Ligue 1 : Lorient affronte Dijon après 18 jours sans compétition… attention reprise brutale

Confronté à un cluster, ces trois dernières semaines, Lorient, la lanterne rouge, a vu ses deux derniers matchs reportés. Après 18 jours sans compétition, les Merlus renouent avec la Ligue 1, ce mercredi, face à Dijon dans un match capital pour le maintien.

 Les Lorientais n’ont plus foulé un terrain depuis leur défaite à Bordeaux le 9 janvier.
Les Lorientais n’ont plus foulé un terrain depuis leur défaite à Bordeaux le 9 janvier.  PHOTOPQR/Sud Ouest/Laurent Theillet
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Si Christophe Pélissier est amer, il ne le laisse pas trop paraître. Faute de pouvoir constituer un groupe de 20 joueurs lors des deux dernières journées, les Merlus ont vu leurs matchs reportés, successivement face à Dijon (17 janvier) et à Nîmes (24 janvier). Après avoir compté jusqu'à 13 joueurs contaminés, le promu, qui n'a plus foulé un terrain depuis sa défaite à Bordeaux le 9 janvier (2-1), ressort à peine la tête de l'eau.

« Ça a circulé fort ici, entre les joueurs, le staff et le centre de formation, témoigne le capitaine Fabien Lemoine, lui-même épargné par le virus. Personnellement, ce que j'appréhendais dans un premier temps c'était de ramener quelque chose à la maison. Le foot était un peu secondaire… » Et pour se remettre dans le bain, il est proposé aux Merlus un match importantissime contre Dijon, le 18e, qui les précède de trois points au classement.

« On n'a pas entrepris de faire différer ce match puisque la règle est simple et valable pour tout le monde, explique le coach lorientais. A savoir qu'il faut 20 joueurs disponibles pour effectuer un match. Saint-Etienne en a fait aussi les frais (NDLR : défaites à Strasbourg 1-0 et devant Lyon 5-0 avec une équipe remaniée lors des deux dernières journées). Après, dans tout règlement, il y a l'esprit et la lettre. Je sais que le calendrier est chargé, mais je pense qu'un match de cette importance aurait pu être placé ailleurs. Je regrette que les instances ne l'aient pas pris en compte. Le championnat est en partie faussé par de telles programmations. »

Du point de vue de la Ligue, l'urgence à reprogrammer les matchs en retard s'entend. A plus fort titre dans le contexte de la pandémie susceptible d'entraîner d'autres reports, voire une suspension momentanée ou définitive de la compétition. Comme relégable, Pélissier ressent-il une forme de mépris dans le traitement réservé à Lorient ? « Peut-être… dit-il, sans verser dans la paranoïa. De même que je trouve qu'on a souvent été arbitrés comme des « petits ». Mais, bon… Saint-Etienne est impacté aussi et on ne peut pas dire qu'il soit un petit club dans l'histoire. »

Enchaînement de neuf ou dix matchs en un mois

Il n'empêche qu'à Lorient, les conditions de la reprise sont rocambolesques, en perspective d'un match mercredi soir. « Certains ont repris dimanche, d'autres lundi et les derniers aujourd'hui (NDLR : ce mardi) seulement, souligne le coach. En milieu de semaine dernière, on avait huit pros sur le terrain. Les jeunes du centre de formation sont montés. On s'est adapté, on a fait de petits groupes, des reprises individuelles, etc. Mais athlétiquement et tactiquement, la préparation est compliquée. »

Pélissier, dont l'équipe enchaînera avec le PSG, Rennes, Reims Monaco et Lille, n'a pas que des préoccupations sportives. « Il y a un enchaînement de neuf ou dix matchs en un mois, à raison d'un tous les trois jours jusqu'au 28 février. Il aurait été préférable de donner à ces joueurs une semaine au moins de préparation. Selon moi, on met leur santé en danger… » Mais pour Lemoine, le salut passe par le jeu désormais : « A un moment donné, si tu mets dans la tête des mecs qu'il est normal qu'ils soient fatigués ou qu'ils ne soient pas au marquage parce qu'ils ont eu la Covid, on ne s'en sortira pas… »