Mercato : Lille et Lyon rois des bonnes affaires, le PSG en queue de peloton

Un classement européen des clubs vient d’être réalisé en matière de plus-values sur le marché des transferts depuis 2016. Le PSG présente un bilan déficitaire de -455 millions d’euros.

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Quels clubs se débrouillent le mieux en matière de mercato pour équilibrer leurs comptes? Quels sont les plus dépensiers et ceux pour qui l'équilibre de la balance des paiements est une loi d'airain? Enfin, comment les dirigeants qui ont parié sur le « trading » comme à Lille — achat de joueurs à bas coût et revente à prix d'or — s'en sortent-ils?

En tentant de répondre à toutes ces questions, l'Observatoire du football CIES vient d'établir le classement dans les cinq grands championnats européens (Bundesliga, Liga, Ligue 1, Serie A, Premier League) des plus-values des clubs en matière de transferts sur les dix derniers mercatos d'été et d'hiver, soit depuis 2016. Le CIES soustrait simplement, pour chaque club, le montant des achats effectués à celui des ventes réalisées sur cette période.

Lille et Lyon aux deux premières places

Deux clubs de Ligue 1 occupent les deux premières places de ce classement : Lille et Lyon. Le Losc présente une balance excédentaire de 191 millions d'euros (252 millions d'euros d'achats de joueurs pour 443 à la revente). Cette petite fortune est due notamment aux ventes de Nicolas Pépé (+70 millions d'euros) et Victor Osimhen (+69 millions d'euros).

Juste derrière, Lyon est le deuxième bon élève européen avec un excédant de 151 millions d'euros (348 millions d'euros d'achats pour 499 à la vente) devant le club italien de Bergame (+133 millions d'euros). L'OL doit ce bon résultat aux ventes de Ndombele (+60 millions d'euros), Mendy (+48 millions d'euros) Diaz (+25 millions d'euros), Lacazette et Tolisso, formés au club et revendus pour 53 millions d'euros à Arsenal et 41 millions d'euros au Bayern.

Monaco occupe la quatrième place du classement avec une balance positive de +132 millions d'euros. La vente en 2017 de Kylian Mbappé au PSG pour 180 millions d'euros est pour beaucoup dans ce bilan. Celle des autres champions de France 2017, si elle a plombé pendant longtemps les résultats sportifs, a fait sauter de joie le banquier du club de la Principauté avec Lemar (+68 millions d'euros), Fabinho (+44 millions d'euros), Mendy (+42,5 millions d'euros), Bakayoko (+37 millions d'euros) ou bien Silva (+35 millions d'euros).

Pays de formation, la France tire particulièrement bien son épingle dans ce jeu puisque Saint-Etienne (+78 millions d'euros), Bordeaux (+66 millions d'euros), Montpellier (+60 millions d'euros) et même Lorient (+37 millions d'euros) ont aussi réalisé depuis cinq ans d'excellentes affaires sur le marché des transferts.

Le PSG et l'OM déficitaires

A l'inverse, il y a deux mauvais élèves de Ligue 1 dans ce classement, deux clubs qui présentent un déficit : le PSG et l'Olympique de Marseille. Rien d'étonnant : le PSG a cassé sa tirelire pour recruter ses stars (222 millions d'euros pour Neymar et 180 millions d'euros pour Mbappé), en laissant par ailleurs partir libres des éléments comme Edison Cavani ou Thiago Silva.

Depuis 2016, le PSG a dépensé 854 millions d'euros en achats de joueurs pour « seulement » 399 millions d'euros de revente, soit un résultat déficitaire de -455 millions d'euros. Le PSG se classe parmi les quatre plus mauvais résultats européens juste devant Barcelone (-471 millions d'euros) et les deux clubs de Manchester : United (-560 millions d'euros) et City (-611 millions d'euros).

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Le bilan comptable de l'OM est moins dramatique, mais est tout de même déficitaire à -71 millions d'euros (248 millions d'euros de dépenses pour 177 de recettes), ce qui fait du club un des mauvais élèves du championnat dans le domaine.

La Ligue 1, bonne élève sans le PSG et l'OM

Si on retranche les PSG et l'OM dans le bilan de Ligue 1, les plus-values réalisées par les 18 autres pensionnaires lors des cinq dernières années atteignent 827 millions d'euros. Durant la même période, le solde pour les équipes actuelles de Premier League anglaise a été négatif pour 4,5 milliards d'euros, tous les clubs affichant un solde négatif. La France est donc bien avant tout un pays formateur et exportateur de talents. Une tendance qui pourrait bien s'accentuer avec les difficultés de trésorerie dans le sillage de l'affaire Mediapro.

En Liga espagnole, la moitié des clubs présentent eux aussi un solde négatif : -91 millions d'euros par exemple pour le Real qui a dépensé 661 millions d'euros en achats de joueurs pour « seulement » 570 millions d'euros à la vente.