Mort de Diego Maradona : une enquête ouverte sur une éventuelle négligence

A la mesure de la tristesse qui a envahi l’Argentine, l’ami et avocat du footballeur star et des proches semblent estimer que, s’il avait mieux accompagné mercredi, Maradona ne serait peut-être pas décédé.

 La légende du foot argentin lors du quart de finale contre l’Angleterre, le 22 juin 1986 à Mexico.
La légende du foot argentin lors du quart de finale contre l’Angleterre, le 22 juin 1986 à Mexico.  REUTERS/Gary Hershorn

La justice argentine a ouvert une enquête vendredi pour déterminer s'il y a eu négligence dans la mort de Diego Maradona, l'étoile du football que tout le continent sud-américain pleure.

Des membres de sa famille semblent convaincus qu'il y a eu des irrégularités dans son traitement. Quelques heures après sa mort, l'avocat et ami de Maradona, Matias Morla, a dénoncé jeudi le fait « que l'ambulance a mis plus d'une demi-heure pour arriver à la maison » où se trouvait le joueur. Morla a prévenu qu'il irait « jusqu'au bout ». Mais, selon une source judiciaire, aucune plainte n'a pour le moment été déposée.

« L'enquête a été ouverte parce qu'il s'agit d'une personne décédée chez elle et que personne n'a signé son certificat de décès. Cela ne signifie pas qu'il y a des soupçons d'irrégularités », a poursuivi cette source, sous couvert d'anonymat.

La clinique recommandait son hospitalisation

L'icône du football argentin, champion du monde de 1986, est décédée mercredi à 60 ans des suites « d'un œdème pulmonaire aigu secondaire et d'une insuffisance cardiaque chronique exacerbée ». Opéré d'un hématome à la tête début novembre, il avait rejoint après six jours d'hospitalisation une maison de Tigre, à 30 km au nord de Buenos Aires, proche de ses filles Dalma et Giannina. Ce sont elles qui auraient signé l'autorisation de sortir, alors que la clinique recommandait une hospitalisation dans une maison de convalescence.

Après l'opération, sa convalescence se passait bien, selon son médecin personnel, le Dr Luque. Mais la santé de Maradona était fragile en raison de ses antécédents cardiaques. Il a aussi subi un sevrage d'alcool, qu'il mélangeait avec les nombreux médicaments qu'il prenait.

Au moment tragique, il n'était entouré que de quelques proches. « Nous devons déterminer s'ils ont fait ce qu'il fallait ou non. L'infirmière (en service lorsque Maradona est décédé, NDLR) a fait une déclaration au procureur le jour de la mort de Diego, et ensuite l'a modifiée, pour finalement aller devant la télévision et dire que ce qu'elle avait indiqué lui avait été imposé, il y a donc une certaine contradiction dans sa déclaration », a précisé un membre de la famille qui a requis l'anonymat.

« Il dormait et respirait normalement »

Le parquet attend les résultats des tests toxicologiques. Il a réclamé le dossier médical ainsi que les enregistrements des caméras du quartier où Maradona a vécu ses derniers jours.

Les témoins ont déjà commencé à être entendus. « Nous avons pu établir que (un infirmier chargé de veiller sur lui) est la dernière personne à l'avoir vu vivant à environ 6h30 locales (10h30, heure française) mercredi, lors du changement de garde », a indiqué le parquet dans un communiqué. Dans son témoignage, l'infirmier a indiqué que Maradona « se reposait dans son lit » et a assuré « qu'il dormait et respirait normalement ». L'infirmière qui a pris le relais, présente au moment du décès, a assuré l'avoir « entendu bouger » environ une heure plus tard. Une modification de son témoignage puisqu'elle avait auparavant indiqué l'avoir vu dormir à 11 heures, n'avoir pas voulu le déranger, pour attendre l'arrivée à la mi-journée de la psychiatre Agustina Cosachov et du psychologue Carlos Diaz.

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Ce sont eux qui ont donné l'alerte, en ne parvenant pas à réveiller Maradona. Ils ont appelé un médecin du quartier, qui n'a pas pu le ranimer. La première ambulance est arrivée à 12h27, a précisé le parquet.