Ligue 1 : pourquoi l’OM n’y arrive plus au Vélodrome

Les Marseillais, qui accueillent Bordeaux ce samedi soir (21 heures), n’ont toujours pas gagné un match à domicile cette saison. Tentative d’explication.

 Florian Thauvin et l’Olympique de Marseille souffrent de l’absence des supporters depuis le début de la saison.
Florian Thauvin et l’Olympique de Marseille souffrent de l’absence des supporters depuis le début de la saison. Icon Sport/Alexandre Dimou

Le sujet agace André Villas-Boas. « Je n'ai pas besoin de vos questions pour savoir que l'équipe joue mal », grince-t-il quand on lui rappelle que c'est la première fois depuis 2011 que l'OM ne remporte aucun de ses trois premiers matchs au Vélodrome. Comment expliquer ce départ poussif, alors que l'OM reçoit ce samedi soir (21h) son vieux rival bordelais ?

L'absence du 12e homme, le public. « C'est compliqué sans les supporters, rappelle Jordan Amavi. Ils sont une force supplémentaire. » Pour l'ancien entraîneur des gardiens marseillais Stéphane Cassard, actuellement à Strasbourg, cette absence est la principale cause des difficultés de l'OM au Vélodrome : « A Marseille, le public et les joueurs ne font qu'un. Certains soirs, par exemple face à Leipzig en quart de finale de Ligue Europa, en 2018, on sentait dès l'échauffement qu'on allait passer, rien qu'avec l'ambiance! »

L'OM n'est pas le seul club à souffrir de la quasi-absence de public. L'économiste Carlos Cueva, qui a étudié les résultats de 30 ligues professionnelles, a constaté que « depuis les huis clos, les équipes ont 8 % de chances supplémentaires de gagner quand elles sont à domicile, contre 16 % auparavant. » En clair, l'avantage que constitue un match à domicile a diminué de moitié avec la crise sanitaire. Selon lui, c'est probablement car les arbitres sont plus sévères depuis qu'il n'y a plus de public : « Il est possible que la pression sociale affecte [d'habitude] leur perception des fautes. »

Un schéma de jeu trop lisible. Un gros pressing, des contre-attaques rapides. La recette a mené l'OM à la seconde place de Ligue 1, l'an dernier. André Villas-Boas tente de la reproduire. Mais, cette fois, les adversaires sont au courant et les Marseillais ont moins de « jus ». « On est incapables de faire le jeu, peste Kévin Beuzet, supporter de l'OM et responsable du site de vulgarisation tactique « Le travail de l'OMbre ». Il n'y a aucun liant entre les lignes, dès qu'on veut repartir de derrière, c'est compliqué. Et on allonge beaucoup plutôt que de repartir au sol. »

Villas-Boas a longuement réfléchi à la question pendant la trêve. « On a travaillé un système alternatif cette semaine », a dévoilé l'entraîneur marseillais, avant de sourire : « Je parle trop… » Va-t-il tenter un 3-4-3 ? « C'est une possibilité. Ce sont des choses qu'on a commencé à mettre en place. Hiroki Sakai est un joueur qui peut s'adapter comme défenseur central. »

Des attaquants en panne. Suspendu pour deux matchs, plus un avec sursis, Dimitri Payet devra suivre OM-Bordeaux depuis les tribunes - quasi vides - du Vélodrome. André Villas-Boas juge la sanction de la commission de discipline « abusée » (sic). De toute façon, il ne peut compter que par intermittence sur son meneur de jeu, plutôt décevant cette saison (un but, une passe décisive). Florian Thauvin, impressionnant à Brest après une longue absence, n'est pour l'instant décisif qu'à l'extérieur. Et Dario Benedetto vient de passer six matchs sans marquer. « Il faut que Flo et Dimitri soient en forme en même temps, lance Stéphane Cassard. Ils pourront servir Benedetto et ils vont de nouveau être performants, je n'ai aucun doute là-dessus! »