Ligue des champions : Barça-PSG, plus que des rivaux

Depuis le rachat du club parisien par le Qatar en 2011, Paris et Barcelone s’accrochent en coulisses sur de nombreux dossiers. La mésentente est totale et constante entre les deux mastodontes européens.

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 En privé, les dirigeants du PSG ne cessent de dénoncer depuis 2012 les méthodes du club catalan, trop politique en coulisses et trop vorace sur le mercato.
En privé, les dirigeants du PSG ne cessent de dénoncer depuis 2012 les méthodes du club catalan, trop politique en coulisses et trop vorace sur le mercato. LP/Frédéric Dugit

Ils ne s'aiment pas! Barcelone-PSG, c'est aussi le match d'une immense rivalité, où la passion débordante et la défense des intérêts de chacun provoquent des mots durs et forts. « Nous détestons le PSG, explique un socio historique. En Espagne, il y a bien sûr l'ennemi Real Madrid, indépassable. Mais en Europe, Paris est le club que nous rejetons le plus. »

Ce lundi, à son arrivée sur le sol catalan, Nasser Al-Khelaïfi (NAK), le président du PSG, a été insulté à l'instant même de franchir le hall de son hôtel. Les supporters, massés sur le côté derrière des barrières de sécurité, lui ont lancé du « lâche Messi, voleur! » ou encore des « fils de p… ». Des dérapages qui rappellent le contexte immédiat tendu (le match, l'avenir de Messi) mais également les algarades passées, depuis une petite dizaine d'années.

Si dans la capitale française, aucun dirigeant n'osera s'exprimer avec cette virulence (ce n'est pas le style de la maison), Al-Khelaïfi et Leonardo ont de la mémoire. En privé, ils ne cessent de dénoncer depuis 2012 les méthodes du club catalan, trop politique en coulisses et trop vorace sur le mercato.

La proximité du PSG avec le Real Madrid agace

Le Barça a mené plusieurs OPA qui ont échoué sur des cadres parisiens : Thiago Silva, Marquinhos et Marco Verratti ont été annoncés avec insistance en Catalogne, multipliant les couvertures des journaux locaux avec le maillot blaugrana sur les épaules. Une overdose qui a fini par irriter l'état-major parisien, ulcéré par ce harcèlement en sourdine depuis 2017.

Cet été-là, la rivalité a pris une ampleur nouvelle. Avec le rachat de la clause de Neymar pour 222 millions d'euros et son départ pour Paris, les bonnes manières hypocrites et la diplomatie des mots de circonstances ont volé en éclats entre les deux clubs. Avec au centre des débats, le président de la Ligue de football espagnole, Javier Tebas, dénonçant le PSG avec des expressions souvent grossières ou vulgaires. « Ils se moquent du système. Nous les avons surpris en train de pisser dans la piscine », dira entre autres le dirigeant, qualifiant la politique parisienne de « dopage financier ».

A Barcelone, la proximité du PSG avec le Real Madrid, à travers l'axe NAK-Florentino Perez, alimente aussi le courroux local. Devant les caméras, les deux clubs font copain-copain même si dans les coursives de l'UEFA, la maison blanche tente tout pour durcir le fair-play financier, qui forcément pénalise plus Paris que Madrid. En filigrane, le sort de Kylian Mbappé, enjeu majeur, entre les deux concurrents européens. Il joue à Paris mais la capitale espagnole l'imagine volontiers au Bernabeu le week-end.

En restant à Paris, Neymar met le souk en Catalogne

A défaut de pouvoir (encore) attirer le champion du monde français, le Barça a tenté rapatrier Neymar en 2019. Ce vrai-faux transfert a été le feuilleton de l'été. Messi voulait vraiment retrouver son ami brésilien. Ses dirigeants ont fait mine d'essayer tout en sachant que l'opération était financièrement impossible. Une manœuvre politique qui a fait enrager Paris et s'est finalement retournée contre le président de l'époque. Reste que ce énième épisode de guéguerre de pouvoir et d'influence autour de la personnalité de Neymar a remis une pièce dans la machine.

Surtout qu'en restant à Paris, le génial numéro 10 met désormais le souk en Catalogne. Non pour ses procès avec son ancien club afin de toucher des primes passées mais parce que maintenant, il veut retrouver Messi… en France. Et le Brésilien est du genre à insister. Il l'a dit à la télévision argentine, l'a répété au club et comme un virus contagieux, l'idée s'est répandue à chaque étage, obligeant Leonardo, Angel Di Maria ou encore Mauricio Pochettino à lui donner des gages en complétant son offensive auprès du sextuple Ballon d'or.

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Une façon de s'inscrire parmi les puissants qui peuvent accueillir le meilleur joueur du monde comme d'appuyer les désirs de Neymar pour lui signifier à quel point sa parole compte. Sans compter que Messi, in fine, pourrait se laisser séduire par l'idée de finir sa carrière européenne avec Neymar à Paris. Il a joué toute sa vie d'adulte à Barcelone et le jour où il part, il irait à Paris ? On imagine les sentiments anti-PSG à Barcelone si un tel scénario se produisait. Comme on suppose le dégoût des hôtes si la formation de Marquinhos et de Mbappé s'impose ce mardi soir ou se qualifie le 10 mars. Il est possible que cette rivalité ait de beaux jours devant elle, encore.