Mediapro : la Ligue de football saisit le Tribunal de commerce de Paris

La LFP saisit la justice pour faire payer Joye Media SL, l’actionnaire de référence du diffuseur Mediapro.

 Mediapro a demandé à renégocier le montant signé pour la saison 2020-2021 : une annonce qui a déclenché une tempête dans le football français.
Mediapro a demandé à renégocier le montant signé pour la saison 2020-2021 : une annonce qui a déclenché une tempête dans le football français. LP/Arnaud Journois

La situation entre la Ligue de football professionnel (LFP) et Mediapro se tend un peu plus chaque jour. Pour rappel, le tout frais diffuseur majeur du championnat, à travers sa chaîne Téléfoot n'a pas payé son échéance du 5 octobre, d'un montant de 172 millions d'euros, concernant les droits télé de la Ligue 1 et la Ligue 2. Le groupe espagnol a également demandé à renégocier le montant signé pour la saison 2020-2021 (780 millions d'euros). Une annonce qui a déclenché la tempête dans le football français.

Mediapro s'est tourné vers le Tribunal de commerce de Nanterre pour tenter une médiation mais s'est vu opposer une fin de non-recevoir par Vincent Labrune, le nouveau patron de la LFP. Pour parer au plus pressé et ne pas laisser les clubs sans ressources, la LFP a contracté un prêt de 120 millions d'euros (dont les fonds seront débloqués avant la fin du mois) et prélevé 50 millions d'euros sur ses fonds propres (qui vont être répartis dans les prochains jours).

Une manne vitale pour les clubs

Mais elle entend bien faire passer Mediapro à la caisse. Selon une information de l'Equipe, l'instance du foot pro a ainsi saisi le Tribunal de commerce de Paris pour sommer l'actionnaire de référence de Mediapro, Joye Media SL, d'activer sa garantie qui figure dans les contrats signés entre les deux parties il y a deux ans. Joye Media SL, basée à Madrid pèse aux alentours de 2 milliards de chiffre d'affaires et détient, entre autres, 53,5 % de Mediapro. L'objectif est d'aller récupérer directement les fonds en Espagne. Mais la partie n'est pas encore gagnée…

Pour les clubs, la manne financière des droits télé est vitale. « Sans eux, on dépose le bilan en janvier, expliquait dans nos colonnes Fulvio Luzi, le président du FC Chambly (L 2), qui présente un budget prévisionnel de 7,25 millions d'euros dont 4,8 de droits télés. Je suis très inquiet, soupire Fulvio Luzi, le président. Une chose est sûre : ce qui se passe ne correspond pas à ce qu'on nous avait annoncé… »