Ligue 1 : avec Antonetti, Metz n’en finit pas de monter

Depuis que son entraîneur, le Corse Frédéric Antonetti, est revenu sur le banc, le FC Metz, qui se déplace à Saint-Etienne ce dimanche (15 heures), carbure. Il pointe juste derrière les cinq aspirants à la Ligue des champions.

 Frédéric Antonetti est de retour physiquement sur le banc messin depuis octobre dernier après avoir été au chevet de sa femme, récemment décédée.
Frédéric Antonetti est de retour physiquement sur le banc messin depuis octobre dernier après avoir été au chevet de sa femme, récemment décédée.  Icon Sport/Alexandre Dimou
Ligue 1 Uber Eats

Il y a, en Lorraine, un effet Antonetti. Avec Frédéric Antonetti sur le banc, Metz marche en effet à plein rendement. Invaincu en 2021 en dépit de quelques cadres blessés, le club lorrain n'a été battu qu'une fois lors de ses dix dernières sorties — à Rennes le 23 décembre (1-0) — et il a notamment dominé l'OL dans le Rhône (1-0) mi-janvier. De toute évidence, l'entraîneur corse réalise un parcours dans la lignée de ses bonnes années : 8e avec Nice (2006), deux fois 6e avec Rennes (2011 et 2012) et 5e place avec Lille (2016).

Frédéric Antonetti présente la particularité de n'être revenu physiquement aux commandes de Metz qu'à la mi-octobre, après avoir accompagné durant 23 mois, Véronique, son épouse au terme d'une longue maladie.

Une promesse à sa femme

« C'est d'ordre privé mais j'avais promis à ma femme qu'il s'agissait de mon dernier contrat, a-t-il confié vendredi, saisi par une bouffée d'émotion. J'avais dit au président (NDLR : Bernard) Serin que je pouvais faire monter le club en L1 et le stabiliser entre la 8e et la 14e place. Ce serait prétentieux de dire que je peux aller au-delà de la 8e place. Mais on peut être là régulièrement et faire un coup de temps en temps… » En fin de contrat en juin, le Corse, qui vit toujours à l'hôtel, s'achemine vers une prolongation de son contrat en Moselle.

« J'ai beaucoup changé, malheureusement, raconte l'ancien consultant Canal+. Je suis davantage dans la transmission et moins dans la performance. Je ne raisonne plus à trois matchs. Je ne lis aucun article, ni ne regarde aucune émission. Je ne m'occupe que du FC Metz et du match qu'on va jouer. »

« Notre club est différent de ceux par lesquels il est passé, comme Nice ou Lille qui sont dans une logique immédiate de résultats, précise Philippe Gaillot, directeur général adjoint. En venant ici, il s'est placé dans une optique de développement et de construction des joueurs. Et du club aussi, car il nous aide à franchir des étapes. »

Il sait parler aux joueurs et les faire progresser

Gaillot loue les qualités d'Antonetti : « C'est un entraîneur extrêmement compétent dans tous les domaines. Du recrutement au management de l'équipe, en passant par les entraînements et la relation directe avec les joueurs. Ce qui m'impressionne souvent, c'est la clarté avec laquelle les choses sont présentées et sa capacité à faire passer à chaque joueur ce qu'il a à faire et ce que chacun autour de lui va faire. Ce qui est difficile à transmettre par exemple, c'est comment se positionner pour à la fois être disponible et faire avancer le jeu. Or, lui, il apprend aux joueurs à se mettre en situation de jouer mieux, plus intelligemment et plus vite. Avec lui, le joueur, sans presque s'en rendre compte, modifie son positionnement, comprend mieux ce qui va lui arriver avant de recevoir le ballon et ce qui va se passer ensuite. »

« Il s'agit d'un coach très fin techniquement, témoigne Fabien Centonze, latéral droit de 25 ans en pleine ascension. A l'entraînement, il arrête le jeu pour te reprendre au niveau du placement ou de l'orientation d'une course. »

«Parti d'une feuille blanche dans un club traumatisé»

« Ce dont je suis le plus fier, c'est d'être parti d'une feuille blanche quand je suis arrivé il y a trois ans, dit Antonetti. Je suis arrivé dans un club traumatisé, encore en Ligue 2 il y a 18 mois. On n'avait pas beaucoup d'argent et beaucoup de joueurs partaient, comme Niakhaté ou Dossevi. »

Newsletter PSG express
Nos informations sur le club de la capitale
Toutes les newsletters

Les Grenats sont dans les temps d'une qualification européenne, qui les fuit depuis plus de 20 ans (1998-99). « Il faut être réaliste, tempère le coach. 4 ou 5 places sont prises, et on a encore 4 ou 5 concurrents face à nous. Or, des neuf équipes qui nous sont supérieures, on peut peut-être en laisser trois derrière nous mais six, je ne sais pas… Qu'on y arrive une année, pourquoi pas. »