Mort de Maradona : «Il est le meilleur joueur que j’ai vu, bien meilleur que Messi»

Beto Marcico, l’ancien attaquant de Toulouse, a été le coéquipier de la star argentine de Naples, qu’il avait aussi battu en Coupe de l’UEFA il y a 34 ans.

 Les deux Argentins ont joué ensemble en sélection avant de s’affronter lors du fameux Toulouse-Naples en Coupe de l’UEFA.
Les deux Argentins ont joué ensemble en sélection avant de s’affronter lors du fameux Toulouse-Naples en Coupe de l’UEFA. DR

Beto Marcico a joué avec mais a aussi battu Diego Maradona, en 1986 en Coupe d'Europe avec Toulouse. Aujourd'hui entrepreneur en Argentine, Marcico, 60 ans, remonte le temps et nous raconte son Maradona, mort ce mercredi.

Comment avez-vous réagi à la mort de Maradona ?

BETO MARCICO. Je ne le crois toujours pas. Lors de sa dernière apparition publique, il y a un mois, il n'arrivait pas à marcher seul, il n'arrivait même pas à réajuster son masque. C'était très préoccupant et, trois jours plus tard, il avait dû subir une opération au cerveau. Les rapports des médecins n'étaient pas optimistes. C'est terrible.

Comment les Argentins réagissent-ils ?

C'est la consternation. Sur les bords de route, dans les villes, tous les panneaux lumineux se sont mis à projeter des « Gracias Diego » (NDLR : merci Diego). A la télé, les joueurs, les dirigeants, personne ne réalise. Il va falloir beaucoup de temps… Ici, il est plus important que le président. Et le choc est même mondial. Il est le meilleur joueur du monde que j'ai vu. Bien meilleur que Messi. A l'époque, il y avait de sacrés joueurs.

Vous aviez joué avec lui. Quel coéquipier était-il ?

Il était magnifique. Il défendait nos intérêts, il se battait pour nous. C'était quelqu'un de très politique, Diego, il avait même créé un syndicat mondial de joueurs. Il s'était battu contre la Fifa, contre Blatter. Dix ans plus tard, on s'est aperçu qu'il avait raison! S'il te sentait en difficulté, Diego était là pour toi. J'avais joué avec lui en sélection, en 1985, on était partis trois mois en tournée pour disputer toutes les rencontres des éliminatoires du Mondial. Puis on s'était retrouvés une saison en 1995 à Boca Juniors. C'était magique.

Mais pour le grand public, le souvenir le plus fort entre vous reste la victoire du Toulouse FC face à Naples, en 1986, aux tirs au but…

Oui, c'était assez incroyable d'éliminer le Napoli. Diego venait de remporter la Coupe du monde et d'être élu meilleur joueur du monde. Au retour, on avait échangé nos maillots. Je l'ai toujours chez moi. Et c'est lui qui rate le dernier tir au but. Avec Tarantini (NDLR : autre international argentin du TFC), on avait dit à notre gardien, Bergeroo : « Surtout ne bouge pas, reste droit », parce qu'on savait que Diego attendait toujours le dernier moment pour voir où le gardien plongeait. Si vous regardez les images, on voit que Diego hésite et il frappe sur le poteau !

Newsletter L'essentiel du matin
Un tour de l'actualité pour commencer la journée
Toutes les newsletters

Sa vie a été rongée par la drogue…

Oui, sa vie a été très difficile à côté du football. On a 60 ans tous les deux, et le corps vous rappelle tout ce que vous avez fait dans votre vie. A Boca (1995), on le voyait partir de l'entraînement et on ne savait jamais ce qu'il faisait en dehors. Il partait avec des gens qu'on ne connaissait pas. Sa vie privée était compliquée.