OM-PSG : après une semaine de crise, comment Marseille prépare le Clasico

Histoire de faire baisser la pression, les joueurs de l’OM échappent ce samedi soir à la mise au vert. Leur nouveau coach temporaire les a aussi placés devant leurs responsabilités en vue du clasico.

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 En dépit d’un contexte tendu, les Marseillais Kamara, Payet, Sakai et Thauvin (de g. à d.) ont réussi à ramener un match nul de Lens (2-2).
En dépit d’un contexte tendu, les Marseillais Kamara, Payet, Sakai et Thauvin (de g. à d.) ont réussi à ramener un match nul de Lens (2-2). Presse Sports/Bernard Papon

Enfin une bonne nouvelle. Après une semaine mouvementée, les joueurs de l'OM ont appris ce vendredi qu'il n'y aurait pas de mise au vert avant la réception du PSG, dimanche (21 heures). L'entraîneur intérimaire Nasser Larguet leur offre un samedi soir en famille. « Les mises au vert peuvent être vraiment longues pour les joueurs, dit-on à l'OM. Ils passent beaucoup de temps dans les chambres, ça leur laisse le temps de gamberger. Ils se mettront moins la pression s'ils sont chez eux. » Le groupe se retrouvera pour un dernier entraînement, ce samedi, dans une Commanderie bouclée.

Les artisans auront fini de poser le fil barbelé censé renforcer la barrière, abîmée par les 300 supporters qui se sont violemment introduits dans le centre d'entraînement samedi dernier. Le dispositif de sécurité va rester conséquent tout au long du week-end. « Quand on voit les quatre fourgons de police, on se pose des questions », avoue Steve Mandanda. En treize saisons à Marseille, il a pourtant vécu d'autres crises. Mais le capitaine n'avait jamais vu une telle violence : « Les critiques restaient toujours raisonnables. Là, on a franchi un cap, et j'espère qu'on va retrouver un apaisement. Ce n'est pas une bonne chose pour le club, les supporters, les joueurs. »

«Milik a aussi connu quelques histoires comme ça à Naples»

Cette semaine, Steve Mandanda a dû rassurer certaines recrues, choquées. Avec les joueurs plus expérimentés, le gardien a déminé la situation par l'humour : « On a un peu blagué avec Milik, je lui ai souhaité la bienvenue à l'Olympique de Marseille, sourit le gardien de but. Il a aussi connu quelques histoires comme ça à Naples. C'est un joueur avec une forte personnalité, ça ne l'a pas déstabilisé. »

Le changement d'entraîneur non plus : « Arek » Milik n'avait pas vraiment eu le temps de nouer des liens avec Andre Villas-Boas, mis à pied par la direction de l'OM ce mardi. Le départ du Portugais est en revanche un coup dur pour Dario Benedetto, Alvaro Gonzalez ou Steve Mandanda. « Sa deuxième saison s'est moins bien passée, mais humainement et en termes d'éthique, c'est quelqu'un que j'apprécie beaucoup, commente l'international français. On est nombreux dans le vestiaire à être déçus par son départ. »

L'entraîneur portugais n'avait pourtant pas que des amis à la Commanderie. « Les langues se délient, raconte une source proche du vestiaire. Certains joueurs pensent qu'il a abandonné le navire en pleine tempête, pour protéger sa réputation et son ego. »

«Ce ne sont pas les supporters qui sont sur le terrain»

Ils réservent, pour l'instant, un accueil cordial à Nasser Larguet, discret et sympathique. « C'est un bon mec, la force tranquille, témoigne un salarié de l'OM. Tout le monde l'adore, notamment parce qu'il ne monte jamais dans les tours. » Et tout le monde fait profil bas, car les cartes sont rebattues dans le vestiaire. « Il n'y a plus de statut, plus de titulaire, plus de remplaçant », assure un observateur. Le conseiller d'un joueur peu titularisé par André Villas-Boas s'en réjouit : « Le 4-4-2 à Lens était intéressant, ça ouvre de nouvelles possibilités ».

Dans ses discours, Nasser Larguet a surtout insisté sur le « plaisir » que les joueurs doivent retrouver. C'était aussi le message de Pablo Longoria et de Jacques-Henri Eyraud, qui se sont adressés à l'équipe, mercredi, à Lens. Selon un témoin, les dirigeants ont répété qu'ils avaient toute leur confiance : « On croit en vous. Il faut faire preuve d'unité et il ne faut pas douter », ont-ils déclaré, en substance. Le match nul obtenu à Bollaert (2-2) a d'ailleurs été considéré en interne comme un résultat correct après une semaine « catastrophique ».

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La réception du PSG, que l'OM a battu au match aller, « peut être le match du rebond », espère-t-on au club. Nasser Larguet n'aura que deux entraînements pour travailler les lacunes sur les coups de pied arrêtés et sur les centres adverses. Mais il lui a suffi d'une conférence de presse pour piquer l'orgueil de ses joueurs, qui n'ont remporté aucun de leurs six derniers matchs : « Ce ne sont pas les supporters qui sont sur le terrain, rappelle-t-il dans un grand sourire. Donc les joueurs ne doivent pas rejeter la faute sur qui que ce soit! »