OM-PSG : tacles, coups bas, provocations... les plus sombres souvenirs des clasicos

La confrontation entre l’OM et le PSG, dimanche au Vélodrome, sera la centième de l’histoire. Sans public mais pas sans tension, des deux côtés, comme par le passé.

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 En 1992, la violence du match entre le PSG de Laurent Fournier et l’OM d’Eric Di Meco allait faire naître la rivalité entre les deux clubs.
En 1992, la violence du match entre le PSG de Laurent Fournier et l’OM d’Eric Di Meco allait faire naître la rivalité entre les deux clubs.  PRESSE SPORTS

Le gouffre sportif et financier qui sépare l'OM du PSG participe depuis dix ans à dénaturer le clasico français. Pendant que les Parisiens enchaînaient les succès, parfois très larges, face aux Marseillais, le désintérêt pour cette affiche de Ligue 1 grandissait. Il a finalement fallu une défaite en finale de Ligue des champions pour relancer la rivalité entre fans et même entre joueurs sur le modèle des chaudes années 1990. Ce dimanche soir, OM et PSG ont rendez-vous au stade Vélodrome pour la troisième fois de la saison et la centième fois de l'histoire. Un cap symbolique pour un choc qui s'annonce aussi étrange qu'électrique.

« Il y a toujours de la pression sur ces matchs. Il faut que ce soit de la bonne pression, estime Laurent Fournier, ancien milieu défensif de l'OM (1990-1991) et du PSG (1991-1994, 1995-1998). Pour le PSG, je pense que ça ira. Marseille va devoir passer au-dessus des derniers événements. C'est compliqué mais je crois que les joueurs sont capables de se bouger pour calmer tout ça; »

Le contexte est chargé pour ce 100e clasico. Parisiens et Marseillais gardent à l'esprit le bouillant match aller, remporté par l'OM (1-0). Et l'actualité phocéenne (démission d'André Villas-Boas, mise à sac du centre d'entraînement par les supporters, rumeurs de rachat) alimente un peu plus l'immense tension qui entoure ce rendez-vous. Mais ce n'est pas nouveau.

«Ce n'était pas violent, mais agressif»

En tant que joueur, puis entraîneur au PSG au cœur des années 2000, Laurent Fournier a connu des clasicos électriques. En décembre 1992, le Parc des Princes est le théâtre de l'acte fondateur de la rivalité, symbolisée par des tacles violents. « C'était chaud mais ces matchs te permettaient de passer un cap en Coupe d'Europe, estime Fournier. Ce n'était pas violent mais agressif. Parfois dans le bon sens, parfois dans le mauvais. Mais je n'ai pas de mauvais souvenirs. On défendait un maillot avec un objectif qui était de donner le meilleur pour son club. Les matchs étaient de haut niveau même si, techniquement, c'était compliqué parce qu'il y avait de l'intensité, de l'agressivité. Mais c'était bien ! »

Heureusement, le sportif, les buts, les tacles, les décisions arbitrales restent les principaux souvenirs de tous autour des 99 premiers clasicos de l'histoire. Certains évoqueront une écrasante victoire marseillaise en 1986 (4-0), acquise notamment grâce à la présence du… défenseur Philippe Jeannol dans le but durant une mi-temps complète. D'autres se rappelleront des grandes victoires du PSG en terre phocéenne, signée Ronaldinho, Pauleta ou Ibrahimovic dans des ambiances électrisantes. Ce dimanche soir, la pandémie de Covid-19 continuera d'empêcher la présence de public au Vélodrome. Sans spectateur, impossible d'entendre un stade vibrer ou même de le voir réduit au silence comme sur un coup franc direct de Cavani.

Le PSG déjà confiné en 2009

Malheureusement, l'extra-sportif imprègne aussi des souvenirs marquants pour tous. Le clasico du 16 octobre 2005 mélange une revanche (but de Lorik Cana), une rumeur (présence de l'ex-actrice X Clara Morgane) et un parfum d'ammoniac. « C'était de l'intimidation, assure Laurent Fournier, entraîneur lors de ce match nauséabond. Moi, ça ne m'a pas trop déstabilisé mais peut-être que les joueurs, oui (rires). Le changement de vestiaire a été compliqué, devoir se mettre de l'autre côté sous la tribune des supporters… Voilà, il fallait qu'il arrive quelque chose. »

Au rang des OM-PSG les plus étranges, celui programmé en octobre 2009 résonne tout particulièrement aujourd'hui. Dix ans avant le coronavirus, la grippe aviaire, dite H1N1, débarque en France. Avec plusieurs cas positifs, dont Mamadou Sakho ou Ludovic Giuly, le PSG se retrouve confiné dans son hôtel de Marseille et le match annulé le jour même. Une décision qui déchaîne les supporters présents. Les échauffourées de l'après-midi feront une dizaine de blessés. Le 100e clasico aura, lui, bien lieu. Et il réservera forcément des scènes mémorables, comme lors du match aller entre Neymar et Alvaro. Rendez-vous ce dimanche soir, 21 heures.