Mercato : le PSG se serre la ceinture… mais pas trop

Le club parisien vient de vivre son troisième mercato estival le moins dépensier derrière les marchés de 2014 et 2018.

 Malgré les récents reproches de son entraîneur Thomas Tuchel, Leonardo a réussi a bouclé un mercato malin dans les dernières heures du marché des transferts.
Malgré les récents reproches de son entraîneur Thomas Tuchel, Leonardo a réussi a bouclé un mercato malin dans les dernières heures du marché des transferts.  AFP/Franck Fife

Cher été 2017. Il est loin ce temps où le PSG, sous la houlette du directeur sportif Antero Henrique, s'offrait Neymar et Mbappé, et déboursait la coquette somme de 418 millions d'euros pour son mercato estival. On peut même affirmer que le club de la capitale continue de subir les effets de ces acquisitions très onéreuses (402 millions d'euros pour ses deux stars française et brésilienne) en même temps qu'il subit de plein fouet les effets de la crise sanitaire du Covid-19.

« Aujourd'hui, tout le monde sait que la crise existe et le fair-play financier aussi. Sans revenu, on ne peut pas dépenser. On a près de 100 millions de revenus en moins, avançait Leonardo, le directeur sportif parisien, vendredi soir. C'est facile de comprendre ça. Il y a des entreprises qui ferment, c'est ça le moment actuel. »

Confronté à des difficultés économiques, le PSG vient donc de vivre un marché estival relativement sage. Mais si l'on y regarde de plus près, on constate qu'avec environ 64 millions d'euros dépensés, il s'agit du troisième mercato le moins onéreux du club depuis son rachat par le Qatar en 2011. Si les champions de France ont dû avoir recours à des prêts payants pour boucler leur effectif – Alessandro Florenzi, Moise Kean et Danilo Pereira sont arrivés dans ce cadre –, les 50 millions d'euros (hors bonus) versés à l'Inter Milan pour recruter définitivement Mauro Icardi ont pesé lourd dans la balance des paiements.

Moins d'économies qu'en 2014 ou 2018

Lundi soir, le PSG a obtenu la signature de l'Hispano-Brésilien Rafinha, milieu de Barcelone, mais cette fois-ci dans le cadre d'un transfert libre. Ces montages, et les 50 millions d'euros d'Icardi disent aussi que le PSG n'était pas totalement exsangue lors de cette période de recrutement, même s'il avait pu provisionner cette somme depuis le mois de septembre 2019.

Mercato : le PSG se serre la ceinture… mais pas trop

Paris s'est donc serré la ceinture cette année mais moins qu'en 2014 et en 2018, les deux étés où le club était en partie empêché. Il y a six ans, il venait juste d'être sanctionné par le fair-play financier de l'UEFA, et son enveloppe en matière de transferts avait été considérablement réduite. Le club ne pouvait débourser au-delà d'une somme maximale d'un montant de 60 millions d'euros pour le recrutement d'un seul joueur. A l'époque, les dirigeants parisiens avaient investi 50 millions d'euros sur David Luiz, le défenseur brésilien acheté à Chelsea. Tout autre achat était ensuite conditionné à la vente de joueurs de l'effectif et à la présentation d'un solde positif.

En 2018, c'est l'année des vaches maigres, et le mercato le moins onéreux du PSG version Qatar avec 42,5 millions d'euros sortis des caisses pour s'attacher les services de Kehrer, Bernat, Choupo-Moting et Buffon. Les deux derniers débarquent gratuitement à Paris, alors que les champions de France « paient » toujours les transferts de Neymar et Mbappé avec plus de 80 millions d'euros à débourser chaque année, correspondant à l'amortissement annuel des frais de transfert. À cette époque, la direction parisienne est contrainte de vendre pour pouvoir recruter, et elle ira jusqu'à céder pour 145 millions d'euros d'actifs de joueurs lors d'un été particulièrement prolifique.

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C'est ce que n'a pas réussi à faire Leonardo cette année, puisque seule la vente de Loïc Mbe Soh à Nottingham Forest (D2 anglaise) a rapporté aux alentours d'1 million d'euros. C'est peu et c'est surtout reculer pour mieux sauter. À moins que le PSG ne prévoie une grosse vente avant le 30 juin 2021, il va devoir reporter ces cessions au mois de janvier prochain. Et cette fois-ci, des joueurs comme Idrissa Gueye, directement concurrencé par l'arrivée de Danilo Pereira, voire Julian Draxler pourraient être plus clairement poussés vers la sortie.