Ligue 1 : le match OM-Rennes reporté après de gros incidents au centre d’entraînement

Intrusion de supporters dans le centre d’entraînement, Alvaro Gonzalez pris à partie, banderoles hostiles, 25 interpellations… Le match qui devait opposer l’OM à Rennes ce samedi soir au Vélodrome (21 heures) est repoussé à une date ultérieure.

 Des banderoles ont été installées en ville par les supporters de l’OM pour envoyer un message clair au président du club Jacques-Henry Eyraud.
Des banderoles ont été installées en ville par les supporters de l’OM pour envoyer un message clair au président du club Jacques-Henry Eyraud. AFP/Nicolas Tucat
Ligue 1 Uber Eats

C'est le dernier rebondissement d'une journée houleuse : le match entre l'Olympique de Marseille et le Stade Rennais, prévu ce samedi soir au Stade-Vélodrome à 21 heures, est reporté à une date ultérieure après les événements qui se sont passés au centre d'entraînement Robert Louis-Dreyfus.

« Compte tenu des incidents survenus cet après-midi au centre d'entraînement de l'Olympique de Marseille, la rencontre Olympique de Marseille-Stade Rennais FC (22e journée de Ligue 1 Uber Eats) est reportée à une date ultérieure », a indiqué la Ligue de Football Professionnel dans un communiqué paru sur le site officiel du championnat.

En colère contre la direction olympienne et les joueurs, environ 300 supporters ont pénétré dans l'enceinte de la Commanderie pour exprimer leur mécontentement. Fumigènes craqués, pétards lancés, arbres brûlés… L'opération coup de poing a laissé des traces. Mais la gronde ne s'est pas limitée aux dégâts matériels. Parti à la rencontre des supporters, Alvaro a été touché au cours d'une altercation. Selon les informations recueillies par Le Parisien et France Info, l'entourage du joueur espagnol assure qu'il n'est pas « blessé » et insiste sur le fait « qu'il n'y ait rien de grave. »

25 interpellations, 7 policiers blessés

La police, présente sur place avant les échauffourées, n'a pas pu empêcher l'intrusion des supporters dans un premier temps. Après l'arrivée de renforts, les forces de l'ordre ont pu maîtriser la situation et ont procédé à 25 interpellations. Sept policiers ont été légèrement blessés durant l'intervention.

Depuis plusieurs semaines, l'OM est en crise. Les messages hostiles des supporters à l'égard de la direction du club se multiplient, tandis que l'entraîneur André Villas-Boas a publiquement indiqué qu'il ne prolongerait pas son contrat.

Ce samedi matin, les supporters ont essaimé des banderoles explicites visant le président Jacques-Henri Eyraud et des joueurs partout en ville. On pouvait notamment y lire « Eyraud, Marseille te déteste » ou encore « Les Olympiens vous haïssent ». Après un bon début de saison, les Marseillais ont plongé. Au classement, l'OM est désormais 6e, à 13 points du podium, et reste sur trois défaites de rang en Ligue 1.

Un peu plus tard dans la soirée de ce samedi, le club a publié un communiqué officiel sur ses réseaux sociaux. « L'Olympique de Marseille condamne avec force l'inacceptable attaque dont le club a été la victime en milieu d'après-midi à l'intérieur du centre d'entrainement Robert-Louis Dreyfus, explique la publication. Quelques centaines d'individus issus de groupes de supporters Ultras se sont introduits de force et avec violence sur le site du centre d'entrainement de la Commanderie, y compris dans le bâtiment du groupe professionnel. Malgré l'intervention des forces de l'ordre, un déchaînement de violence injustifiable a mis en danger la vie des personnes présentes sur place (joueurs, staff, forces de l'ordre, agents de sécurité, salariés). Des vols ont été perpétrés et des véhicules ont été endommagés. Cinq arbres ont été brûlés avec la seule volonté de détruire. Les dégradations à l'intérieur des bâtiments s'élèvent à plusieurs centaines de milliers d'euros. »

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« Ces agissements irresponsables et inacceptables doivent être condamnés avec la plus grande sévérité, enchaîne le communiqué. L'Olympique de Marseille possède tous les éléments de preuve. Ils ont été immédiatement transmis aux enquêteurs. Les plaintes seront déposées dans les prochaines heures pour faire valoir les droits du club à l'encontre de cette barbarie. » Jacques-Henri Eyraud, le président, visé dans la journée par la colère des supporters, a apporté son jugement personnel : « Trois cents salariés sont ce [samedi] soir en état de choc pour avoir vécu en direct ou avoir découvert les images d'une attaque inqualifiable contre l'Institution OM. Ce qui s'est passé dans l'après-midi appelle la plus grande sévérité pour ces fauteurs de trouble qui se prétendent supporters mais détruisent des installations et menacent les salariés et les joueurs.»

Mandanda attristé

Le gardien et capitaine Steve Mandanda a précisé de son côté sur les réseaux sociaux de l'OM : « Cela fait 13 ans que je suis joueur de l'Olympique de Marseille. Je connais tout de ce club, je sais l'amour et la frustration qu'il peut susciter. Mais les événements [de ce samedi] m'attristent et sont inacceptables. Nous sommes des joueurs de football et une crise sportive ne peut en aucun cas justifier un tel déferlement de violence. L'heure est à l'apaisement.» «Je suis venu à l'Olympique de Marseille pour son histoire et la passion qui l'entoure, a ajouté Alvaro Gonzalez. Cette ville est merveilleuse, nous aimons tous ce club mais ce que nous avons vécu ne doit plus jamais se reproduire. »