Olivier Giroud et ses 100 sélections : «J’ai encore de belles années devant moi»

L’attaquant champion du monde entrera, ce mercredi soir face à l’Ukraine en match amical, dans le club fermé des centenaires. Il ne s’agit, à l’écouter, pas d’une fin en soi.

 « Si je regarde ma carrière, je suis très fier de ce que j’ai accompli », confie Olivier Giroud.
« Si je regarde ma carrière, je suis très fier de ce que j’ai accompli », confie Olivier Giroud. LP/Arnaud Journois

Olivier Giroud honorera sa 100e sélection face à l'Ukraine, ce mercredi (21h10), en match amical. Didier Deschamps a d'ailleurs annoncé, ce mardi, sa titularisation. Il pourrait, même, porter le brassard en l'absence annoncée, au coup d'envoi, d'Hugo Lloris et celle possible de Raphaël Varane le vice-capitaine.

Avec 40 buts au compteur, l'attaquant des Bleus peut aussi rejoindre, voire dépasser, Michel Platini (41) au deuxième rang des meilleurs réalisateurs sous le maillot de l'équipe de France. Des performances surprenantes pour un joueur qui a découvert la Ligue 1 à presque 24 ans et les Bleus à 25 ans. Le joueur de Chelsea en fait un message d'espoir pour « les jeunes qui ne sont pas pros à 19 ans », ce mardi en conférence de presse.

La motivation semble facile à trouver pour vous, malgré le caractère amical de la rencontre…

OLIVIER GIROUD. Ça va être un match particulier pour moi. Parce qu'il me rappelle de très beaux souvenirs, la dernière fois qu'on a affronté l'Ukraine au stade de France et sur le plan personnel, parce que ça sera une immense fierté, ma 100e sélection. J'ai aussi l'occasion d'égaler Monsieur Platini, donc évidemment ce sera particulier.

Quel est le moment le plus fort de vos 99 sélections ?

Il n'y a pas eu un moment à démarquer. Même si, comme vous l'imaginez, la finale de la Coupe du monde a été au-dessus de tout. Je me souviens de mes débuts, qui sont restés gravés dans ma mémoire. Ma première sélection et mon premier but lors de ma première titularisation en Allemagne, avec mon ami « Debuch'» (NDLR : Mathieu Debuchy) qui me fait marquer. J'ai revu mon but contre l'Espagne, à Vicente Calderon, quand on revient au score. Je me souviens aussi de mon premier but à la Coupe du monde 2014. Ce que je retiens, c'est à chaque fois la communion avec l'ensemble du groupe, les joueurs qui étaient sur le banc. Ça prouve la mentalité et la cohésion de cette équipe de France. J'ai aimé tous les moments passés dans cette équipe de France, en famille, entre frères. Je ne peux pas ressortir un moment, sauf la finale de la Coupe du monde où j'ai fondu en larmes d'émotion. Il y a forcément aussi ce tournant pour notre génération, le 19 novembre 2013 et la victoire contre l'Ukraine, avec cette communion avec notre public. On chantait la Marseillaise, on était comme des gamins, on avait conscience qu'on avait réalisé quelque chose de grand.

Comment expliquez-vous le contraste entre votre parcours chez les Bleus et votre situation récente à Chelsea ?

Certaines personnes disent en club que je n'aime pas la facilité. J'ai écrit un livre qui s'appelle « Toujours y croire ». La saison dernière s'annonçait encore plus difficile que les précédentes, mais cette concurrence m'a toujours permis de me surpasser. On l'a vu avec la fin que j'ai réalisée. Je ne pouvais pas quitter le navire en ce début de saison après ça. Je suis persuadé que j'ai un rôle à jouer dans cette équipe. On verra comment ça se passera dans les prochaines semaines.

A partir de quand ces 100 sélections sont devenues un objectif ?

J'ai signé en Ligue 1 à presque 25 ans. C'est un parcours atypique. Avoir la chance d'évoluer en équipe de France, même à cet âge et à partir de ce moment, ce n'était que du bonus. En engrangeant les sélections, je ne me suis fixé aucune limite. Quand je suis arrivé à 75 ou 80, je me suis dit : « Pourquoi pas arriver à 100. » Je suis resté dans cette équipe grâce à mon efficacité, grâce à ce que j'apporte à l'équipe. Je suis fier de tout ça. 100, c'est un beau chiffre, mais j'ai encore de belles années devant moi. Si je peux encore apporter à l'équipe, je compte bien continuer.

Vous ne cachez pas votre pratique religieuse assidue. Que vous apportent vos rencontres avec votre pasteur ?

Quand je le vois, on étudie la Bible, la parole de Dieu. On prie beaucoup, pour les sujets de reconnaissance, pour la famille, pour remercier, parfois pour demander pardon. Ce sont des moments forts qui m'apaisent, qui me font du bien. J'apprends toujours une belle leçon dans cette bible. On peut toujours l'appliquer au quotidien dans notre monde actuel. C'est une force certaine.

Avez-vous une motivation particulière avant une saison qui peut vous permettre de battre ou d'approcher des records et qui vous conduira peut-être à votre dernière compétition internationale ?

Il y a beaucoup de conditionnels dans votre question. Je peux égaler Michel Platini, je peux me rapprocher de Thierry Henry et je peux peut-être jouer ma dernière compétition internationale. On verra. En tout cas, je me sens très bien physiquement et dans ma tête. Il y a beaucoup d'excitation avant cette année, parce qu'on apprécie beaucoup plus les choses à mon âge, même si je n'ai pas 39 ans. Je prends plaisir à devenir centenaire et je prends plaisir à grimper dans la hiérarchie des buteurs de l'équipe de France. Ce n'est que du bonheur.

Quand vous vous retournez, avez-vous « surperformé » par rapport aux qualités dont vous disposiez en début de carrière ?

Non. C'est sûr que si vous m'aviez dit que je deviendrais « centenaire » à 34 ans, je n'y aurais pas cru quand j'étais à Tours ou à Grenoble. C'est la beauté du football. A force de croire en ses qualités, à force d'abnégation, avec des coachs qui te font confiance, il n'y a aucune limite à te fixer. Si je regarde ma carrière, je suis très fier de ce que j'ai accompli. J'ai rencontré des personnes formidables qui m'ont beaucoup aidé. Mais jamais je ne me dirai qu'il était impossible d'en arriver là. Je suis un bel exemple pour les joueurs qui ne sont pas pros à 19 ans. Le principal, c'est l'arrivée.