Premier League : les jours de Mourinho à Tottenham sont-ils comptés ?

Après un début de saison convaincant, l’équipe du «Special One», battue ce dimanche par West Ham (2-1), s’embourbe et voit s’éloigner le top 4 au classement. Le technicien portugais ne veut pas parler de crise.

 Après leur défaite contre West Ham, les Spurs poursuivent leur série négative (cinq défaites sur les six dernières journées de championnat).
Après leur défaite contre West Ham, les Spurs poursuivent leur série négative (cinq défaites sur les six dernières journées de championnat). AFP/Kirsty Wigglesworth

José Mourinho entretient un rapport quasi obsessionnel avec les chiffres. L'évocation de son nombre de titres a fait sa légende en Angleterre, et le « Special One » n'hésite pas à ferrailler avec les observateurs pour rappeler ses accomplissements. Ce dimanche, après une nouvelle défaite contre West Ham (2-1) qui place son équipe à neuf points de son adversaire du jour et du top 4, le technicien portugais doit se rendre à l'évidence : les comptes ne sont pas bons.

Leader de Premier League en début de saison et vainqueur des deux Manchester et d'Arsenal en première partie de saison, Tottenham n'avance plus et compte désormais cinq défaites sur les six dernières rencontres de championnat. Avec cette spirale négative, Tottenham, qui compte certes un match en retard, dégringole à la neuvième place du classement. Cueillis lors de l'entame des deux périodes (5e, 47e), les coéquipiers d' Hugo Lloris se sont révoltés lors du second acte, d'abord par l'ancien Parisien Lucas (64e), avant que Son, venu contrer un défenseur, ne trouve le montant en toute fin de match.

Son pire total de points à la tête d'une équipe

« Ils ont les points, on a la tristesse et la frustration. J'ai aimé comment l'équipe a joué, surtout lors de la seconde mi-temps, a analysé l'entraîneur de 58 ans après le match au micro de la chaîne du club. Il n'y a pas de doutes sur le fait que l'équipe voulait gagner, pas de doutes sur le fait qu'elle s'est battue pour un résultat différent. Je pense que nous méritions un autre résultat. »

Comme à l'aller, où ils avaient concédé l'égalisation en toute fin de match (3-3), le temps additionnel n'a pas souri aux rivaux d'Arsenal. Pire, depuis leur victoire contre Leeds, le 2 janvier dernier, les Londoniens ont encaissé au moins un but par match en Premier League. Leur défense est aussi poreuse en coupe nationale, avec une pointe à cinq buts encaissés au 5e tour de la FA Cup à Everton. Cette nouvelle défaite place José Mourinho dans une situation statistique inédite : après 50 matchs de championnat avec les Spurs, il ne compte que 81 points engrangés. C'est son pire total de points à la tête d'une équipe depuis le début de sa carrière d'entraîneur.

Mais le Lusitanien a balayé l'idée d'une crise en conférence de presse. « Quand une équipe se bat comme nous l'avons fait jusqu'à la dernière seconde pour avoir un autre résultat, ce n'est jamais une crise de groupe. Car les crises de groupe, c'est quand vous n'allez pas dans la même direction pour chercher des meilleurs résultats. Donc je ne dirais pas crise, mais je dirais juste une mauvaise série de résultats. On perd trop de matches. »

Avant ce week-end, Mourinho, plutôt adepte des déclarations tranchantes, a usé de la méthode Coué pour rassurer tout son monde. « Il est encore très prématuré de parler du classement. Des équipes ont des matchs en retard. Nous avons déjà joué nos deux matchs contre Liverpool, Chelsea et Manchester City […]. Tout peut arriver. »

La Coupe ou rien contre City

Seul motif de satisfaction pour les fans : les coupes. Après sa large victoire à Wolfsberger en 16es de finale aller de Ligue Europa (4-1), Tottenham est quasiment assuré de poursuivre sa campagne européenne. Arrivé en cours de saison dernière pour remplacer Mauricio Pocchetino et auteur d'une « remontada » au classement (14e à 6e), « The Experienced One » comme il se surnomme désormais n'est plus qu'à un match d'un titre. Il a emmené les siens en finale de League Cup, le 25 avril prochain contre Manchester City. Une occasion en or d'ouvrir son palmarès avec les Spurs, et, une fois encore, de faire tourner les chiffres en sa faveur.