«On ne joue pas, on ne paye pas» : le monde du football amateur sonne la révolte

Alors que certains clubs de la région Grand-Est sont vent debout et refusent de verser la dernière part de leurs cotisations à leur Ligue, ceux d’Ile-de-France se posent aussi des questions.

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 Face à l’impossibilité de percevoir des revenus en raison de l’arrêt des championnats, plusieurs clubs pourraient demander des gestes de solidarité de leurs ligues ou de leur fédération.
Face à l’impossibilité de percevoir des revenus en raison de l’arrêt des championnats, plusieurs clubs pourraient demander des gestes de solidarité de leurs ligues ou de leur fédération. AFP/Franck Fife

Un vent de révolte souffle de l'est de la France et pourrait bientôt atteindre la région parisienne. En début de semaine, de nombreux clubs de football amateurs situés en Alsace ont décidé de ne pas verser à leur ligue de tutelle les frais réclamés par cette dernière. La raison de ce mouvement tient en deux phrases : « On ne joue pas, on ne paye pas. »

Un cri de ralliement qui, à quelques semaines des élections pour la présidence de la Fédération de foot (FFF), inonde les réseaux sociaux et qui pourrait se répandre à travers l'Hexagone du football… et du sport de manière générale. Face à l'impossibilité de percevoir des revenus en raison de l'arrêt des championnats depuis octobre, plusieurs présidents de clubs pourraient en effet demander des gestes de solidarité de leurs ligues régionales ou de leur fédération. Les frais versés aux instances correspondent aux coûts annuels des engagements en championnat et aux licences… Or de championnat il n'y en a pas.

La situation est cependant différente en Ile-de-France où, pour le moment, la fronde ne semble pas présente. Déjà parce que les clubs, contrairement à leurs homologues alsaciens, auraient déjà versé la totalité de leurs frais et cotisations à la Ligue de Paris pour cette saison.

« On imagine que les clubs se posent des questions mais je n'ai pas entendu parler de telles demandes dans le département, affirme Jean-Pierre Meurillon, président du district des Yvelines. Ce qui importe avant tout est de savoir si on pourra reprendre une activité et des championnats. C'est un sujet, les clubs sont tous inquiets car ils redoutent la fuite de licenciés et une saison blanche contrairement à l'an dernier. On veut jouer et être fixés le plus tôt possible. »

Lors d'une assemblée en distanciel avec les 90 présidents de district organisée lundi soir, la question des aides des ligues régionales ou la volonté de ne pas payer les engagements n'a pourtant pas été « mise sur la table » confie un participant.

Empêcher une désertion en masse des licenciés

Les clubs franciliens espèrent surtout empêcher une désertion en masse de leurs licenciés à l'intersaison. « On s'organise comme on peut pour programmer un maximum d'entraînements, indique Thomas Lacoste, responsable de l'école de foot au club d'Arpajon (Essonne). Chaque club fait comme il peut, j'ai même entendu dire que certains proposaient des entraînements le matin avant que les enfants aillent à l'école. Chez nous toutes nos équipes s'entraînent les mercredis et les week-ends. Les petits deux fois par semaine. On essaie de compenser l'absence des compétitions. »

« C'est surtout une question à se poser pour la saison prochaine, estime Eric Van Overtveld, président du club de Sénart-Moissy (Seine-et-Marne). On a des charges et frais fixes tous les ans, avec le coût des équipements, l'achat de ballons, etc., et on ne pourra pas baisser nos licences. Pour cette saison, c'est trop tard mais si on veut que les licenciés restent ou reviennent dans les clubs il faudrait que la ligue et les districts fassent un geste sur la cotisation qu'on doit leur verser. Qu'ils la diminuent. Si ce n'est pas le cas, j'ai bien peur que beaucoup de clubs soient en difficultés ou doivent rogner sur les équipements qui sont fournis aux licenciés. Le but d'une association n'est pas de gagner de l'argent mais il n'est pas d'en perdre non plus. »

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Pour un autre dirigeant francilien, les clubs pourront s'en sortir la saison prochaine en raison de nouvelles aides. Le PSG a ainsi promis de reverser 1 euro aux clubs pour chaque licence et l'arrivée de nouveaux sponsors à la Ligue Ile-de-France devrait permettre une baisse automatique du coût des licences.