bus parisien en 2016. A huis clos et en plein couvre-feu, le contexte n'est plus le même. « Je ne suis pas trop inquiet, conclut Guy Cazadamont, qui a été responsable de la sécurité de l'OM pendant trente ans. La manifestation de samedi dernier a eu un impact très fort, je ne vois pas ce que les supporters peuvent faire après ça. »