«Neymar rejoue le malade ordinaire» : la chronique de Dominique Sévérac

La réception de Nice, ce samedi (17 heures), constitue pour Paris la dernière répétition avant le choc à Barcelone trois jours plus tard. Dans les deux cas, ce sera sans Neymar, la star inclassable, à nouveau blessée et à l’hygiène de vie sujette à interprétations.

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 Dominique Sévérac, grand reporter au service des sports du Parisien-Aujourd’hui en France.
Dominique Sévérac, grand reporter au service des sports du Parisien-Aujourd’hui en France. LP/Philippe Lavieille
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A quatre jours de Barcelone, c'est l'heure de la répétition générale, un PSG-Nice hivernal et diurne. Avant 18 heures, il couve le feu parisien, prêt à embraser les Aiglons, avant d'enflammer Barcelone mais plus tard, mardi et après 21 heures. Les footballeurs ont toutes les permissions de minuit, parfois trop d'ailleurs, à l'instant où Neymar vient de nous offrir à nouveau le côté face de sa fameuse pièce, le malade ordinaire. Pile, il est génial; sinon il est à l'infirmerie et il n'existe aucun monde où il puisse faire les deux en même temps. Le PSG est suspendu depuis trois ans et demi à sa réalité binaire, profitant essentiellement de lui contre Dijon et rarement contre les grands d'Europe.

Pour comprendre, il faudrait aller aux anniversaires de la star brésilienne, vérifier le contenu des verres, regarder l'heure du coucher, compter les pas de danse sur des rythmes « sertanejo », la country brésilienne sur des paroles mélancoliques. Ce n'est pas qu'on n'aime pas la discudanse - se coller aux autres tout en parlant - ni qu'on n'est pas curieux mais on ne devrait pas s'interroger sur sa vie nocturne.

On ne devrait pas avoir à l'imaginer ou la fantasmer. Elle devrait posséder son propre storytelling, celle d'un champion qui se donne toutes les armes pour réussir et durer. C'est ce que nous vend toute la journée Cristiano Ronaldo et on y croit car le Portugais demeure un animal sur les terrains. Messi ne raconte rien de particulier mais comme il est très peu blessé, il répand l'idée d'un footballeur à l'hygiène irréprochable. Neymar, capable de s'afficher avec une bière au bord de la piscine et un petit bidon sur les plages de Rio, confie à la télévision française qu'on ne le changera pas, qu'il aime la fête et l'aimera toujours. C'est d'abord par ce qu'il dit et donne à voir de lui que le doute sur son comportement de sportif de haut niveau est permis le concernant.