Ligue 1 : Nasser Larguet, de la Normandie au banc de l’OM

Nasser Larguet assure, ce mercredi à Lens, l’intérim sur le banc de l’OM après la mise à pied d’André Villas-Boas. Jusqu’ici en charge du centre de formation phocéen, l’ancien professeur de mathématiques s’est construit à l’ombre des projecteurs.

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 Nasser Larguet sera sur le banc du club phocéen ce mercredi soir face à Lens.
Nasser Larguet sera sur le banc du club phocéen ce mercredi soir face à Lens. PHOTOPQR/LA PROVENCE/Stéphane Rossi
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Nous sommes au milieu des années 1980, à Thury-Harcourt (Calvados), au cœur de la Normandie. Un jeune homme de 24 ans est professeur de maths et de sciences naturelles dans le collège de ce gros bourg de 2000 âmes au sud de Caen. A ses heures perdues, il officie, aussi, comme entraîneur-joueur de l'équipe du village pensionnaire de la Promotion d'Honneur. Il est Marocain et s'appelle Nasser Largue t. Trente-cinq ans plus tard, il se prépare à diriger à Lens, pour la première fois de sa carrière, un club professionnel, l'OM, après la mise à pied, mardi, d'André Villas-Boas.

Ses études à l'université de Caen en pharmacie et microbiologie l'ont empêché de réaliser son premier rêve : devenir footballeur professionnel. « Ma priorité, comme tous les jeunes de ma génération était claire, celle de continuer mes études et décrocher un diplôme supérieur pour pouvoir gagner ma vie » confia-t-il, un jour, à un journal marocain.

Un brillant étudiant en pharmacie

Né en 1962 à Sidi Slimane dans une famille passionnée de… basket, Larguet arrive en France au début des années 80. Il commence sa carrière à l'ASPTT Caen, puis à l'US Normande en 4e Division, l'équivalent du National 2 aujourd'hui. Ce club amateur était la propriété de la grande usine métallurgique désormais disparue sur les hauteurs de Mondeville. Au mitan des années 1950, Michel Hidalgo, l'ancien sélectionneur des Bleus (1976-1984) puis manager de l'OM (1986-1991), y avait d'ailleurs répété ses premières gammes d'apprenti footballeur. Contrairement à la plupart de ses partenaires, Larguet n'est pas métallo, mais un brillant étudiant.

A Thury-Harcourt, il découvre une passion. Celle-ci ne le quittera pas : le coaching. « Un bon entraîneur doit inscrire son action dans une démarche interactive, ayant le sens de l'écoute et entrer en empathie avec ses joueurs pour comprendre le sens qu'ils donnent à leur action » soutient-il.

Il délaisse peu à peu une carrière dans l'enseignement, pourtant pleine de promesses, pour se diriger vers le football comme éducateur. Le monde pro le découvre à Rouen en 1991. Il y croise Daniel Zorzetto qui lui enseigne les fondamentaux. Quand le FC Rouen met la clé sous la porte, il prend la tête de la formation à l'AS Cannes en 1995. Quelques années plus tôt, un certain Zinedine Zidane y a accompli ses premières arabesques.

Après Cannes, retour en Normandie

De Cannes à Caen, c'est seulement l'affaire de quelques lettres et Larguet revient dans « sa » Normandie en 1998 avec le titre de directeur du centre de formation du Stade Malherbe de Caen. Sous sa houlette, Ronald Zubar ou Mathieu Bodmer deviennent professionnels.

Convoité par Rennes ou… Manchester United, sa destination suivante l'amène de l'autre côté de la Seine, au Havre dans un des meilleurs centres de formation du pays. En 2004, il rejoint Strasbourg et favorise, par exemple, l'éclosion de Morgan Schneiderlin. « Quand on recrute un jeune, c'est pour en faire un pro. Si ce n'est pas le cas, on aura quand même gagné un homme », assure l'ancien enseignant titulaire de son diplôme d'entraîneur depuis 2006. Deux ans plus tard, le roi du Maroc lui confie l'Académie Mohammed VI de football. Après un retour éphémère au centre de formation caennais entre juin et septembre 2014, le royaume chérifien le nomme DTN. Il demeure dans cette fonction jusqu'en 2019. Il devient, alors, directeur du centre de formation de d'Olympique de Marseille.

Depuis son arrivée en Provence, il a vu une dizaine de joueurs devenir professionnels comme Niels Nkounkou, Ugo Bertelli ou encore Cheick Souaré. Et récemment, il a également fait venir un espoir marocain (de l'Académie Mohamed VI), Oussama Targhalline.

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En paraphant son contrat, ce formateur reconnu était pourtant loin de s'imaginer, moins de deux ans plus tard, quitter l'ombre pour la lumière. Pour quatre-vingt-dix minutes au moins.