Ligue des champions : le PSG a gagné le respect de l’Europe

Alors que le tirage au sort des groupes de la Ligue des champions se déroulera ce jeudi à 17 heures, nous faisons le point sur l’image du PSG en Europe. Des journalistes des cinq principaux championnats témoignent.

 Finaliste malheureux de la dernière Ligue des champions, Paris fait désormais partie des grands favoris selon la plupart des journalistes étrangers.
Finaliste malheureux de la dernière Ligue des champions, Paris fait désormais partie des grands favoris selon la plupart des journalistes étrangers. LP/Arnaud Journois

Alors que le PSG connaîtra ce jeudi à 17 heures les adversaires de son groupe dans l'édition 2020-2021 de la Ligue des champions, nous avons demandé à des journalistes des cinq championnats majeurs d'Europe (Espagne, Allemagne, Italie, Angleterre et Portugal) si le récent Final 8 à Lisbonne et le statut de vice-champion d'Europe avaient changé l'image du PSG.

Vu d'Espagne

« Sur le bon chemin », d'après Pablo Polo Santias (Marca). « Avant d'arriver en finale, le PSG était déjà un favori à mes yeux. Il a des joueurs qui font partie des meilleurs du monde, une grande équipe avec plus de maturité. Dans les dernières années, il a trouvé un peu plus d'équilibre. C'est vrai qu'avec la finale on s'est rendu compte qu'il ne lui manquait presque rien pour franchir la dernière étape. Peut-être juste d'un peu d'expérience par rapport au Bayern Munich. »

« Mais bon, je pense que Paris est sur le bon chemin et qu'il sera l'un des favoris parce qu'ils auront appris de leurs erreurs de la finale et, en plus, les joueurs se sont rendu compte qu'ils étaient capables de… Quand vous voyez Mbappé, Icardi, Neymar et Di Maria, vous vous dites que ça va être compliqué pour les équipes espagnoles cette saison ! Je crois vraiment que l'histoire du football en Europe est en train de changer. »

Mbappé,  Neymar, Icardi et Di Maria au Havre en juillet dernier./LP/Yann Foreix
Mbappé, Neymar, Icardi et Di Maria au Havre en juillet dernier./LP/Yann Foreix  

Vu d'Italie

« Il faut concrétiser », d'après Andrea Elefante (Gazzetta dello Sport). « Lorsque vous atteignez une finale de Ligue des champions, l'image change forcément et avant tout pour soi. Quand on s'approche si près d'un tel objectif, on se sent encore plus préparé à l'atteindre, l'estime de soi grandit au rythme de l'estime des autres. Il faut désormais juste concrétiser. Mais Mbappé a tout pour grandir et Neymar doit forcément considérer cette saison comme le moment de la consécration. Après, le favori est toujours le champion sortant, s'il ne bouleverse pas tout son effectif bien sûr. »

Vu d'Allemagne

« Le Bayern et Liverpool restent au-dessus », d'après Henning Kunz (Frankfurter Allgemeine Zeitung). « Paris est mieux vu. Avant tout, ce qui a changé, c'est que Thomas (Tuchel) a réussi lors de ce Final 8 à faire jouer le PSG comme une équipe. C'est ce qu'il avait fait à Mayence et Dortmund. Avant Lisbonne, on voyait plus un groupe de stars, une addition d'individualités. Il a aussi changé Neymar d'une certaine manière. Il est devenu plus altruiste. Mais collectivement, le Bayern était meilleur. »

« Paris sera encore une fois un des favoris mais pas LE favori. Le Bayern mais aussi Liverpool restent au-dessus. D'autant que Liverpool a recruté Thiago Alcantara (NDLR : en provenance de Munich). Tuchel a fait un beau travail avec le PSG parce que ce n'est pas facile pour lui. Mais il ne faut pas oublier qu'il a perdu Thiago Silva, qui était un joueur clé. »

Vu d'Angleterre

« Plus confiant et dangereux », d'après Tom Roddy (The Times). « Le PSG apparaît comme une équipe qui a investi depuis des années des sommes folles, un peu à l'image du Real Madrid à l'époque des Galactiques. Le problème, et je ne sais pas à quel point la Ligue 1 est responsable de ça en étant trop étroite pour eux, c'est qu'ils ont toujours eu du mal à gérer les matchs de très haut niveau. Leur défense a toujours semblé perméable. Je compare Paris à un bodybuildeur qui ne travaillerait pas ses jambes. Il serait très fort du haut du corps, en attaque donc, mais pas en bas… »

Icardi (ici à Reims le 27 septembre), un des attaquants les plus recherchés en Europe./LP / Arnaud Dumontier
Icardi (ici à Reims le 27 septembre), un des attaquants les plus recherchés en Europe./LP / Arnaud Dumontier  

« C'est encore ce qui s'est passé cet été, avec le recrutement définitif d'Icardi, un des attaquants les plus recherchés en Europe, mais avec une défense qui n'a pas été autant renforcée qu'elle aurait pu l'être. Alors que c'est une tendance : tous les grands clubs anglais - Chelsea, Manchester City et United, Tottenham - ont bataillé pour recruter un défenseur. »

« Je pense donc que le Final 8 a été une sorte d'occasion manquée pour Paris. Parce que c'est très rare de n'avoir qu'un seul gros dans le dernier carré, en l'occurrence le Bayern Munich. D'habitude il y a encore Liverpool, le Real ou Barcelone. Mais Paris sera assurément plus confiant et dangereux. Car même s'ils n'ont pas atteint leur objectif, la pression sera moindre. De savoir qu'ils peuvent jouer contre des équipes comme le Bayern, je crois que ça leur donnera plus de confiance et d'espoir qu'ils n'en ont jamais eu auparavant. »

Vu du Portugal

« Pas encore parmi les favoris », d'après Isaura Almeida (Jornal de Noticias). « C'est un fait incontestable que l'image du PSG a changé après sa présence en finale de Ligue des champions et la façon dont il y est arrivé. Les Parisiens ont montré qu'ils n'étaient pas seulement un groupe de joueurs avec des contrats de millionnaires. On attendait depuis longtemps de voir ce que Tuchel pouvait faire de cette équipe. Je crois que maintenant Paris sera vu comme un potentiel candidat à une place en finale même si pour certains la place prise par Neymar et le manque de concurrence interne seront toujours un obstacle pour gagner en compétitivité. Je pense que Paris est davantage favori que la saison dernière, c'est sûr, mais pas encore parmi les favoris pour gagner. »