Insultes lors de PSG-OM : Neymar, victime et coupable ?

La commission de discipline doit décider ce mercredi soir si le Brésilien du PSG a été ou non victime d’insultes racistes de la part d’Alvaro Gonzalez. Et s’il s’est lui-même rendu coupable de faits de même nature au risque d’écoper d’une longue suspension.

 Ce mercredi, la LFP va tenter de faire la lumière sur les comportements potentiellement répréhensibles d’Alvaro Gonzalez et de Neymar.
Ce mercredi, la LFP va tenter de faire la lumière sur les comportements potentiellement répréhensibles d’Alvaro Gonzalez et de Neymar. REUTERS/Gonzalo Fuentes

Plus de quinze jours après le coup de sifflet final, le premier PSG-OM de cette saison 2020-2021 va enfin connaître son épilogue dans les bureaux de la Ligue de football professionnel (LFP) ce mercredi soir. Drôle de clasico, car au-delà de la victoire marseillaise (1-0) sur la pelouse du Parc des Princes, cette rencontre houleuse aura nécessité pas moins de trois commissions de discipline pour juger et sanctionner les débordements qui l'ont émaillée.

La première commission, le 16 septembre, avait abouti aux suspensions de cinq joueurs parisiens et marseillais (Neymar, Paredes, Kurzawa, Benedetto et Amavi) consécutives à la bagarre générale dans le temps additionnel. La seconde, le 23 septembre, avait sanctionné Di Maria de quatre matchs pour son crachat de la première période en direction d'Alvaro Gonzalez. Et la dernière, ce mercredi soir, va tenter de faire la lumière sur les comportements potentiellement répréhensibles d'Alvaro Gonzalez, le défenseur de l'OM, et de Neymar, l'attaquant du PSG.

De nouveaux éléments pouvant incriminer Neymar sont apparus

Cette dernière affaire a pris un retentissement mondial après que la star parisienne aux 142 millions de followers sur Instagram a accusé son adversaire d'avoir tenu des propos racistes à son endroit pendant la rencontre. Sur les réseaux sociaux, le numéro 10 brésilien s'était plaint après le match de s'être fait traiter de « mono » (singe en espagnol), ce qu'a confirmé au Parisien-Aujourd'hui en France un expert en lecture labiale d'origine hispanique. Lors de la mise du dossier en instruction, le 16 septembre dernier, la commission de discipline de la LFP avait d'ailleurs communiqué sur une enquête portant sur « le comportement de M. Alvaro Gonzalez ».

Mais depuis cette date, de nouveaux éléments qui pourraient incriminer Neymar sont apparus. La commission a donc décidé d'étendre le champ de ses investigations aux deux joueurs impliqués dans cette affaire. Dans le rôle de l'arroseur arrosé, l'attaquant parisien serait à son tour susceptible d'avoir tenu des propos à caractère raciste à l'endroit du défenseur japonais Hiroki Sahai. Un journaliste espagnol de la radio espagnole Cope a dévoilé que le Brésilien se serait fendu d'un « Chinois de merde » vis-à-vis de Sakai, et une source interne à l'OM a confirmé à un journaliste de l'AFP que le club phocéen posséderait des images de cette altercation verbale.

Jusqu'à dix matchs de suspension…

Toujours en Espagne, la chaîne Gol a décortiqué la prise de bec de la 36e minute et elle affirme elle que Neymar aurait traité Alvaro Gonzalez de « Puto maricon » (NDLR : put… de péd… en espagnol), ce qui pourrait constituer une insulte à caractère homophobe. On est loin de Montaigne et La Boétie, mais ce sont pourtant ces propos que vont devoir qualifier et juger les membres de la commission de discipline. A condition que l'enquêteur ait réussi à faire la lumière sur le contenu exact de ces échanges inamicaux. Pour cela, il a déjà entendu les deux protagonistes de l'affaire en visioconférence, mais séparément, la semaine dernière. La commission, quant à elle, devrait de nouveau les auditionner ce mercredi soir, toujours en visioconférence. Mais aucune confrontation entre les deux joueurs n'est programmée. L'arbitre central, Jérôme Brisard, et le 4e arbitre, Willy Delajod, sont, eux aussi, convoqués afin de témoigner de ce qu'ils auraient vu ou entendu.

Enfin, les deux clubs ont eu recours aux services d'experts en lecture labiale. Ils ont pu verser au dossier leurs conclusions et on peut douter que celles-ci aboutissent aux mêmes résultats. De son côté, la commission de discipline s'est montrée très discrète sur les moyens sur lesquels elle s'est appuyée pour tenter de faire émerger la vérité. Mais il ne serait pas illogique que l'instructeur se soit attaché les services d'un expert indépendant spécialiste de la lecture sur les lèvres.

Si elle devait sanctionner l'un des deux ou les deux joueurs — Neymar et Gonzalez encourent jusqu'à dix matchs de suspension chacun — la Ligue devra en effet se montrer irréprochable dans ses motivations. Au risque de susciter l'incompréhension et les recours. Au cas où les preuves viendraient à manquer, elle peut aussi décider de relaxer Neymar et/ou Alvaro. Ce qui a contrario pourrait être interprété comme une volonté de ne pas prendre ses responsabilités et ne satisferait pas grand monde. La seule certitude est que la décision risque de tomber tard dans la soirée. La conséquence de débats qui s'annoncent longs et animés.