Le débat : Gueye, Rafinha, Sarabia… qui pour remplacer Di Maria pour Barça-PSG ?

L’Argentin est blessé et trop juste pour être aligné lors du 8e de finale de la Ligue des champions, le 16 février. Trois joueurs peuvent le remplacer dans trois styles différents.

AbonnésCet article est réservé aux abonnés.
 Idrissa Gueye, Rafinha et Pablo Sarabia ont une carte à jouer en prévision du choc face au FC Barcelone.
Idrissa Gueye, Rafinha et Pablo Sarabia ont une carte à jouer en prévision du choc face au FC Barcelone. LP/Frédéric Dugit ; LP/Guillaume Georges

Blessé dimanche soir à Marseille - gêne au quadriceps de la jambe droite - et rapidement remplacé par Pablo Sarabia (12e), Angel Di Maria est trop juste pour être rétabli mardi 16 février et le déplacement à Barcelone, comme l'a confirmé le PSG ce mardi. Pour ce 8e de finale aller de la Ligue des champions au Camp Nou, Mauricio Pochettino dispose principalement de trois hommes pour affronter le forfait de son compatriote : Gana Gueye, Rafinha ou Pablo Sarabia. Nos journalistes défendent chacun leur point de vue, à une semaine du choc européen.

Gueye, option volume

LP/Frédéric Dugit
LP/Frédéric Dugit  

L'avis de Dominique Sévérac :

Le Sénégalais peut indistinctement évoluer dans un 4-2-3-1, le système qui a les préférences de Mauricio Pochettino, comme en 4-3-3, si le nouvel entraîneur du PSG choisit de densifier son milieu de terrain. Dans le premier schéma, il est associé à la récupération à Leandro Paredes, permet à Marco Verratti de rester dans son rôle de milieu relayeur libre, avec une attaque composée de Neymar à gauche, Kylian Mbappé à droite et Mauro Icardi seul devant. Angel Di Maria étant irremplaçable poste pour poste à cause d'une trop faible concurrence (ni Pablo Sarabia ni Moise Kean ni Julian Draxler n'ont les épaules assez solides pour ce 8e de finale aller), l'option Gueye permet à la fois au PSG de garder sa cohérence tactique et de se « renforcer » au milieu avec plus d'activité.

L'ancien Lillois, qui n'a pas toujours répondu aux attentes depuis qu'il a signé au PSG à l'été 2019, dispose d'un gros volume de course dans un match où il faudra courir et compenser le manque de replis des attaquants, qui rechignent parfois à fournir des efforts défensifs. Moins il y aura d'attaquants alignés au coup d'envoi, moins ce problème se posera. La présence des quatre fantastiques en Ligue des champions n'a jamais été l'assurance d'une performance collective réussie. Comme Paredes, Gueye possède une lourde frappe de balle même s'il ne l'utilise pas assez. Sans Neymar, c'est lui qui a débuté à Marseille dans le 4-2-3-1 de Paris, signe que le coach argentin pensait déjà à lui dans l'optique de Barcelone.

Rafinha, option contrôle

LP/Guillaume Georges
LP/Guillaume Georges  

L'avis de Sébastien Nieto :

Le Barça a retrouvé « son » style ces dernières semaines grâce à un 4-3-3 historique. Et Ronald Koeman, l'entraîneur catalan, ne se pose pas la question du profil « offensif » des deux milieux de terrain situés au-dessus du capitaine Sergio Busquets. Pedri et Frenkie De Jong sont des « jugones », comme on dit en Espagne, des créateurs dotés d'un allant offensif. Mauricio Pochettino est en quête d'une identité. Il l'a annoncé et c'est aussi la feuille de route qu'a rappelée récemment Leonardo, le directeur sportif, dans un entretien à France Football.

Alors pourquoi ne pas répondre à Koeman avec la présence des « jugones » du PSG que sont Marco Verratti et Rafinha? Le Brésilien connaît par cœur le Barça pour y avoir évolué de 2006 à 2020, une étape entrecoupée de trois prêts. Sa patte gauche serait le pendant de la patte droite de Verratti. Contrôle, maîtrise du tempo, technique, qualité de passe, Rafinha réunit beaucoup de qualités différentes pour suppléer Di Maria numériquement dans cette équipe.

Newsletter PSG express
Nos informations sur le club de la capitale
Toutes les newsletters

D'autant que le frère de Thiago Alcantara sait tout aussi bien s'atteler aux tâches défensives qu'un Sarabia ou qu'un Gueye. Les milieux de terrain « offensifs » ou « défensifs » sont des illusions. Verratti en est le parfait exemple, comme des Xavi, Iniesta, Kroos ou Modric. L'implication et le mouvement comptent davantage que la simple position. En titularisant Rafinha, Pochettino opterait pour le panache, un style de jeu conquérant, avec l'idée de s'imposer au Camp Nou et non de rester prudent ou d'arriver avec une forme de frilosité.

Sarabia, option fiable

LP/Frédéric Dugit
LP/Frédéric Dugit  

L'avis de Frédéric Gouaillard :

Affirmer que Pablo Sarabia ne traverse pas sa meilleure période avec le Paris Saint-Germain n'est pas complètement erroné. La période du confinement a quelque peu altéré la dynamique de l'ancien Sévillan débarqué au PSG à l'été 2019.

Le dernier match à Marseille (2-0), où il a remplacé Di Maria après 11 minutes de jeu et livré une prestation relativement neutre, a confirmé cette tendance. Mais Sarabia (4 buts cette saison) est un élément sur lequel n'importe quel entraîneur sait pouvoir compter dans les rendez-vous importants. L'ailier droit, qui peut aussi évoluer à gauche, était, par exemple, de la victoire fondatrice face à Dortmund (2-0), le 11 mars dernier, alors que Kylian Mbappé grippé avait dû déclarer forfait à la dernière minute. Il avait d'ailleurs délivré une passe décisive ce soir-là.

L'Espagnol sait se mettre au niveau des grands rendez-vous, il avait participé à l'implacable victoire parisienne face au Real Madrid (3-0) en phase de poules de la Ligue des champions en septembre 2019, à l'important succès à Galatasaray (1-0), sans Mbappé et Neymar, deux semaines plus tard, et inscrit un superbe but sur la pelouse de Bernabeu lors du précieux match nul arraché en novembre à Madrid (2-2).

Tuchel aurait dit que c'est un joueur « fiable » et, qui plus est, jamais avare de ses efforts. Ses replis défensifs, lors de ces rencontres de très haut niveau, se comptent par dizaines. Et le PSG aura besoin de ce profil d'attaquant capable de multiplier les efforts dans les deux parties du terrain, mardi prochain au Camp Nou.