Lorient-PSG (3-2) : trois questions pour un fiasco

Mauricio Pochettino a connu à Lorient son premier revers avec le PSG. Si l’entraîneur argentin évoque un «accident», la responsabilité semble partagée entre des joueurs totalement dépassés et un staff technique impuissant.

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 Paredes la tête basse, Neymar un genou à terre et Kimpembe grimaçant… les Parisiens ont sombré à Lorient ce dimanche, récoltant une défaite parfaitement logique.
Paredes la tête basse, Neymar un genou à terre et Kimpembe grimaçant… les Parisiens ont sombré à Lorient ce dimanche, récoltant une défaite parfaitement logique. LP/Olivier Arandel
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Pour Mauricio Pochettino, il s'agit d'un premier « accident », selon le terme employé par l'Argentin en conférence de presse. Pour le PSG, la défaite surréaliste de ce dimanche à Lorient (3-2) prend plutôt des airs de carambolage dont la responsabilité se partage entre des joueurs et un entraîneur rendus muets par la pluie et l'envie bretonne. Le nouveau coach parisien vit ses premiers remous dans la capitale. Pas sûr toutefois qu'il s'attendait à ce scénario lorientais.

La défaite est-elle méritée ?

Sans aucun doute, oui. Dès le coup d'envoi de la rencontre, l'écart au classement entre Lorient (19e) et le PSG (1er) s'est évaporé. La faute, avant tout, à des Bretons bien préparés. « J'avais demandé à mes joueurs de prendre des risques dans la sortie du ballon. Je leur donne la note de 10 sur 10 », se félicite l'entraîneur des Merlus Christophe Pélissier. Impossible toutefois de ne pas noter le manque d'allant et d'inventivité des Parisiens. Comment Neymar, Mbappé, Icardi et Di Maria peuvent-ils proposer une performance aussi pauvre? Si l'un a le droit de passer à côté, il reste étrange de voir le quatuor entier manquer autant de passes, de combinaisons et se tromper à ce point dans le jeu.

Paris sait pourtant toujours s'en sortir. Neymar, même en demi-teinte, conserve ce pouvoir enivrant pour les défenseurs sur n'importe quelle accélération. Sa maîtrise parfaite de l'exercice technique du pénalty (deux réussis ce dimanche, 20 sur 21 avec le PSG) reste un modèle. A 2-1, lui et ses coéquipiers auraient dû sécuriser un succès chanceux mais précieux. Au contraire, ils ont laissé Lorient y croire après les entrées en jeu de Yoann Wissa et Terem Moffi comme si, avec beaucoup de respect, il s'agissait de Lionel Messi et Luis Suarez. Le désordre d'une défense privée de Marquinhos a fini par offrir la victoire aux Lorientais sur une ultime contre-attaque.

La patte Pochettino est-elle là ?

Thomas Tuchel avait perdu quatre fois en championnat. Une fois sur un scénario comparable, à Monaco, où son PSG menait 2-0 avant de s'incliner 3-2. Pour Pochettino, c'est inédit après cinq sorties en Ligue 1. Jusqu'ici, la patte de l'Argentin était visible (4-2-3-1, une certaine maîtrise des événements). Ce dimanche, elle s'est envolée. « Quand on perd, il est normal de chercher à connaître les raisons. On perd ensemble mais, le principal responsable, c'est moi », plaide-t-il après le match.

La théorie de l'accident est mise en avant par l'ancien de Tottenham. En creux, il délivre toutefois d'autres messages. « On ne bougeait pas assez vite le ballon, on a manqué de mobilité, regrette-t-il à propos de la première période notamment. On n'a jamais trouvé le rythme que nous voulions imposer à Lorient. Cette rencontre prouve surtout que, quand on n'impose pas notre rythme et notre jeu, ces choses-là arrivent. » En pointant du doigt l'attitude générale, Pochettino dévoile que le système à quatre joueurs offensifs n'est pas l'élément responsable de cet échec. Il devrait conserver ce schéma dès ce mercredi contre Nîmes à domicile. « On cherche encore notre équilibre », conclut-il.

Est-ce inquiétant pour le titre ?

Neymar n'en revenait pas. Sur le but de Moffi, celui du 3-2, le Brésilien a laissé exploser toute sa colère depuis le milieu de terrain. Comment le PSG a-t-il pu oublier de défendre à ce point en fin de match ? « On a cherché la victoire et l'organisation défensive était confuse », résume Pochettino. C'est peu dire tant les espaces laissés aux Lorientais étaient grands. A défaut de l'emporter, Paris aurait dû ne pas perdre. Ce point du nul perdu pourrait être vital à l'heure des comptes, le soir de la 38e journée.

Ce dimanche soir, les Parisiens retrouvent la capitale comme troisièmes du championnat. Lille et Lyon ont repris les deux premières places. Cinq défaites, c'est beaucoup. La dernière fois qu'un tel total a été atteint, en 2016-2017, le Monaco de Kylian Mbappé s'emparait du trône final. Pochettino ne possède aucune marge d'erreur et le calendrier s'accélère : Nîmes, Marseille, Nice sont au programme avant le retour de la Ligue des champions et le déplacement à Barcelone.